BELGES
passage que des Gaulois. D'autre part, Tite Live mentionne l'arrivée des Gaulois eu Provence en même temps que leur première descente en Italie, et Justin place les guerres des Grecs de Marseille contre les Gaulois et les Ligures avant la prise de Rome par les Gaulois. L'invasion des Belges se placerait donc au ni'^ siècle. Elle est sans doute contemporaine de l'invasion celtique en Grèce (1).
L'établissement des Belges en Gaule est sans doute un peu antérieur à leur passage en Grande-Bretagne, oii ils se trouvèrent en contact avec les Gaëls arrivés depuis plusieurs siècles, et où ils substituèrent le breton au gaélique, (2). Le gaélique ne se maintint qu'en Irlande, oîi les établissements des Belges furent peu nombreux. Le roi Diviciacus, peu avant la conquête de la Gaule, avait régné non seulement sur une grande partie de la Belgique, mais encore sur la Grande-Bretagne (3).
Les autres invasions des Celtes nous sont mieux connues. Nous savons que c'est en 279 qu'eut lieu l'expédition de Brennos en Grèce et que, peu après cette date, les Celtes fondèrent en Thrace un royaume, et s'établirent au centre de r Asie-Mineure, en Galatie (278). Mais, presque au moment oii des Celtes pénétraient dans la péninsule des Balkans, d'autres Celtes, passant les Alpes, descendaient en Italie (29s) et faisaient alliance avec les Gaulois cisalpins (i)
(1) H. d'Arbois de Jubainville, Revue celtique, t. xxiv, p. 162, 169. Recherches sur l'origine de la propriété foncière, p. 119 ; Les premiers habitants de l'Europe, 2« éd., t. I, p. 377-
(2) D'après H. d'Arbois de Jubainville, Revue celtique, t. xxvin, p. 32-40, ces Belges sont sans doute les Galiàin dont l'épopée irlandaise raconte l'arrivée en Irlande vers 216 av. J.-C.
(3) Guerre de Gaule, ii, 4. Cf. v, 12.
('ij PoLYBE, II, 19. D'après Diodore, xiv, 117, 7, les Celtes pénétrèrent jusqu'en lapygie au sud de l'Italie.
l'empire celtique 463
qui occupaient le pays depuis un siècle. En 236, 22o, 222, des Transalpins sont appelés en Italie par les Cisalpins (1). En 186, des Celtes encore allaient bâtir une ville au nord de l'Adriatique (2). Enfin, en 179, trois mille Gaulois transalpins venaient en Italie demander des terres au peuple romain (3).
Tels auraient été, autant qu'on peut le déduire des rares données de l'histoire et de la linguistique, les développements successifs et intermittents de la puissance celtique. Cette puissance fut éphémère.
Dès le ni® siècle 238-219), les Carthaginois s'emparaient de l'Espagne ; les Romains les y remplaçaient en 201. Puis les Romains conquéraient successivement la Gaule Cisalpine (283-192), la Galatie (189-25), la Gaule Narbonnaise (154-118), l'IUyrie (129), la Gaule Celtique et Belgique (58-50) (4), la Rhétie, la Vindélicie, le Norique (16-9 av. J.-C.). Enfin, la Grande-Bretagne, dont la conquête avait été commencée en 55 av. J.-C, est soumise jusqu'aux montagnes de l'Ecosse (78-85 après J.-C).
Seule, à l'extrême ouest de l'Europe, l'Irlande restera celtique jusqu'à la conquête momentanée des Scandinaves et la conquête définitive, semble-t-il, des Anglo Saxons.
(1) PoLYBE, II, 21 ; 22 ; 23 ; 34. Cf. Mommsen, Die gallische Katastrophe, Rômische Forschungen, Berlin, 1879, t. ii, p. 297-
(2) TiTE LivE, XXXIX, 22 ; 54.
(3) TiTE LxvE, XL, 53, 5-6.
(4) Voir sur la date de l'annexion C. Jullian, Revue archéologique, t. XV (1910), p. 104-136, en réponse à une hypothèse do G. Ferrero, ibid., p. 93-103.