BARDES
bable qu'il comprenait sous ce tara* général les druides, au sens propre, les devins et peut-être aussi les bardes ; le nom de druides aurait donc désigné à peu près tous les hommes à carrière libérale.
L'ancienne Irlande connaissait de même trois ordres de lettrés : les bardes, bard ; les druides drui, druad, et les filé. De très bonne heure les bardes sont remplacés, comme poètes panégyristes ou satiriques, par les filé qui remplissent en même temps les fonctions de devins et de juges et qui sont répartis en plusieurs classes d'après le nombre d'histoires épiques qu'ils peuvent raconter. Au Pays de Galles, le barde est le huitième des fonctionnaires de la cour du roi (i).
Les bardes gaulois chantent la, louange ou le blâme en s'accompagnant sur des instruments semblables aux lyres Les Celtes, nous dit Poseidônios dans le troisième livre de ses Histoires , mènent avec eux à la guerre des compagnons qu'ils appellent commensaux. Ceux-ci débitent des éloges de leurs patrons devant de nombreuses assemblées, et aussi en particulier devant quiconque les écoute (a). Ce sont des poètes et c'est en chantant (3) qu ils débitent leurs éloges. Le sujet de leurs chants
(i) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Introduction à V étude de la littérature celtique, (Cours de littérature celtique, t. 1), p. 64. Revue archéologique» t. xliv (1882), p. aa5-a4a.
(2) Athénée, vi, 4g.
(3) Cf. Pseudo-Scymnus, v. 186. Geograpki graeci minores, éd. Didot, t. I, p. 202.