ANIMAUX SACRÉS
romain. Nous avons déjà parlé [du taureau aux trois grues (i), et des dieux à cornes de bélier et de cerf qui ne rappellent plus que par un détail le culte primitif des animaux sacrés (2).
Le serpent cornu (3) s'enroule sur les bras d'un homme barbu qui tient ses bras levés, la paume de la main à lextérieur, dans le bas-relief d'Arlon ; on le trouve à la main d'un des deux personnages de la slèle de Nancy, ainsi que sur les stèles de Vignory et de Xertigny (4). Il figure sur l'autel de ^lavilly, au milieu des douze grands dieux romains ; à la gauche du Mercure de Néris et sur l'autel de Beauvais (5).
Les animaux qui figurent, peut-être à titre d'emblèmes religieux, sur les monnaies gauloises sont ; le cheval, le chamois, le loup, le sanglier, l'aigle, le serpent, le renard, l'ours (G).
Outre certains monuments figurés qui peuvent nous attester le culte des arbres (7), on peut regarder comme
(1) Sur la diffusion de ce type, cf. S. Reinach, Description, p. 121 note.
(2) Cf. H. d'Arboïs de Jubainvili-e, Les Celtes depjiis les temps les plus anciens, p. 47-50. Les druides et les dieux celtiques à forme d'animaux, Paris, 1906, p. 150-163.
(3) Sur le serpent cornu, voir S. Reinach, Cultes, mythes et religions, t. ii, p. 63.
(4) A. J. Reinach, Revue archéologique, t. xvii (1911), p. 221-256 (pi.) ; Revue des éludes anciennes, t. xiii, p. 348-349.
(.-.) S. Reinach, Cultes, mythes et religions, t. i, p. 63, 75 ; t. II, p. 64, 191 ; t. III, p. 166 ; Windisch, Das keltische Brittannien, p. 83-84.
(6) C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 348. Le coq est rare et peut venir d'une imitation de monnaie étrangère.
(;) Cf. Sexarbori Deo à Arbas. Corpus inscriptionum latinariim, t. xiii, n^ 132. Voir Espérandieu, Recueil général des has-reliefs de la Gaule romaine, t. i, n°^ 243, 32 (laurier avec
tels les deux faces de l'autel de Paris et l'autel de Trêves où sont figurés soit un arbre, soit des feuillages. Mais nous savons par Pline que le chêne rouvre est chez les Gaulois l'arbre des bois sacrés (1) et qu'on n'accomplit aucune cérémonie sans son feuillage. Maxime de Tyr (2) nous apprend qu'un chêne élevé est la représentation (â'YaXfxa) celtique de Zeus. Nous trouvons dans un passage de Pline que leselago était en Gaule un préservatif contre les accidents et que la fumée en était utile pour toutes les maladies d'yeux. On devait cueillir cette plante sans se servir de fer, avec la main droite passée par l'ouverture gauche de la tunique, comme pour un vol ; il fallait être couvert d'un vêtement blanc et avoir préalablement sacrifié avec du pain et du vin (3). Le gui, que Ton appelait d'un nom qui signifie remède universel, était un remède contre les poisons et donnait la fécondité à tout animal stérile. Le gui venant sur le rouvre est extrêmement rare ; aussi le regardait-on comme envoyé du ciel. La cueillette du gui, nous dit Pline, se fait le sixième jour de la lune. Après avoir préparé selon les rites, sous l'arbre, des sacrifices et un repas, on fait approcher des taureaux de couleur blanche dont les cornes
deux oiseaux perchés dan? ses branches, dédicace : Deo Rudiano. On trouve aussi la dédicace : Fago Deo près des Pyrénées.
(1) Cf. Deo Robori, Corpus inscriptionum latinarum, t. xiii, nO 1112.
(2) Dissertations, viii, 8. Peut-être KeXxo'! dans ce passage signifie-t-il Germains. Sur le culte des arbres chez les Gaëls, voir H. d'Arbois de Jubainville, Les Celtes depuis les temps les plus anciens, p. 51-52.
(3) Histoire naturelle, xxiv, 62, 103. On a identifié le selago soit au Lycopodium selago, soit au Sedum telephium. (L. Er- NAULT, Des idées et con?iaissances médicales chez les Celtes, Bulletin de la Société archéologique d' I Ile-et-Vilaine, t. xvi (1883), p. 121) ; soit à la rue des champs ou millepertuis. Béjottes, Le livre sacré d'Hermès Trismégiste, Bordeaux, 1911, p. 47.