‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 129 sur 158 · TROGUE POMPÉE · texte numérisé non relu

TROGUE POMPÉE

dièreut : d'autres, guidés par le vol des oiseaux, pénétrèrent en Illyrie et, après avoir massacré les barbares, s'établirent en Pannonie. Ce peuple rude, audacieux et guerrier, franchit, le premier après Hercule, les sommets invincibles des Alpes et les lieux que le froid rendait inabordables. Là, vainqueurs des Pannoniens, pendant de nombreuses années ils furent en guerre avec leurs voisins. Encouragés par le succès, ils se divisèrent en deux armées et gagnèrent les uns la Grèce, les autres la Macédoine, détruisant tout par le fer» (1). Dans un autre texte, Justin attribue l'invasion des Gaulois en Italie à des discordes intestines, à une anarchie perpétuelle, et constate que le résultat de cette invasion fut l'expulsion des Etrusques (2). La mention de l'invasion gauloise en Italie coïncide si exactement dans les idées et les termes avec le texte de Tite Live qu'elle a sans doute la même source (3). C'est lorsque la paix eut succédé à de nombreuses guerres des Grecs de Marseille contre les Ligures et les Gaulois que les envoyés marseillais, revenant de Delphes où ils avaient porté des présents à Apollon, apprirent la prise et l'incendie de Rome par les Gaulois (4).

Après l'expédition contre Delphes et la mort deBrennus, une partie des Gaulois se réfugia en Asie ; d'autres gagnèrent la Thrace, d'où ils se dirigèrent vers leur patrie par le chemin qu'ils avaient suivi pour venir en Grèce. Quelquesuns s'arrêtèrent au confluent du Danube et de la Save, et se

(1) Justin, xxiv, 4. Cf. xxiv, 5-8 : xxxii, 3.

(2) Justin, xx, 5.

(3) S. Reinach, Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, p. 209.

(4) Justin, xliii, 5, 8. Cf. Pausanias, x, 18, 7.

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firent appeler Scordisci. Un grand nombre de Tectosages pénétrèrent en Ulyrie et, après avoir pillé ce pays, s'établirent en Pannonie (1).

Pour Strabon, les Celtes d'Italie sont sortis du pays d'au delà des Alpes (2). Des éléments celtiques sont mêlés aux populations germaniques, illyriques et thraces d'en deçà ristros (3). Les Autariatae, qui étaient le peuple le plus nombreux et le plus vaillant de l'illyrie, furent soumis d'abord par les Scordisci, peuple celtique, et plus lard par les Romains, sous les attaques desquels les Scordisci, longtemps puissants, tombèrent à leur tour (4). Les Galates ont occupé l'Asie-Mineure après avoir longtemps erré et fait des incursions dans les pays soumis aux rois de Pergame et de Bithynie (5). La facilité des migrations gauloises s'explique par leur caractère. Dans leurs expéditions, ils marchaient tous à la fois, ou plutôt, se transportaientailleurs avec leurs familles toutes les fois qu'ils étaient chassés par des ennemis supérieurs en force (6).

Plutarque donne pour causes de l'invasion des Gaulois en Italie l'excès de populjition et le manque de ressources de leur pays. Au nombre de plusieurs myriades d'hommes jeunes et braves, avec beaucoup de femmes et d'enfants, ils se divisèrent en deux troupes. Les uns franchirent les monts Rhipées, se répandirent vers l'Océan boréal et occupèrent les extrémités de l'Europe ; les autres, s'étant établis entre les monts Pyrénées et les Alpes, habitèrent

(1) Justin, xxxii, 3.

(2) Géographie, iv, 4, 1.

(3) Géographie, vu, 1, 1 ; 3, 2.

(4) Géographie, vu, 5, 11. Cf. Tite Live, Epit., lxiii.

(5) Géographie, xii, 5, 1.

(6) Géographie, iv, 4, 2.

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longtemps près des Senones et des Celtorii. Ce fut plus tard, qu'après avoir goûté du vin d'Italie, ils envahirent le pays qui produisait un tel breuvage (1).

D'après Florus, c'est des derniers rivages de la terre et de l'Océan qui entoure tout (2) que partirent en grande foule les Senons ; et, après avoir ravagé les pays situés sur leur passage, ils s'établirent entre les Alpes et le Pô et de là se répandirentdans toute l'Italie (3). Les Gallo-grecs (Galates d'Asie) sont les restes des Gaulois qui sous la conduite de Brennus avaient dévasté la Grèce (4).

Denys le Périégète place les Celtes après les Ibères et les Pyrénées, près des sources del'Eridan aux belles eaux. Les enfants des Celtes, assis sous les peupliers, sur les bords de ce fleuve, recueillent les larmes de l'ambre (o).

Dans les livres IV et VI de l'histoire romaine d'Appien, il est question des premières migrations des Celtes. Entre 392 et 389 avant Jésus Christ, une bonne partie des Celtes qui habitaient auprès du Rhin se mirent à la recherche d'un autre pays, leur terre ne suffisant pas à leur multitude ; ils franchirent les Alpes et attaquèrent les habitants de Clusium (5). Appien pense que les Celtes ont jadis passé les Pyrénées et ont habité avec les premiers occupants de la péninsule; de là est venu le nom des Celtibères (7).

(1) Camille, 15. Cf. Pli>;e, Histoire naturelle, xii, 2, 5. ; C. JuLLiAN regarde ce récit de Plutarque comme la narration, intervertie chronologiquement, de la migration des Belges, Histoire de la Gaule, t. i, p. 287, note.

(2) Cf. TiTE LivE, V, 37, 2. Juvénal, xi, 113.

(3) Histoire romaine, i, 13.

(4) Histoire romaine, ii, 11.

(5) V. 288-293. Geographi grœci minores, t. ii, p. 117,

(6) Histoire romaine, iv, 2.

(7) Histoire romaine, vi, 2,

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Pausanias nous rapporte les invasions celtiques en Grèce (1). Il distingue trois grandes expéditions. La première, sous la conduite de Gambaulos, fut une sorte de razzia en Thrace ; les Celtes, peu nombreux, n'osèrent pas aller plus loin parce qu'ils reconnurent qu'ils n'étaient pas de force à lutter contre les Grecs. La seconde fut une invasion simultanée de la Thrace par Kéréthrios, de la Péonie par Brennos et Atichôrios, de la Macédoine et de l'IUyrie par Bolgios (Belgios). Après avoir défait les Macédoniens, les Celtes retournèrent dans leur pays. La troisième, commandée par Brennos, commença par l'envahissement de la Macédoine; de Macédoine, les Celtes se dirigèrent parla Thessalie vers la Grèce centrale. Après avoir vainement essayé de pénétrer en Grèce par le Sperchios et par l'Oeta, ils se divisèrent en deux corps. L'un remonta vers le nord, envahit l'Etolie et fut repoussé par les Etoliens. L'autre contourna les Thermopyles et arriva devant Delphes, où les Grecs coalisés lui causèrent de grandes pertes. Les Celtes battirent en retraite V3rs le Sperchios, mais ils furent assailhs par les Tbessaliens et pas un seul d'entre eux ne retourna sain et sauf dans leur pays. Du pays d'oii partirent les Celtes, Pausanias ne nous dit rien ; il les désigne seulement dans un passage par la périphrase « les barbares de l'Océan (2) » to'j; i-zb-zoZ 'iiy.savovi pappâpcjç, et ailleurs il nous dit que les Gaulois (raÀâTat) habitent aux extrémités de l'Europe, près d'une vaste mer dont les na-

(1) Description de la Grèce, x, 19-23. Cf. Justin, xxiv, 4-8 ; DioDORE, XXII, 9, 1. ; F. P. Garofalo, Revue des études grecques, t. XIII, p. 456.

(%) Description ^e la Grèce^ x, 20, 3, Voir plus haut, p. 418, notes 2 et 3.

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