‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 81 sur 129 · LES BARDES, LES VATÈS · texte numérisé non relu

LES BARDES, LES VATÈS

était aussi le récit des hauts faits des hommes illustres ; ils conservaient par leurs poèmes pendant de longs siècles la mémoire des braves, tombés dans les combats (i). Nous n'avons aucun renseignement direct sur les poèmes guerriers des bardes celtiques, analogues sans doute aux compositions poétiques des anciens bardes irlandais et gallois (a). Tite Live (3) et Justin (4) nous conservent vraisemblablement, dans les récits plus ou moins légendaires qu'ils nous ont faits des conquêtes des Celtes, la trace d'anciennes épppées. Les traditions relatives à la fondation de Lyon (5) et à celle d'Alesia (6) avaient sans doute donné lieu chez les Gaulois à des poèmes comparables aux Ktissiç des Grecs. Comme les bardes de l'Irlande et du Pays de Galles, les bardes gaulois composaient, outre des panégyriques, des poésies satiriques (7).

Les bardes gaulois que nous représentent Poseidônios et Appien sont des sortes de griots qui vivent aux dépens des grands. Un jour que le riche Arverne Luernios avait douué un festin, un poète qui comptait y assister arriva trop tard. Le poète se mit à chanter la grandeur du roi et à se lamenter d'être arrivé en retard. Luernios, charmé, demanda un petit sac d'or et le jeta au poète

(1) Oiodore de Sicile, v, 3i, a: Ammien Marcellin, xv, 9, 8; Lucain, Pharsaie, 1, 447-449.

(a) C. Jullian, De la littérature poétique des Gaulois, Reçue archéologique, t. XL, (1962), p. 306-327, a recueilli et discuté tous les textes des anciens qui peuvent s'y rapporter.

(4) Historiae Philippicae, xxiv, 4, 1 .

(5) Pseudo-Plutarque, Des fleuves, 6.

(6) Diodore, iv, 19. x

(7) Diodore, v, 31.

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