‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 63 sur 129 · ÉPÉES · texte numérisé non relu

ÉPÉES

les Gaulois sur les huttes couvertes en paille où logeaient les soldats de Cicéron et y mettent le feu (i).

En Irlande, l'emploi des flèches est d'importation germanique. Mais la fronde est une des armes favorites des guerriers du cycle mythologique et du cycle d'Ulster. Gûchulainn se servait d'une fronde, non seulement pour chasser les oiseaux, mais aussi pour tuer les hommes à la guerre. A la bataille de Moytura, Lug, le héros aux mille métiers, d'un coup de fronde, crève à Balor son mauvais œil qui ne ouvrait que sur un champ de bataille et dont la paupière ne se soulevait que sous les efforts de quatre hommes. Gonchobhar, le roi d'Ulster, avait reçu dans la tête une balle de fronde fabriquée avec un mélange de terre et de cervelle humaine (2).

L'épée des Cisalpins qui luttèrent contre les Romains était sans pointe ; elle ne pouvait frapper que de taille, et un seul coup ; au second coup, elle était émoussée et elle pliait tellement en long et en large que, si on ne laissait pas au soldat le temps de la redresser avec son pied contre terre, l'atteinte en était dès lors impuissante (3). D'après Diodore, les Gaulois ont des épées (roaOai) longues, suspendues au côté droit par des chaînes de fer ou d'airain, sortes de glaives (?fyr,) qui ne sont guère moins grands que le javelot des autres nations (4). Strabon parle d'un long sabre ou coutelas (fju'xaipa) pendu au côté droit (5). A la bataille de Cannes (a 16), les Gaulois, qui avaient des boucliers

(1) Debello gallico, v, 43. Cf. vu, 81.

(2) H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. vi, p. 353-355.

(3) Polybe,n, 33. Cf. Plutarque, Camille, 4o; 4i.

(4) Bibliothèque, v, 3o. Cf. Végèce, n, i5.

(5) Géographie, iv, 4, 3.

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presque semblables à ceux des Hispani, se distii ceux-ci par la forme de leurs épées (1). Celles c étaient très longues et sans pointe ; celles des h ciles à manier à cause de leur petitesse et pointes. Les Bretons aussi avaient de longs g pointe (a).

Les épées des Celtiberi étaient renommées ( quité : elles avaient une pointe fort solide et également bien d'estoc et de taille. Les Romains leurs guerres contre Annibal, abandonnèrent jusqu'alors en usage chez eux pour prendre ce! parti (3). Outre une épée d'excellent fer forgé l chants, les Geltibères portaient encore un poi; d'un spithame(o,2a5) dont ils se servaient dans

L'épée de fer du type de Hallstatt est une { d'un mètre de long, à deux tranchants, élargie à pointe mousse, à longue poignée, qui seml riante agrandie de l'épée de bronze la plus répan magne etdans l'Est de la Gaule. Cette épée serva détaille et non d'estoc. On la trouve à Hallsl dans les tombes à incinération, quelquefois en plus fréquemment dans l'Est de la Gaule. On de l'identifier à l'épée attribuée par Polybe aux Gj pins si on l'avait trouvée dans l'Italie du Nord

Mais l'épée que Ton trouve dans les sépultun

(i) Tite Live, xxn, 46.

(2) Tacite, Agricola, 36.

(3) Polybe, chez Suidas, au mot (xot^oupa.

(4) Diodore, v, 33.

(5) A Bertrand et S. Reinach, Les Celtes dans les v et du Danube, p. ia5 (fig.), i45-i57. Cf. S. Reinach, G du musée de Saint-Germain, p. 33 (fig.); cf. p. 4i.

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de la Cisalpine est l'épée de la Tène (i), plus courte, de 0,80 à 0,95 de long, à lame large au sommet, puis rétrécie en forme de feuille d'olivier. On distingue de cette épée trois types : celui des tombes de la Champagne (2), celui de la station de la Tène (3), celui d' Alesia (4) et des oppida. Quelques-unes des épées trouvées à Alesia se rapprochent des épées décrites par Polybe ; la pointe est émoussée ou arrondie ; les tranchants sont en fer doux et pouvaient être après le combat réparés par le martelage (5). Le-fourreau de Tépée de fer est en bois, en bronze ou en fer. Des bouterolles ou bases de fourreau, en bronze, à ailettes, ont été trouvées auprès de plusieurs épées hallstattiennes en fer (6).

A côté de chaque épée on trouvé souvent dans les tombeaux une courte chaîne de plusieurs anneaux, en fil de fer tordu. Ce sont sans doute les chaînes dont parle Diodore et qui attachaient Tépée au côté droit (7). On a trouvé aussi à Hallstatt et à Alaise des plaques de ceinture gravées ou repoussées (8).

La pièce la plus caractéristique de l'armement gaulois était le bouclier. C'est à la forme du bouclier que les Gaulois de Brennos pouvaient se reconnaître (9).

(1) A. Bertrand et S. Reinach, ibid., p. 17a; Cf. p. 87, 88, (fig.).

(2) Cf. Dictionnaire archéologique de la Gaule, t. 11, planches.

(3) Gross, La Tène, p. ai-a3, pi. i-iv, vu.

(4) Revue archéologique^ t. iv, (1861), p. 66, i4î, pi. xmetxiv; t. x, (i864), p. 337, pi. xxii ; t. xi, (i865), p. 82. pi. m.

(5) S. Reinach, Revue celtique, t. xx, p. iao-iai. Verchère de Reffye, Revue archéologique, t. x, (i864), p. ^47.

(6) A. Bertrand et S. Reinach, Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, p. i54-i56.

(7) J. de Baye, Revue archéologique» t. xxxiv, (1877), p. 43. Dictionnaire archéologique de la Gaule, t. 11, planches.

(8) Dictionnaire archéologique de la Gaule, t. h, planches.

(9) Pausanias, x,, a3, 8.

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Les boucliers que les Aduatuci se fabriquent à la hâte sont en écorces ou en osier recouvert de peaux ( i ). Les boucliers des Helvetii étaient transpercés et cloués ensemble par les javelots romains (a). D après Diodore (3) les boucliers gaulois sont aussi hauts qu'un homme, et chacun les orne à sa manière. Quelques-uns portent des figures d'airain en bosse représentant des animaux et travaillées avec beaucoup d'art. D'autres sont peints de diverses couleurs ou ornés de ciselures d'or ou d'argent (4). Les boucliers des Cisalpins ne couvraient pas suffisamment les soldats, remarque Polybe (5) et plus ceux-ci étaient grands, plus ils étaient exposés aux traits. Les boucliers des soldats defirennos pouvaient leur servir de radeaux pour traverser un fleuve ; ils ressemblaient beaucoup aux yéppai des Perses (6). Le bouclier (caetra) des Bretons était petit (7). Les Cel libères portaient soit des boucliers gaulois, soit des boucliers (xupria) ronds (8).

Les boucliers figurés sur les statues représentant des Gaulois sont de forme oblongue, mais non de la hauteur d'un homme. Tels sont les boucliers du Gaulois mourant du Capitole, du groupe de la villa Ludovisi, du jeune Gaulois mort de Venise (9). Sur la statue trouvée à Mootdragon

(1) César, De bello gallico, 11, 33.

(2) Ibid. 1, a5. Cf. Plutarque, Camille, 4i, 5.

(3) Bibliothèque, v, 3o.

(4) Diodore, v, 3o ; Cf. TiteLive, vu, 10 ; Florus m, a ;Plutarque, César, 27 ; Lucain, i, 398. Voir ci-dessus, p. ao3.

(5) Histoires, 11, 3o. Tite Live xxxviii, ai, 4, dit la même chose des Calâtes. Virgile, Enéide, vin, 66a, dit seulement : scuiis protecti corpora longis . Cf. Lucain, 1, 4a3.

(6) Pausanias, x, ao, 8 ; x, 19, h, Cf. vin, 5o, 1.

(7) Tacite, Agrieola, 36.

(8) Diodore, v, 33.

(9) S. Reinach, Répertoire de la statuaire grecque et romaine, t. i, p. 53o, A98, 53 1.

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