Inscriptions de Nîmes
a) KapTapoç iXXavoutaxo; ^i^z [jiaTpeêo vaixauaixaêo P'.axo'jSE
[C. I. L., XII, p. 383. Dict. arch. n° 1).
b) KajaixaXoi; O'jepaixvo; oeoe PpaTouoe xavceva Xa|jit sivoui
:C./. L., XII,p. 383).
^1) L'inscription de Vérone (Stokes, u° 4) et l'inscription i'Este (Stokes, n° 5) ne sont vraisemblablement pas celtiques. Cf. Rhys, The Celtic inscriptions, m, p. 1. Sur l'inscription de Vérone, voir M. Olsen, Zeilschrifi fur Celtisdie Philologie, t. iv, [). 23-30 ; Rhys, The Cellic inscriptions, vi.
(i!) Cf. la nouvelle inscription celtique d'Alise chez EspéiiANDiEu, Pro Alesia, t. i, p. 43-45.
94 INSCIUI'TIO.'NS (JAULOISES
c) ETMr{opv/^ KovoiÀ/.ço,' {C. I. L., XII, p. 383).
3. Inscription d'Orgon, près d'Arles, au musée Calvet d'Avignon :
c) OuT,6po'j[jiCi(po; Oeoe Tapavoo'j ^pa-rouSe xavcêii. {C . I. L.,
XII, p. 820).
Des inscriptions analogues (1) à ces trois dernières, mais incomplètes, ont été étudiées par H. d'Arbois de Jubainville et M. Vacher de Lapouge (2).
M. Bréal et H. d'Arbois de Jubainville ont fait remarquer (3) que l'inscription «) ne pouvait être celtique et s'expliquait par un dialecte italique. Il en est de même des inscriptions b) et c), dont les éléments principaux, oioi et Ppaxouoe, leur sont communs avec l'inscription a). Parmi les noms propres contenus dans ces inscriptions, SEYouapoc,
(1) Inscriplion de Saint Saturnin d'Apt au musée Calvet (Stokes, rO 9, note ; Rnvs, n° 8 ; C /. L., xii, p. 137) ; inscription de Gargas au musée Calvet (Stokes, n° 9, note ; Ruys, n° 9 ; C. I. L., xii, p. 137) ; inscription de l'Isle-sur-Sor^ue, au musée Calvet, C. I. L., xii, p. 822 ; Riivs, n° 10 ; inscription d'Apt au musée Calvet, Rhys, n° il, C. I. J ., xii, p. 822; inscription de Notre-Dame de Groseau, près Malauccne (Ruys, n° 13 ; C. I. L., xii, p. 824) ; inscription de l'église de Saignon (Rhys, n" 14 ; C. I. L., xii, p. 824 ; deux inscriptions de Saint-Rcmy, au musée de cette ville(RHYs, n°^ 15, 16 ; Stokes, n°^ 10, 11 ; C. I. L., XII, p. 127) ; inscription de Nîmes (Stokès, n° 9, note ; RiiYS, 11° 19 ; C. I. L., XII, p. 833) ; inscriplion de Saint-Côme, au musée de Nîmes (Rhy'S, n° 22 ; C. I. L., xii, p. 833) ; inscription de Notre-Dame de Laval, près CoUias, au musée do Nîmes (Rhys, n» 24 ; Stokes, 11° 13 ; C. I. L., xii, 5887 ; inscription d'Alise (Rhys, p, 100). On trouvera dans The Celte inscriptions of Gaul, additions and corrections, par Rhys, quelques autres inscriptions. Voir aussi C. I. L., t. xii, p. 127, 183.
(2) Reçue Celtique, t. xviii, p. 318-324. Bulletin historique et philologique, 1898, p. 328-349.
(3) M. Bréal, Re\^ue archéologique, t. xxxi (1897), p. 104-108 ; H. d'Arbois de Jubainville, Eléments de la grammaire Celtique, p. 173-177.
K7.77'.--:aXo<;, O'jr,6pou-[io!po<;, Tapo.Kjoj sont sûrement celtiques. L'inscription de Vaison n'est sans doute pas rédigée dans le même dialecte que les trois autres inscriptions et contient deux mots, s'wpou et ao^tv, que l'on trouve dans les inscriptions en caractères latins sous la forme ieuni et sosin.
Ces inscriptions en caractères grecs, lesquels on retrouve aussi sur les monnaies, nous rappellent le texte de César oii il est dit que les druides, dans les comptes publics et privés, se servent de lettres grecques, litteris graecis (1), Les Romains trouvèrent dans le camp des Hehetiiàes registres en lettres grecques, litteris graecis, où étaient relevés les noms de tous les émigrés, le nombre des hommes en état de porteries armes et, séparément, celui des vieillards, des enfants et des femmes (2). D'autre part, lorsque dans le [)ays des Nen>iiGéssLT eut à faire parvenir une lettre à son lieutenant Gicéron, il l'écrivit litteris graecis, pour que l'ennemi, s'il arrivait à l'intercepter, ne pût connaître son dessein (3). Pour expliquer ce second texte, il faut admettre ou bien f! que litteris graecis y a un autre sens que dans le premier et signifie «en langue grecque « (4), ou bien que la connaissance de l'alphabet grec ne s'était pas répandue dans toutes les parties de la Gaule. Tacite rapporte l'opinion d'après laquelle il y avait sur les confins de la Rhétie et de la Germanie des monuments et des iJima/i portant des inscriptions
(1) De bello gallicco, vi, 14.
(2) De bello gallico, i, 29.
(3) De bello gallico, v, 48.
(4) C'est ainsi que l'entend Dion Cassius qui dit ÈÀXr,'.
(xL, 9). Cf. POLYEN, VIII, 23, 6.
96 LNSCUIPTIONS GAULOISES
en caractères grecs (1). Les plus anciennes monnaies gauloises portent des caractères grecs (2).
3° Inscriptions en caractères latins.
Les inscriptions eu caractères latins présentent dans quelques mots deux signes qui leur sont particuliers : le d noté e sur les légendes de quelques monnaies gauloises, et le X (3).
Le premier, b, est souvent remplacé par s. Abbedoma- Ros sur une monnaie de Grande-Bretagne, Assedomari en Norique ; Garabbovna à Metz et Garassovnvs à Vichy, Tebbi à Vienne et Tessi à Saint-Gliristol ; Mkbbillvs à Lezoux et Medsillvs à Gallarate près Milan, cf. MBeniL- Los à Nîmes ; VEi.iOKAei sur une monnaie, reconnu [)ai' F. de Sauliy pour le nom de peuple bien connu Veliocasses ; bironae à Trêves et Sirokab à Luxeuil. Le b est donc vraisemblablement une spirante dentale analogue as.
Le second, x, s'échange avec le c devant un t : Lvxtupios sur une monnaie, Lvcterii à Pern (Lot) ; Divixta à Scarpone, DiviCTA à Ghianocco ; Atextorigi à Néris-les-Bains, Atectorix sur des monnaies ; c'était sans doute une spirante gutturale analogue au ch irlandais.
Parmi les inscriptions en caractères latins, la plus considérable est la table de Goligny, découverte en 1897 (4).
(1) Germanie, 3. Il s'agit peut-être de l'écriture runique.
(2) Blanchet, Traité des monnaies gauloises, p. 92, 274-278.
(3) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Eludes grammaticales sur les langues celtiques, p. 27-40.
( '■■ ) Voir les noies de MAL Dissard et Thiers dans les Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. xxv
Très intéressante de divers points de vue, cette inscription est, du point de vue linguistique, d'une importance médiocre ; aliène contient qu'une phrase ; la plupartdesmots y sont sans doute notés en abrégé. Nous ne pouvons songer à la reproduire ici; elle a été publiée plusieurs fois (1). C'est, sans aucun doute, un calendrier. Elle contient treize noms, que l'on regarde comme des noms de mois ; trente autres mots ou fragments de mots, et un fragment de phrase qui a été transcrit ainsi :
mb rixtio cob... cariedit ox... aniia pogdedortonin qiiimon.
Oq n'a encore pu reconnaître dans cette phrase aucun mot appartenant à une langue connue. Quant aux quarantetrois mots ou fragments de mots isolés, quelques-uns peuvent s'expliquer par les langues celtiques. Ce sont :
cantlos : en irlandais cétal « chaut », en gallois cathl.
cingos dans sowio-cingos, irl. cingim « je marche ».
giamon : en vieux gallois gflem = *giamo « hiver », irl. gem-red. Cf. les noms de personne Giamillus, Giamilos, Giamillo.
lagit : en irlandais laigiu « plus petit >, en gallois liai.
lot : en irlandais laithe c jour ».
loudin : en irlandais im-luadi, « il remue ».
mid : en irlandais mi « mois », gallois mis.
(1897), p. 703, 730 ; t. xxvi (1898), p. 163-180. Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1897, p. 411-414.
(1) Revue celtique, t. xix, p. 212-223 (cf. t. xxi, p. 10-27). On en retrouvera deux reproductions en fac-similé dans la même revue : la première due à M. Dissard, t. xix, après la page 212 ; la seconde due à M. Espérandieu, t. xxi, après la page 428.
G. DoTTiN. — Manuel de l'antiquité celtique. 7