‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 30 sur 158 · Inscription de Nevers (C. /. L., XIII · texte numérisé non relu

Inscription de Nevers (C. /. L., XIII

Andecamulos Toutissicnos ieiirn.

8. Inscription de Couchey, au musée de Dijon {C. I. L., XIII, Dict. arch., n°' 6, 6 bis), gravée au pointillé sur le manche d'une patère en bronze :

Doiros Segomari ieurii Alisanu.

6. Inscription d'Alise-Sainte- Reine (C. / L., XIII, 2880, Dict. arch. n°7), sur un cartouche avec moulures et queues d'aronde.

Martialis Dannotali ieuru uciiete sosin celicnon (1) etic gobedbi dugiiontiio uciietin Alisiia.

7. Inscription de Sazeirat près Marsac (Creuse), au musée de Guéret [C. I. L., XIII, 1452) :

Sacer Peroco ieuru duorico u. s. L m,

8. Inscription trilingue de Genouilly (Cher) au musée de Bourges (C. /. L., XIII, 1326) :

Le texte latin et le texte grec sont incomplets.

(1) On a rapproché ce mot du gothique kêlikn « tour ». Beitràge de Kuhn, t. n, p. 108. Sur le sens de l'inscription, voir R. Thurneysen, Zeitschrift fur Celtische Philologie, t. vi, p. 558. On trouvera une photogravure de cette inscription dans Pro Alesia, t. i, p. 77.

lOO INSCRIPTIONS GAULOISES

Eliiontiu ieuru. uAneuno Oclicno Lugiiri Aneunicno,

9. Inscription de Lezoux (Puy-de-Dôme) au musée de Saint-Germain (Rhys, p. 56) :

Apronios ieuru. sosi... esu...

Si l'on compare entre elles ces inscriptions, on peut douter que le mot qu'elles ont en commun, ieuru (voir plus haut £'-(>j?ou) soit un verbe. S'il était tel. on ne trouverait sans doute pas dans l'inscription 7 v{otum) s{olvii) l{ibens)m{erito), et, dans l'inscription 8, ieuru ne serait pas mis en parallèle avec les noms propres Oclicno et Aneunicno. D'ailleurs, malgré les efforts desceltistes, on n'avait jamais pu déterminer quelle flexion verbale pouvait re[)résenter ieuru (1). Il est vraisemblable que c'est un nom propre au datif. Le seul mot que l'on puisse expliquer dans ces inscriptions à l'aide des langues celtiques est : ratin ; cf. irlandais raith, fort entouré de remparts en terre.

On trouve sur l'arc de triomphe d'Orange, sur des monnaies et des terres cuites, divers noms propres gaulois : Rextugenos, Aucirix, Sacrillos, suivis de auot, auuot, auotis, auoti qui pourrait être un verbe ou un nom gaulois, mais qui peut aussi s'expliquer simplement par le latin a votis, comme l'a fait remarquer R. Thurneysen.

10. Inscription de Néris les-Bains (Allier) actuellement à Paris au musée de Cluny {C. I. L., XIII, 1388) :

Bratronos N antonicn{os) epad Atextorigi leucullosu iorebe locitok (ou locitoe...)

Aucun mot de cette inscription, sauf epad (cf. epo-,

(1) Cf. Revue celtique, t. vi, p. 94 ; 191 ; t. vin, p. 237 ; Revue critique d'histoire et de littérature, t. xliv (189;), p. 149.

« cheval ») qui signifie sans doute « cava4ier », ne s'explique sûrement par les langues celtiques ; iorebe est peutêtre apparenté à ieuru ; est-ce un verbe, ou un datif pluriel?

11. Inscription de Séraucourt près Bourges, au musée de Saint- Germain, sur un vase {Revue archéologique, t. VI (1849), p. 555) :

Buscilla sosio legasit in Alixie Magalu.

Legasit semble un verbe à la troisième personne du singulier. Cf. le latin legavit.

On a découvert quelques autres inscriptions d'un moindre intérêt, et qui ne s'interprètent pas plus facilement par les langues celtiques (1), bien qu'on y reconnaisse quelques noms d'apparence celtique (2).

L'inscription gravée sur une plaque d'argent trouvée à Poitiers et conservée au musée de Saint-Germain doit être une formule médicale mélangée de grec et de latin :

Bis gontaurion analabis, bis gontaurion ce analabis bis gontaurios catalages s'explique sans doute par bis

xtvTaûpetov xal (8') àva).à6r|Ç bis xtvTaupsiov xaxaXXayfiî, et

n'offre, en tout cas, aucun mot celtique (3).

(1) Inscription d'Evreux (Stokes, dP 21 ; Rhys, n° 1 ; C. I. L., XIII, 3204) ; inscription de Beaumont conservée à Malaucène, Vaucluse (Stokes, n° 24 ; Rhys, n° 12 ; C. I. L., XII, 1351) ; inscription de Bavai, Nord (Stokes, n° 22 ; Rhys, nO 336 ; C. I. L., xiii, 1010, 2097) ; inscription de Thiaucourt Meurthe-et-Moselle (Stokes, n^ 27 ; Rhys, n° 33c).

(2) Stokes, Celtic declension, Bezzenberger's Beitràge, t. xi, p. 128-141.

[?>) H. d'Arbois de Jubainville, Revue celtique, t. i, p. 499 ; Ricochon, La tablette de Poitiers, Vienne et Paris, 1901. De même, on ne songe plus guère depuis Zeuss [Grammatica Cel-

102 1NSCR1PT10?(S LATIÎSES

Rien n'autoriBe non plus à regarder comme celtiques les formules magiques sur plaques de plomb trouvées à Rom (Deux-Sèvres) (1). On lit sur la tablette de Rom Cialli qui est à rapprocher de Ciallos (calendrier de Goligny).

4° Inscriptions en langue latine.

Ces inscriptions, comme les inscriptions grecques, ne comprennent guère, en fait de celtique, que des noms propres. Mais quelquefois on y peut découvrir des mots latinisés d'origine celtique. Tel serait le peirudecameto d'une inscription de Gélignieu^C /. L., XIII, 2494)qui est phonétiquement identique au breton pei'arzekved « quatorzième » , et qui pourrait s'expliquer par « le quatorzième jour », Sans doute aussi, dans la même inscription. Tricontis, comme l'a supposéH.d'Arboisde Jubainville (2), cor-

tica, 1'^ éd., p. XLviii) à interpréter par le celtique les formules médicales de Marcellus de Bordeaux, pas plus que les mots rares du giamniairien Virgile et les gloses malbergiques.

(1) C. JuLLiAN, Bei'ue celtique, t. xix, p. 168-170 ; Re^'iie des éludes anciennes, t. ii, p. 47-55, 136-141. Cf. Nicholson, Keltic researches, p. 132, 154 ; Rhys, The Celtic inscriptions of France and Ilaly, p. 94-98 ; Celtse and Galli, p. 37.

(2) Revue celtique, t. xxv, p. 361. Voici le texte complet de l'iiiscripliou : Memoriœ aeternai. M. Rufius Catullus curatot n(autarum) R(hodanicorum) vivus sibi et R(ufio) Rufiano f(ilio) Ruf(iie) Pupœ fil(iae) saciratœ fil(ia)) defunctae aniiorum XXII œdiclam cum vinea et mûris ad opus consummandum et tutelam eius et ad cenam omnibus tricontis ponendam denariorum Liaorum in perpetuum sic ut petFudecameto consumatur. Hoc opus sub ascia est ; hœc o(pera) s(ive) l(ocus) hc^redem n{on) s(t'quetur). Voir J. Loth, Comptes rendus des séances de l'Aradéniie des Inscriptions et Belles- Le tires, 1909, p. 10-28. Jin.i.iAN, lles'ue des études anciennes, 1. xiii, p. 351,

reâpond au breton tregont « trente », et désignerait, d'après J. Loth, les mois de trente jours.

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