‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 138 sur 158 · BRIGA · texte numérisé non relu

BRIGA

Quelques premiers termes peuvent appartenir à une langue autre que le celtique. Ainsi Bodincus est d'après Pline (III, 20, 122), le nom ligure du Pô.

-briga (1)

briga trouve son équivalent exact dans les langues celtiques modernes, l'irlandais bri « hauteur », le gallois bre « pic » qui perdent régulièrement le g intervocaîique et les voyelles brèves finales. C'est donc presqu'un synonyme de dunum. Mais il est dun emploi bien plus restreint que diiniim. Sa variante brica est apparentée au gallois brig « sommet » (2).

En France :

Eburo-briga, AvroUes, Yonne {Itin. Ant. 331, 2).

Litano-brigUy à côté de Creil, Oise (Itin. Ant. 380, 4).

Seuls, quelques manuscrits dePtolémée nomment Ea[xapô3ptYa, II, 9, 4, la ville appelée dans les autres textes ^par ex. Ces. V, 24) Samaro-brwa, Amiens.

Si l'on admet, avec M. d'Arbois de Jubainville, que obriga, devenu au moyen-âge -obria, a donné en français -euvre (3), on peut accroître cette liste des noms suivants :

(1) Sur ces noms, voir C. Jullian, Revue des éludes anciennes, t. VIII, p. 47-51 ; cf. t. IX, p. 175-180 ; H. d'Arbois de Jubainville, Revue celtique, t. xxvii, p. 192-196 ; J. Loth, Revue celtique, t. XXVIII, p. 337-339.

(2) A propos d'un nom de ville d'Espagne (écrit sur une monnaie Brutohrica), Etienne de Byzance,qui l'écrit pooutoSpt'a traduit ^oia. par tiôX'c. Mais, d'après Strabon, vu, 6, 1, c'est en langue thrace que le mot pp!a signiiie « ville ». On trouve dans la région thraco-dace ^r^\-j]j.^p'.a, Sicamhrta.

(3) Mémoires de la Société de linguistique de Paris, t. vu,

l'empire celtique • 439

* Donno-bris.a, Deneuvre, Meurthe-et-Moselle ; * Sodobriga, Suevres, Loir-et-Cher ; * Vindo-briga, Vandeuvre, Meurthe-et-Moselle ; Vendeuvre, Aube ; Vandœuvres, canton de Genève, Suisse ; * Volo-briga, Voleuvre, Saôneet-Loire ; cf. Volii-briga en Portugal.

En Allemagne :

Admageto-briga ou Mageio-briga, peut-être Moyeu vre, Alsace-Lorraine (César, I, 31, 12).

Boudo-briga,Bo])paTt, Prusse Rhénane (Itin.A ni. 374, 2).

Arto-briga près de Laufen, Bavière (Ptol. II, 12, 4)

En Espagne :

N emetO'briga peut-être Puente de Navéa (Ptol. Il, 6, 36).

CottaiO'briga, ville des Vettones (Ptol. II, 5, 7).

Deo-briga, ville des Vettones (Ptol. II, 5, 7) ; Miranda de Ebro (Ptol. II, 6, 32). Dfp-i/'i^w/a, ville des Turmogi (Ptol. II, 6, 51).

Miro-briga,OàT^\\\i!i en Estramadure (Plin. Hist. nat. III, 3, 14) ; Ciudad-Rodrigo (C. /. L. II, 857 ; Mero-brica Plin. Hist. nat. IV, 35, 118).

Laco-briga, var. Lac'co-briga Lobera, Palencia (Ptol. II, 6, 49 ; cf. Lacobrigefises, Plin. III, 4, 26j.

Desso-briga, peut-être Melgar de Yuso {Ilin. Ant. 449, 4).

Nerio-briga, Valera la Vieja, Estramadure (Plin. Hist. nat. TII, 3, 14); ville près de Bilbilis {hin. Ant. 439, 2) ; La Almunia de Doua Godina (Florus, II, 17, 10). C'est sans doute le NspxôjJp'.xa, 'Es-/.ôpp-.xa dePolybe,XXXV,2,2).

p. 2-4. Certains de ces -bria peuvent représenter anncien -brU'a « pont ». Voir ci-dessus, p. 79, 433 n.

-BRiGA

Sego-briga, Segorbe, Valence (Strabon, ITI, 4, 13).

Tunio-hriga (corr. Tongo-) Brozas, près d'Alcantara (Ptol. II, 6,38).

Turo-briga peut-être près d'Aroche, en Andalousie (Plin. Hist.nat., III, 3, 14).

CaZw-^Wga peut-être près de Compostelle {C. I. L. II, 2610).

Cento-briga (var. -brica) chez les Celtibères (Valère Max. V, 1.5).

Arco-briga chez les Celtibères (Pfcol. II, 6, o7, Cf. Arcobrigenses Pline, III, 4, 24) ; Ferrol (Ptol. II, 5, 5).

En Portugal :

Volii-brigaoM sud de Braga (Ptol. II, 6, 40).

Lango-briga au sud d'Oporto {Itin, Ant. 421, 7).

Tala-briga, Souza, Estramadure (Appien, VI. 73 ; var. brica, Plin. Ilist. nat. IV, 35, 113).

Conem-briga, Condeixa a velha(/^m. Ant. 421, 4; Ciniim-brica, Plin. IV, 35, 113, Conimbrica C. I. L., t. II, Q° 391, 13).

Medo-hriga ou M edii-hriga près de la Serra da Estrella {Bell. Alex. 48, 2 ; C. /. L. 11,458, 760; cf. Plin. Hist. Nat. IV, 35, 118).

Ara-briga, Alemquer (Ptol. II, 5, 6 ; C. /. L. II, 760, 14).

Mere-briga, var. Meribriga, Santiago de Caçém, Estramadure (Ptol. II, 5, 5).

Mo?ito-biiga peut-être PoTtalegre {Itin. Ant. 420, 4).

Lacco-briga, Lagos, Algarve (Mêla, III, 1, 7).

Caeilio-briga, Calabre, Aldea Nova (C. L L. II, 416 ; Ptol. II, 6. 41).

En Asie-Mineure :

l'empire celtique 441

Ecco-briga, ville de Galatie [Table Peut.)

Peut-être aussi * Peto-briga (ms. Petobrogen) Kalé en Galatie {Itin. Burd. 574, 11).

D'après ces noms les Romains ont créé :

Caesaro-briga, Talavera delà Reina, Espagne (C. /. L. II 896, Caesarobricences, Pline, Hist.nat. IV, 33, 118)

Augusto-briga, Talavera la vieja, Espagne (Ptol. II, 5, 7, Augustobriceiises, Pline, Hlsi. nat., IV, 35, 118) ; Aldea del Muro. Espagne (Ptol. II, 6, 53).

Julio-briga, Retortillo, Santander, Espagne (Pline, Hist, nat. m, 4, 27).

Un certain nombre de cas noms présentant la variante -brica au lieu de -briga, il est probable que les noms pour lesquels on ne trouve que -brica ont été originairement terminés en -briga. C'est le cas de ; Adro-brica en Espagne (Mêla, III, 1, 13) ; Amallo-brica sur le Duero (Itin. Ant. 435, \) ; Abo-brica chez les Cileni(Plin. Hist. nat. IV, 34, 11:2) ; Teno-brica (Géogr. Rav. IV 43). Valabricensis (C. I. L, II, 5561) cf. Volu-briga ; Ceto-bricca (Géogr. Rav. 4, 43 ; KaiTÔJîo'.ï (Ptol. 2, 5, 2, KanTo^^fï Marcianos d'Héraclée, II, 13) ville des Tûrdetani.

La plupart des premiers termes des noms en -briga de la péninsule ibérique ne semblent pas celtiques. Ce seraient donc des formations postérieures à la domination des Celtes.

-ritum

Le second terme -ritum ne nous a pas été expliqué par les auteurs anciens, mais il est conservé en vieux-gallois : rit « gué », gallois moderne rhyd. On ivovxwQ -ritum :

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