FONCTIONS RELIGIEUSES
des gutuatri qui font des dédicaces au dieu Ànvalo (i). La confusion du gutaaier et do druide n est faite que chez Ausone, qui d'ailleurs se sert dans un autre passage, pour désigner un prêtre de Belenus, de l'expression Beleni œdifouj(a).
L'institution druidique n'était pas originaire de Gaule. On ne Ta constatée ni chez les Celtes d'Italie, ni chez les Celtibères d'Espagne, ni chez les Galates de Thrace et d'Asie Mineure, ni chez les Celtes du Danube. Nous ignorons même si elle avait pénétré dans toute la Gaule. Elle avait été, pensait-on, créée en Grande-Bretagne et de là avait été transportée en Gaule. Les Gaulois qui voulaient le connaître plus à fond se rendaient le plus souvent de l'autre côté de la Manche (3). Nous n'avons aucun renseignement ancien sur le druidisme de Grande-Bretagne. Le druidisme irlandais seul peut donner matière k des rapprochements avec les notions que nous fournissent les écrivains de l'antiquité sur les druides de la Gaule. D'après César, qui semble parler des druides en général plutôt que des druides de son temps» les druides remplissent des fonctions religieuses, éducatives, judiciaires, politiques. Nous allons les étudier successivement sous ces divers aspects.
Les fonctions religieuses des druides consistaient surtout à assister aux cérémonies et à s'occuper des sacrifices publics et privés (4). Il semble d'autre part que ce
(i) Revue épigraphigue, 1900, p. i3a-i33. Cf. Revue celtique, t. xiv, p. 355. Ce mot est d'après un manuscrit, employé commeeem propre chez Hirtius, De bello gallico, vin, 38.
(a) Professores, v, 7 ; xj, a4.
(3) De bello gallico, vi, 13.
(4) De bello gallico, vi f t3 ; ift, a.
soit pour se rendre au désir du peuple qu'ils assistent aux sacrifices, et qu'ils ne jouent pas dans les cérémonies un rôle prépondérant. Strabon et Dîodore sont d'accord sur ce point. Strabon écrit que les Celtes sacrifiaient avec l'assistance des druides f i) ; Diodore, que la coutume était que personne ne fit de sacrifice sans un philosophe, car on croyait devoir user de l'intermédiaire de ces hommes qui connaissent la nature des dieux et parlent la même langue qu'eux pour leur offrir des sacrifices d'actions de' grâce et implorer leurs bienfaits (2).
La divination était au nombre des sciences qu'ils pratiquaient. Diviciacus annonçait l'avenir tant par l'observation des oiseaux que par conjecture (3). D'après César, les druides interprètent la volonté des dieux : religiones interpretantur. (4). Au temps de Tacite, des druides gaulois annonçaient que l'incendie du Capitole présageait la chute prochaine de l'empire romain (5) .
A l'époque de Pline, la magie est en grande faveur en Gaule et en Grande-Bretagne (6) et les druides, dont il interprète le nom par magi (7), sont pour lui des sortes de sorciers et de fétiche urs dépositaires de secrets magiques et de recettes médicales. Ce sont les druides gaulois qui prétendent que le lycopodium selago préserve des accidents et
(1) Géographie, iv, 4, 5.
(a) Bibliothèque, v, 3i, 4.
t3) Cicéron, De divination*, 1, 4i, 90.
(4) De bello gallico, vi, i3.
(5) Histoires, iv, 54.
(6) Histoire naturelle, xxx, 4, i3.
(7) Cf. Hippolyte, Philosophumena, a5, 2, qui dit en outre que les druides prédisaient l'aYenir par le* cailloux et les nombres à la manière pythagoricienne.