‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 83 sur 129 · LES BARDES, LES VATÈS · texte numérisé non relu

LES BARDES, LES VATÈS

Le nom de barde avait pénétré en Germanie où le mot barditus désignait d'après Tacite (i) le genre de chant par lequel les Germains enflammaient les âmes des guerriers avant de commencer la bataille.

Les oùatEtç de Strabon sont-ils identiques aux (xa'vxei; de Diodore de Sicile? C'est assez vraisemblable, ouatai; n'étant autre chose que la transcription grecque du latin vates. Il n'y a aucune raison de transcrire oùxceiç par ovates comme l'ont fait les érudits du siècle dernier.

Les devins prédisaient l'avenir par le vol des oiseaux et par l'inspection des entrailles des victimes ; on leur accordait une grande autorité (a). Les vates sont ceux qui s'occupent des sacrifices et interrogent la nature (3). Tacite appelle druides les prophètes gaulois qui en 69 prédisaient la fin de l'empire romain et la domination de Rome par les races transalpines (4).

Les euhages d'Ammien Marcellin (5) portent vraisemblablement un nom grec : eù-«Y*i<; « vénérable » ; (la variante tubages est sans doute une faute). Ils s'efforcent d'expliquer l'enchaînement et les merveilles sublimes de la nature. Us sont sans doute identiques aux ouàist; de Strabon et aux {xdvT&iç de Diodore de Sicile.

(1) Germanie, 3. On a proposé de corriger barditus «n barritus.

(2) Diodore, v,3i, 3.

(S) Géographie, iv, 4 r 4.

(4) Histoires, iv, 54.

(5) Histoire romaine, xv, 9, 8. Cf. Suidas, Lexicon.

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une mention du nom des druides se trouve lercedans ses Vies des philosophes. Celui-ci sophie a commencé chez les barbares, que ilosophes ont été chez les Perses les Mages, m Assyrie les Chaldéens, dans l'Inde les , chez les Celtes et les Galates les Druide»

, Apu(8oc<; ^ cefAvoôe'cuç et il cite comme autoipocryphe d'Aristote, to ^ayixov, ainsi que idrie (n e siècle avant J.-C.) au vingt-troiouvrage intitulé AiaSo-/^ tcov çiXoaoçwv, (i). uide n'a pas trouvé une explication satisj langues celtiques (a). Il est probable que es qui écrivent Spoutëai ont transcrit le x. L'étymologie par le grec 8poç « chêne », ruides « les hommes des chênes », a tenté as depuis Pline l'ancien (3). On pourrait traduction ou une étymologie populaire m celtique ignoré si le mot drui n'appales textes les plus anciens de la littérature t probable que le drasidœ d'Ammien Mar- 3 SapwvKaç (4), .Sapoutôaç des manuscrits >se sur une mauvaise lecture ou est la tra-

osophes, i, préf., i

une étymologie de R. Thurneysen chez H. d'Ar- Cours de littérature celtique, t. vi, p. 93, note.

irelle, xvi, 95, 249.

tpiovtç a vieux chêne pourri ».

duction d'une étymologie populaire. Pour les copistes de Lucain et des historiens de YHistoïre Auguste, l'étymologie grecque de druide est si bien passée dans le domaine public que les druides et les druidesses sont devenues des dryades, driadae, dryadae (i).

ce Dans toute la Gaule, nous dit César (2), il y a deux classes d'hommes à compter et à être honorées : Tune, celle des druides, l'autre, celle des chevaliers. » Tandis que les chevaliers constituent l'élite de l'armée gauloise, les druides ne vont pas à la guerre et sont exempts de tout service militaire. Ils prennent part à l'exercice du pouvoir public aussi bien que les chevaliers ; ainsi, Diviciacus qui, à ce que Cicéron nous apprend, était un druide, mène une vie assez peu différente de celle de son frère Dumnorix qui n'était pas druide, et est très mêlé aux affaires politiques de son temps (3). Il ne s'agit donc pas d'une classe sacerdotale ; à plus forte raison, comme on Fa dit, d'un clergé gaulois. César parle une fois des sacerdotes (4), qui peuvent être différents des druides, et rien ne nous indique que les prêtres des Boïens, sacerdotes, antistites, que mentionne Tite Iive, fussent des druides.

Pour désigner, à l'époque gallo-romaine, les prêtres affectés aux cultes locaux, il y avait un mot qui est sans doute celtique (5), gutuater. Les inscriptions nous apprennent qu'il y avait à Mâcon un gutuater de Mars (6) et à Autun

(1) Voir ci-après p. a85.

(2) De bello gallico, vi, i3.

(3) C. Jullian, Revue des études anciennes \ t. m, p. ao5-aio. (A) De bello galHco, vu, 33.

(5) H. d'Arbois de Jubainville, Les Celtes depuis tes temps les plus anciens, p. 33. Cf. J. Loth, Annales de Bretagne, t. xt, p. 55o.

(6) Corpus inscriptionum latiriarum, t. xiii,n 6 a585. CE 1577.

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