IV
(3) Cf. A. Blanciiet, Revue des éludes anciennes, t. ix (1907), p. 181-183.
('^) Cf. Plutarque, César, 27.
(5) CÉSAR, Guerre de Caule, vi, 28 ; Cf. Pline, xi, 45, 126 ; Corpus inscriptiojium latinarum, t. xiii, n° 5708, 1. 28, où l'on trouve le testament d'un Lingon qui énumère un grand nombre d'objets mobiliers.
(6) Pline, Histoire naturelle, xviii, 28, 108.
(7) Bibliothèque, v, 28. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. v, p. G7.
des foyers flamboyants avec des chaudières et des broches garnies de quartiers entiers de viande. Strabon (1) dit que presque tous les Celtes couchent sur la terre et prennent leurs repas assis sur des lits de paille, d'herbe ou de feuillage 11 parlait sans doute de l'opoque où Poseidonios visita la Gaule, car Pline l'Ancien nous apprend que les matelas et les lits rembourrés étaient une invention gauloise (2).
Les Celtes de Cisalpine élevaient, pour se nourrir de leur chair, un grand nombre de porcs, que les porchers ralliaient du pâturage en sonnant de la trompe (3) Poseidonios nous apprend que les Gaulois mangeaient beaucoup de viande rôtie, bouilUe ou grillée et peu de pain [4). Le pain de froment était, d'après Pline (5 , très léger. On a trouvé, à la station de la Tène et à Murcens ainsi que dans d'autres oppida, des fragments de meules circulaires à bras plus ou moins semblables à celles des moulins rotatifs des Romains (6). Yarron avait vu, en Gaule Transalpine, près du Rhin, des contrées dont les habitants, n'ayant pas de sel marin ou fossile, se servaient des charbons salés de certains bois (7 . Les Gaulois ert particulièrement les Seqiiani faisaient, au temps de Strabon, un grand commerce de salaisons (8), non seulement avec Rome, mais avec la plu-
(1) Géographie, iv, 4, 3. Cf. m, 4, 16.
(2) Histoire naturelle, viii, 73, 192 ; xix, 2, 13.
(3) polybe, xii, 4.
(4) Athénée, iv, 36.
(5) Histoire naturelle, xviii, 12, 68. Sur le pain galatc, voir A. J. Reinach, Revue celtique, t. xxviii, p. 225. Sur le pain d'orge ou de millet, voir Pliise, xviii, 11, 62 ; 25, 101.
(•') Déchelette, Manuel, t. ii, p. 1386-1390.
(7) De l'agriculture, 1, 7. Cf. Pline, Histoire naturelle, ^x^i, ;!!>, 82.
(8) Strabon, iv, 4, 3 ; cf. iv, 3, 2 ; Martial, xiii, 54.
G Dot in. — Manuel de l'antiquité celtique. 11
NOLiRUITURE
part des autres marchés de l'Italie. Les jambons et la charcuterie des Gaules étaient renommés au f siècle avant notre ère (1). La graisse de porc tenait lieu dhuile (2). Les Marseillais connaissaient la bouillie d'orge, la farine de millet (3j. Le laitage était un des principaux aliments des Gaulois (4). On a trouvé au Mont Beuvray des débris de grands égouttoirs pour le fromage, Les habitants des côtes de la Méditerranée et de l'Océan se nourrissaient de poisson, qu'ils assaisonnaient avec du vinaigre, du sel et du cumin (b). Les Caledonii et les Maeatae, au contraire, ne tiraient pour leur nourriture aucun parti des poissons qui pullulaient chez eux et vivaient du proiluit de leurs troupeaux et de leur chasse et des fruits des arbres (6). J^es Bretons de l'intérieur de l'île ignoraient, au temps de César (71, l'agriculture et se nourrissaient de lait et de viande. D'autres, chaque jour, pour vivre, égrenaient les plus anciens des épis conservés dans des granges (8). Certaines de leurs tribus étaient si peu industrieuses que, bien qu'elles eussent du lait en abondance, elles n'en faisaient pas du fromage (9). D'autres vivaient d'écorces et de racines, et préparaient un aliment tel qu'il suffisait d'en manger la grosseur d'une fève pour n'avoir plus ni faim, ni soif (10).
(1) Varron, De l'agriculture, ii, 4 ; Athénée, xiv, 75.
(2) Denys d'Halicarnasse, XIII, 16.
(3) César, Guerre civile, ii, 22.
(4) Strabon, IV, 4, 3. Cf. A. Jacob, Revue de philologie, t. XXXVI (1912), p. 162-163.
(5) Athénée, iv, 36 ; cf. César, Guerre de Gaule, iv, 10.
(6) Dion Cassius, lxxvi, 12.
(7) Guerre de Gaule, v, 14.
(8) DiODORE, V, 21.
(9) Strabon, iv, 5, 2.
(10) Dion Cassius, lxxvi, 12.
La boisson ordinaire des Gaulois, au temps de Poseidônios, était une bière (1) faite de froment avec ou sans miel ; on l'appelait corma ; on y mettait aussi du cumin. Tous les convives buvaient dans la même coupe ; le serviteur la faisait circuler à droite et à gauche ; chacun n'avalait guère plus d'un cyathe (0 1 045), mais on y revenait. Diodore distingue deux sortes de boissons gauloises : une bière d'orge et de l'hydromel (2). La bière n'était, d'après Denys, qu'un jus fétide d'orge pourrie (3). Dioscoride déclare qu'elle donnait des maux de tète et qu'elle était nuisible aux nerfs (4). Aussi les Gaulois préféraient-ils le vin que leur apportaient les marchands d'Italie. C'était, déjà au 1-"^ siècle avant notre ère, la boisson des gens riches ; ils échangeaient volontiers un tonneau de vin contre un jeune garçon, et buvaient le vin sans mélange jusqu'à l'ivresse (o). Il y en avait qui, pour de l'argent ou un certain nombre de cruches de vin, s'étendaient sur leurs boucliers et se laissaient couper la gorge à condition que l'argent ou le vin fût donné à leurs parents après leur mort (6). Mais, au temps de César (7), les Nervii interdisaient qu'on introduisit chez eux du vin, ainsi que tous les objets de luxe. Les Celtibères buvaient du vin mélangé de
(1) Poseidônios chez Athénée, iv, 36. Cf. Dioscoride, ii, 110 ; Pline, xxii, 82, 164.
(2) DioDOKE, V, 26.
(3) Denys d'Halicarnasse, xiii, 16.
(4) Sur la matière médicale, ii, 110.
(5) Diodore, y, 26 ; Athénée, iv, 36 \ Ammien Marccllin (d'après Cicéron), xv, 12, 4.
(6) Poseidônios, chez Athénée, iv, 40.
(7) Guerre de Gaule, ii, 15.
(8) Diodore, v, 34.