RITUM
En France :
Ande-riium, Javols (Lozère) (Table Peut., Ptol. II, 7, 11).
Band-ritiim, Bassou, (Yonne) {Table Peut.).
Dario-ritum (var. Dariorigum, Dartoritum^ Vannes (Ptol. 8. 6).
Vago-ritum, chez les Arvii (Ptol. II, 8, 7).
Ritu- est premier [terme dans Ritu-magus Radepont, Eure (Table Peut.)
En Grande-Bretagne :
Cambo-ritum, Icklingham ? (/iw. Ant. 474, 7), cf. Catnbortus, Chambord (Loir-et-Cher), qui peut représenter un ancien * Cambo-ritum.
En Allemagne :
Loco-ritum, Lohr am Main, Bavière (Ptol. Il, 11, 14).
De l'époque romaine date :
Augusto-rituni, Limoges (Ptol. II, 7, 9).
-bona (1)
Ce mot, dont on n'a pas une explication satisfaisante par les langues celtiques, se trouve dans :
Equa-bona en Espagne (Itin. Ant. 416, 5).
Vindo-bona, Y'ienne, Autriche (T'a è/c Peut.).
Peut-être : Ralis-bona var. Radaspona, Ratisbonne (Pertz, Thésaurus anecdotorum, 1, 3, p. 220).
Arra-bona en Pannonie [Itin. Ant. 246, 3).
De l'époque romaine datent :
Augusio-bona, Troyes (Ptolémée, II, 8, 10).
(1) Voir ci-dessus, p. 435 noie.
l'empire celtique 443
Jiilio-hona Lillebonne, Seine-Inférieure (Ptolémée, II.
Mediolaniim
Medio-lanum ou Medio-lanium (Milan) a été fondé par les Gaulois (1). Nous ne pouvons donc guère douter que ce mot appartienne à une langue celtique, bien qu'il soit difficile à expliquer (2). C'est un nom de lieu extrêmement répandu tant en France que hors de France et qui semble désigner des villes situées à peu près à égale distance des points extrêmes de leur cité (3).
Chez les auteurs de l'Antiquité, on trouve neuf Mediolaniim ou Mediolanium.
En Gaule transalpine ;
Mediolanum ou MsStoXâvtov, Saintes (Strabon, IV, 2, 1).
Mediolanum, Châteaumeillant (Cher), [Table Peut.).
Mediolanum, ou MEO'.oÀâviov, Evreux (Ptol. II, 8, 9).
Mediolanum, Le Miolau, Pontcharra (Rhône), [Table Peut.).
Mediolanum. chez les Treveri (Fortunat, 111, 9).
En Gaule Cisalpine :
Mediolanum, Mediolanium, Milan (Polybe, II, 34).
En Germanie :
Mediolanium, Metelen, Westphalie (Ptol. Il, 11, 13).
Mediolanium, Wolkersdorf, Autriche (Ptol. II, 11, 15).
En Grande-Bretagne :
Mediolanium, Clav^'ddcoch, Shropshire (Ptol. Il, 3, 11).
(1) TiTE LivE, V, 34, 8.
(2) Voir ci-dessus, p. 82, 115.
(3) JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 59-60.
-ACUS
Mais si l'on ajoute aux cinq Mediolanum de la Gaule transalpine tous les noms de lieux de France dont la forme moderne peut s'expliquer par Mediolanum ou Medio-lanium on arrive au chiffre de trente-sept exemples de ce nom pour la France (1).
Icoranda
Les lieux situés à la frontière de deux cités gauloises portent souvent le nom &' Icoranda (2) qui semble celtique et dont le second terme s'explique peut-être par l'irlandais rand, rann, bret. ranji « partie ».
-a eus
On pourrait encore songer à déterminer les établissements des Celtes au moyen des noms en -acus. Ces noms sont en France au nombre de plusieurs milliers (3); on en trouve dans l'Italie du Nord plus de quatre cents (4) ; ils sont plus rares en Espagne, en Grande-Bretagne, et dans l'Europe centrale. Mais, comme nous l'avons déjà dit (5), ces noms ne sont généralement pas antérieurs à l'empire, et la plupart sont formés avec des gentilices romains. Ils
(1) Cf. LoNGNON, Mediolanium (Rei^ue celtique, t. viii, p. 374- 378 ; Ant. Thomas, Meilhan (Revue celtique, t. xx, p. 443).
(2) Formes modernes : Ingrandes, Ingrannes, Aigurande, Eygurande, Aigurande, Egarande, Iguerande ; J. Havet, Revue archéologique, t. xx (1892), p. 170.
(3) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux en France, p. 125- 343 ; 453-462 ; 467-499.
(4) H. d'Arbois de Jubainville, Les Gaulois et les populations qui les ont précédés dans l'Italie du nord, Revue celtique, t. xi, p. 152-172.
(5) Ci-dessus, p. 119,
L EMPIRE CELTIQUE
n'offrent donc que des traces très effacées de l'occupation celtique ; ce sont, en général, des formations nouvelles sur des modèles anciens. Parmi ceux dont le premier terme semble celtique, on peut citer : Amhactiams, Argentacus, Becciacus, Beliniacus, Benacus, Brennacus, Britinniacus, Cainhiacus, Carantiacus, Catuiaciis, Eburacus, Epiacus, Epponiacus, Gabriacus, Iciacus, Mogontiacus, Nantiacus, Nemetacus, Nerciacus, Noviacus, Sedegenacus, Segontiaeus, Solimariacus, Trociacus, Uriacus, Vassiaciis,. Verniacus, Vindiacus.
D'après les noms de lieux dont nous avons étudié la répartition sur le sol, les établissements celtiques s'étendent sur un domaine considérable :
Désignation
tn
te o a
France, Suisse, Belgique, Hollande, Provinces Rhénanes . .
Italie du Nord
Europe centrale et. orientale . . .
Espagne et Portugal
Iles Urilanniques (1)
Asie Mineure
(1) On trouve une carte des noms de lieux celtiques dans les Iles Britanniques chez W. Z. Ripley, The races of Europe, p. 312, et une carte de la répartition de ces noms de lieux pour l'Europe, par M. Pic, Starozitnosti, ii, 1, carte C.