‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 26 sur 158 · II. Mots celtiques dans lbs inscriptions · texte numérisé non relu

II. Mots celtiques dans lbs inscriptions

Les inscriptions gauloises qui sont au nombre d'une cinquantaine (1), constitueraient le fond de connaissances le plus solide que nous puissions atteindre pour le vieux celtique, si l'interprétation en était claire. Ces inscriptions se répartissent en trois groupes, d'après l'alphabet avec lequel oUos sont écrites : le nord-otrusque, le grec et le latin.

(1) .1. RiiYS, The Celtic inscriptiotis of France and Italy (Proceedings of ihe British Academy, vol. II). The Celtic inscriptions of Gaul, additions and corrections [Proc. of the Br. Ac, vol. V); Stokes, Celtic Declension {Bczzenberger's Beitràge, t. xi, p. 128- 141. Enumération bibliographique chez Espérandieu, Epigraphie romaine du Poitou et de la Saintonge, Paris, 1888, p. 116-118. On tronvora quelques reproductions dans le Dictionnaire archéologique de la (kiule, t. i et ii, planches.

1° Inscriptions en caractères nord-étrusques (1).

Il est a priori peu vraisemblable que ces in8criptions soient celtiques. Elles semblent dater de la seconde moitié du n" siècle avant notre ère. Plusieurs sont d'une lecture difficile.

La première, qui est maintenant au musée du Vatican, a été trouvée à Todi, en 1839 ; elle est bilingne. Les premières lignes sont en grande partie effacées, ainsi que le commencement de cbaque ligne de la première face. On a ainsi restitué la première face :

Ategnato Drutei urnum Coisis Drutei f frater eins miu nimus locauitet statuit.

Ateknati Trutikni karnitu artuas Koisis Truiiknos.

Voici la restitution de la seconde face :

Ategnato Drutei urnum Coisis Druti / frater eius minimus locauit et statuit qui.

Ateknati Trutikni karnitu lokan Koisis Trutiknos (C. /. L., I, n° 1408).

Si l'on retranche les noms propres qui se correspondent dans les deux textes, il reste dans le texte latin : urnum... frater eius minimus locauit et statuit, et dans le texte dit celtique : karnitu artuas d'une part, karnitu lokan de l'autre. La comparaison des deux textes nous montre qu'ils

(1) On trouvera ces inscriptions chez Pauli, Die Inschrijten nord-etruskischen Alphabets [Italische Foischungeji. t. i). La dernière édition est celle de Riiys, Tlie Celtic inscri plions of Cisalpine Gaul (Proc. of the Br. Ac., vol. VI).

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ne se correspondent pas exactement, et, de plue, que si le texte latin de deux faces est identique, le texte celtique est ,j différent. On ne peut donc tirer grand secours du texte latin, qui d'ailleurs est obscur.

Les langues celtiques ne nous fournissent rien de satisfaisant pour l'interprétation de l'inscription. On a rapproché lokan de lo « tombe » ? mot d'une inscription ogamique de Grande-Bretagne, artuas de l'irlandais art « pierre », et karnitu de l'irlandais carn « amas de pierre ».

Une seconde inscription, trouvée à Briona, dans le pays i de Novare, en 1864, et conservée dans le cloître de la ca- ' thédrale de Novare, a été lue ainsi :

Kui(n)tes asoioikeni Tanotaliknoi Kiii(n)tos Lekatos li Anokopokios Setupokios Esanekoti Anareuiseos Tanotalos karnitiis. Tekos toutious (C. I. L., V, p. 719).

Il semble qu'elle soit composée surtout de noms propres ; nous y relevons la terminaison-Av^oi, qui indique la filiation (cf., dans la première inscription, Koisis Trutiknos = Coisis Druti filius); et karnitus{cl. karnitu de la première inscription et /.otpvtToj dans une inscription d'Apt {C.I.L., t. XII, p. 822).

Kui?ites!, kuinfos (quintus), lekatos (legatus) sont sans doute latins.

La troisième inscription, découverte près de Limone, sur la rive occidentale du lac de Garde et conservée au musée de Brescia, est, s'il se peut, encore plus «bscure que les deux premières. En voici la transcription :

Tetumus Sexidiigiana sasadis toine ccaai nhaa anatina (C./.L. V, n''488).

Là langue

A l'exception de Sexti et de decuvi = dicavii ('?) qui semblent latins, l'inscription n'offre rien qui puisse être expliqué (1).

11 existe encore d'autres inscriptions plus courtes ou plus obscures que les précédentes ; parmi celles qui se réduisant à un ou deux mots on trouve quelques noms d'apparence celtique : Alkovinos, Atepu, Ritukalos, Namu Esopnio, Athiti, Latumarui.

2" Inscriptions en caractères grecs.

Ces inscriptions proviennent toutes de la Narbonnaise. Elles datent, comme les inscriptions en caractères latins, du temps de l'empire romain.

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