‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 95 sur 129 · HÉCATÉE, HÉRODOTE · texte numérisé non relu

HÉCATÉE, HÉRODOTE

molaos, contiennent le nom de Celtique, KeXTix^. Le premier fragment nomme Narbonne, place de commerce et ville celtique, dont les habitants sont appelés NapSaîot par Hécatée. Le second fragment nomme Massalia, ville de la Ligystique, près de la Celtique. Le troisième nomme Nyrax, ville celtique. La situation de Nyrax est inconnue. Les Ligures, au VI e siècle, occupaient en Gaulç les côtes de la Méditerranée entre les Alpes et l'embouchure du Rhône (i).

Hérodote (a), dans deux passages écrits entre 445 et 43a, nous apprend que l'istros (Danube) est un fleuve dont les sources se trouvent chez les Celtes, près de la ville de Pyrène. Les Celtes habitant au delà des colonnes d'Hercule et sont voisins des Cynesii (Cynetes), le dernier peuple d'Europe du côté du couchant. Le pays des Cynetes était -situé au sud du Portugal. Il semble d'abord que pour Hérodote le domaine des Celtes s'étende sur une partie de la péninsule ibérique, que la ville de Pyrène désigne ou non les Pyrénées où d'anciens géographes ont placé la source du Danube. Mais si, comme le pense M. Jullian(3), le nom des Cynetes qui est avec celui des Celtes le seul nom que mentionne Hérodote à l'occident de 1 Europe, est pris au sens large et désigne vaguement les peuples de la péninsule ibérique, les Celtes, qui sont au nord et à Test des Cynetes, peuvent habiter au nord des Pyrénées.

Le périple du Carthaginois Himilcon, tel que Festus Aviénus nous le fait connaître, ne mentionne les Celtes qu'à

(i) H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de VEurope, 2* éd., t. i, p. 271.

(a) 11, 33, a et 3 ; îv, 49, 3.

(3) Revue des études anciennes, t. vu, p 367-372.

l'empire celtique

propos d'un pays inhabité situé au nord du cap d trymnis, et d'où les Ligures ont été chassés Celtes (i). Il nomme l'île sacrée, sacra insala, hah les Hierniet,k coté, l'île des Albiones. Il est facile d< naître en ces îles les îles Britanniques, Bperawixai v^ le Pseudo-Aristote appelle Mspvyj et 'IX.Buov (2). Qu îles Œstrymnides, riches en étain et en plomb, sépï continent par le sinas Oestrymnicus, et où se rem Tartessii et les Carthaginois pour faire le commi sont sans doute les îles que les Grecs appellent Kow Himilcon affirmait qu'il fallait au moins quatre m< faire la traversée (3).

Au temps de Xénophon, d'après Arrien (4), on naissait pas les peuples de l'Europe occidentale. IV nophon mentionne les mercenaires celtes envoyés renfort par Denys de Syracuse aux Lacédémoniens

Aristote place la montagne de Pyrène vers le c< équinoxial, dans la Celtique (6) ; il parle aussi di froid du pays des Celtes, au-dessus des Ibères (7). la perte du Rhône, qui se trouve au-dessus de Bel

(1) Ora maritima, i3o-i35. Voir ci-dessus, p. 7-8. Ce périr, antérieur à Hérodote et peut-être même à Hécatée.

{2) Du monde, 3. Ora maritima, 108-112. 'lipvTj : répond assez exactement à l'irlandais Eriu, prén. Erenn ; cf. Iwenldon. La forme latine Hibernia a subi l'influence c mologic populaire {hibernus) ; de même 'Ispvvj a été rap tgfô; « sacré ».

(3) Oramaritima, 1 13-119. Voir ci-dessus, p. 18.

(h) Cynégétique, 2.

(5 ; Voir ci-dessus, p. 193

(6) Météorologiques, 1, i3, 19 et 20.

(7) De la génération des animaux, 11, 8.

300 T1IÉOPOMPE, SCYLAX, EPHORE

dans la Ligys tique (1). Il connaît la prise de Rome par les Celtes (a).

Théopompe, vers 35o, cite la ville des Celtes la plus éloignée : Drilônios ; nous ne savons où la situer (3). Il nous montre les Celtes en guerre avec les Vardiï, peuple illyrien (4). Il mentionne la prise de Rome par les Celtes (5).

Le périple dit de Scylax de Caryanda, dont la rédaction se place vers 335, ne cite comme habitants des côtes de la Méditerranée entre les Pyrénées et l'Italie que les Ligures et les colcns grecs. Les Celtes, restes de l'invasion, occupent une bande étroite de terrain sur la côte orientale de l'Italie jusqu'à Adria. Après les Celtes, viennent les Venètes chez lesquels coule TEridan (Pô) (6).

Ephore, qui, à peu près à la même époque, avait composé des 'Ictopi'ai, ne nous est connu que par Strabon et Cosmas Indicopleustes (VI e siècle après J.-C). Pour lui, les Celtes étaient un des peuples occupant les extrémités du monde ; leur pays situé à l'ouest et qui s'étend du couchant d'été au couchant d'hiver est, de même que celui des Indiens qui lui fait vis-à-vis, moins grand que le pays des Ethiopiens et que celui des Scythes (7). Les eaux leur font éprouver plus de pertes que la guerre ; ils laissent les flots

(1) Météorologiques, 1, i3, 3o.

(2) Plutarque, Camille, 22, k.

(3) Etienne de Byzance, au mot Drilônios. Fragm. hist. graec, t. i,p. 3i6, fr. aa3.

(4) Alhénée, x, Go ; Ibid., p. 284-280, fr. Ai. Cf. Justin, xxiv, A, 3.

(5) Pline, Histoire naturelle, m, 9, 57. lbid.,j}. 3o3, fr. iAA.

(6) g 3 ; A ; 18 ; 19. Geographi graeci minores ', 1. 1, fr. 25.

(7) Fragmenta historicorum graecorum y 1. 1, p. 2A3, 2AA, fragment 38. Cf. Pscudo-Scymnus de Chio, v. 170-182.

L EMPIRE CELTIQUR

submerger leurs maisons ; puis ils les re Celtes possédaient la plus grande partie ibérique jusqu'à Gadeira (Cadix) (a).

Ces notions vagues sur les régions c Celtes seraient sans doute plus précise!

conservé le récit du voyage d'exploratio dans l'Ouest de l'Europe, vers 3ao-3io. N les quelques fragments, relatifs aux pays Celtes, que nous en a transmis Strabon a connaissances. D'après Pythéas, le Canti en Grande-Bretagne) est à quelques jou de la Celtique (3).

Ptolémée, fils de Lagos, un des lieutem avait raconté l'entrevue fameuse d'Ale Celtes de l'Adriatique, en 335 avant notre qu'ils lui firent lorsqu'il leur demanda ce < le plus au monde : » Nous ne craignons q que le ciel ne tombe sur nous, mais n dessus de tout l'amitié d'un homme tel q

Jérôme de Cardie, continuateur de l'his par Ptolémée, avait raconté l'invasion celi son ouvrage est sans doute sur ce point dore et de Pausanias .

L'historien Timée (352-a56) connaît les l'Océan, et explique le flux et le reflux d lion des fleuves qui descendent de la pai

(i) Mrabon, vu. a, i.

(2) lbid., îv, k, 6.

(3) Jbid., 1, 4, 3.

(4) laid., vu, 3, 8.

302 Àl'OLLONlOS DE RHODES

delà Celtique dans l'Atlantique (i). Timéeest sans doute la source d'Apollonios de Rhodes et du traité Des singularités merveilleuses attribué à Àristote.

Callimaque, bibliothécaire d'Alexandrie sous Ptolémée II (aS3-a47), rappelle dans une hymne l'invasion de la Grèce par les Celtes, derniers nés des Titans, venus des extrémités de l'Occident '{a).

Eratosthène, qui fut bibliothécaire d'Alexandrie sous Ptolémée 111 (247-222), place des Galates dans la partie occidentale de l'Europe jusqu'auprès de Gadeira, sans doute d'après Ephote ; mais dans sa description de l'Ibérie, il ne fait plus nulle part mention des Galates (3).

Dans les Argonau tiques d'Apollonios de Rhodes (III e siècle avant noire ère), on voit les Argonautes remonter le Rhône et se trouver au milieu des lacs orageux qui s'étendent au loin dans le pays des Celtes ; puis, après être parvenus au rivage de la mer, traverser les nombreuses tribus des Celtes et des Ligyes (4).

Le premier historien romain, Q. Fabius Pictor, né en 2 54 avant Jésus-Christ, avait raconté la guerre des Romains avec les Gaesati, peuple venu de Gaule (5).

Ainsi, au II e siècle avant Jésus-Christ, à l'époque où un his»oiien bien renseigné et digne de foi, Polybe, va nous f« ire connaître les plus anciennes relations des Celtes avec

(1) Plutarque, Des opinions des philosophes, in, 17, k. Sur l'œuvre de Timée, cf. J.Geffeken Timaios' Géographie des Westens, i892,dans les Philologische Untersuchungen de Kiessling et de v. Wilamowitz- Moellendorf, xm.

(2) Pour Délos, 173-175.

(3) Strabon, 11, 4, 4,

(4) Argonautiques, iv, 627-647.

(5) Orose, Histoires, iv, i3.

l'empire celtique 303

les Romains, les renseignements que nous avons pu glaner chez les anciens historiens et géographes sur les pays occupés par les Celtes se réduisent à peu de chose. Nous savons que les Celtes sont établis près des Ligures : de Rimini k Ancône, sur les côtes de l'Adriatique ; en lllyrie,sur les bords du Danube ; auprès des lacs de la Suisse et des sources du Rhône, du Pô et du Danube; sur les côtes de l'Espagne.

Polyhe connut surtout les Celtes d'Italie. Il nous raconte que, séduits par la beauté et la fertilité de la plaine du Pô, les Celtes voisins des Tyrrnènes (Etrusques) envahirent sous quelque léger prétexte le pays que ceux-ci occupaient et les en chassèrent. Il nous donne le nom de peuples gaulois qui s'établirent alors en Cisalpine. Ce sont les Lai (Laevi),lt& Lebeciï, les hombres (Insabres), les Gonomani {Cenomani), les Ananes, (Anares ou Anamares), les Boii y les Lingones, les Sénones (1). Après la prise de Rome, les Celtes furent contraints *à traiter avec les Romains à la suite d'une invasion des Yenètes dans leur pays (a).

Quant aux Gaulois transalpins, qui sont de la même race que les Cisalpins, ils occupent, d'après Polybe, la partie des Alpes qui regarde le Rhône, et le nord. Entre les Alpes et le Rhône, habitent les Galates surnommés Gaesati (3). D'autre part, Ânnibal se rendant d'Espagne en Italie, rencontre des Celtes entre les montagnes des Pyrénées et le Rhône, puis au delà du Rhône (4). La partie septentrionale de la vallée du Rhône est occupée par les Celtes Ardyes

(i) Histoires, h 17.

(a) Ibid., 11, 18.

(3) lbid., 11, i5 ; 22.

(4) Ibid., m, 4o ; 4i ; 43.

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