QUINTILIEN, VI
. (10) Hérodien, III, 14, 7.
PAKUKE
bracelets. Le Gaulois mourant du Capltole porte un torques au cou ; six guerriers gaulois du sarcophage de la Vigne Ammendola présentent aussi cet ornement Le Gaulois de Montdragon a un anneau passé au bras. Le torques est souvent représenté sur lesmonnaiesgauloises (1). On le trouve aussi sur le monument de Biot ''2i.
On a trouvé de nombreux colliers en Gaule surtout à partir de l'époque à laquelle appartiennent les tombes de la Champagne; dans le territoire des Renii le torques était porté plus souvent parles femmes et les enfants que par les guerriers (3). Ce sont des colliers faits de tiges de métal lisses ou torses.
Très rare à l'époque de Hallstatt, le torques^ est, à l'époque de LaTène I, presque exclusivement porté parles femmes ; il disparaît presque entièrement des sépultures à partir de La Tène 11. C'est sans doute vers 300 qu'il devient l'insigne des chefs celtes. Les torques des femmes étaient en bronze ou en or, très rarement en fer, décorés quelquefois d'ornements en relief, de corail, d'émail onde disques ajourés (4).
Les bracelets et les anneaux des jambes, qui ne diffèrent souvent que par leurs dimensions, sont nombreux et varies à la seconde phase hallstattienne ; ils sont en bronze, ornés
(1) Blanchet, Traité des monnaies gauloises, t. i, p. 162.
(2) Laurent et Dugas, Revue des éludes anciennes^ t. ix, p. 64 ; EspÉRANDiEU, Recueil général, t. i, p. 31.
(3) J. DE Baye, Rulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1885, p. 208-213. Cf. Revue celtique, t. vu, p. 390 ; Dictionnaire archéologique de la Gaule, t. ii, planches ; Bertrand, Archéologie celtique et gauloise, p. 265 ; A. Nicaise, Le port féminin du torques chez certaines tribus de l'Est de la Gaule, Chàlons, 1886. Ci'. Matériaux pour l'histoire de l'homme, t. xx (1886),
(4) DÉCHELETTE, Alaiiuel d'urchéologie, t. ii, p. 1211-1217 (£ig.)
LES PErsS<»>>ES ET LES COUTUMES \'U
de godrons, de côtes, de traits parallèles ; en fer ; en lignite. Les modèles en sont très variés ; creux ou pleins, ouverts ou fermés ; cylindriques, en forme de turban ou de tonnelet, de sphéroïde aplati (!).
A l'époque de la Tène, le bracelet est un des éléments les plus communs de la parure féminine; il est souvent placé au-dessus du coude; il est généralement eu bronze, quelquefois eu fer, en lignite, en verre, en ambre, très rarement en or ou en argent (2).
On a trouvé dans des tumulus de l'époque de Hallstatt des anneaux et des petits manches d'instruments de toilette en ivoire tourné (3), ainsi que des trousses de toilette comprenant d'ordinaire une pince, un cureoieille et un grattoir passés dans un anneau (4). Ces trousses, en bronze ou en fer, subsistent à l'époque de la Tène ; elles comprennent souvent de petites cuillères perforées (o).
Les épingles employées comme parure de tète à l'époque de Hallstatt se terminaient soit en cou de cygne, soit par plusieurs sphéroïdes superposés ; elles comportaient le « protège-pointe » (G).
Les perles de verre servant de grains de colliers sont rares à l'époque de Hallstatt ; elles sont bleues avec une zone blanche en zigzag, ou jaune orange avec des yeux formés de zones bleues et blanches concentriques. A l'époque de la Tène I domine la perle en verre bleu avec des yeux
(1) DÉCHELETTE, Monuel, t. II, p. 832-843 (H^.).
(2) DÉCHELETTE, Muiiuel, t. II, p, 1218-1230 (fig.)
(3) DÉCHELETTE, Maiiuel, t. II, p. 875 (fig.).
(4) DÉCHELETTE, Mcmucl, t. II, p. 879-883 (fig.).
(5) DÉCHELETTE, Maiiuel, t. H, p. 1271-1278 (fig.).
(6) DÉCHELETTE, Muiiuel, t. II, p. 843-845 (fig.).
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blancs et bleus ; à l'époque de la Tène II, l'œil est remplacé par une spirale (1).
A l'époque de Hallstatt, les pendants d'oreilles en bronze sont ou de petits croissants creux, ou de petits rubans fermés par un crochet ; on trouve aussi des pendeloques coniques que l'on passait sans doute dans les boucles d'oreilles (2).
A l'époque de la Tène I, les pendants d'oreilles ont une forme dérivée du croissant ; on en trouve quelques-uns en or (3).
Les bagues, très rares à l'époque de Hallstatt, sont fréquentes aux diverses périodes de la Tène ; elles sont le plus souvent en bronze, rarement en fer, en or ou en argent. Les femmes les portaient à la main droite ou aux deux mains.
Les Celtes portaient les cheveux longs ^4). La Gaule tran-j salpine a été surnommée par les Romains Gallia Comata (o).
Les Gaulois lavaient fréquemment leurs cheveux avec une! lessive de chaux, et les relevaient (6) du front vers le som-l met de la tête et la nuque, en sorte qu'ils ressemblaient àj des Satyres ou à des Pans. Leurs cheveux devenaient sij rudes qu'ils ne différaient en rien des crins de chevaux. Quelques-uns se rasaient la barbe et d'autres la laissaient^
(1) DÉcHELETTE, Manucl, t. II, p. 870-872 (fig.) ; 1314-1322.'
(2) DÉCHELETTE, Manuel, l. ii, p. 841-843 (fig.)-
(3) DÉCHELETTE, Maiiuel, t. II, p. 1263-1264 (fig.).
(4) Strabon, IV, 4, 3 ; Denys d'Halicarnasse, xiv, 9, 15 ; LucAiN, i, 442.
(5) CicÉRON, Philippiques, viii, 9, 27 ; Pline, Histoire naturelle, IV, 31, 105.
(6) Appien, Histoire romaine, iv, 8. *
croître modérément, mais les nobles se rasaient les joues et laissaient pousser leurs moustaches en sorte qu'elles leur couvraient la bouche ; quand ils mangeaient, la nourriture s'y embarrassait et quand ils buvaient, la boisson y passait comme à travers un crible (1). Sur les monuments, les Gaulois sont caractérisés par une chevelure épaisse et rude. Les trois angles supérieurs du sarcophage de la Vigne Animendola se terminent par deux têtes d'hommes et une tête de femme ; les cheveux sont très longs et partagés en touffes épaisses. Les guerriers figurés sur le bas-relief ont de longs cheveux flottants ; comme les têtes d'hommes qui ornent les angles, ils portent une longue moustache, mais tandis que celles-ci ont à peine une courte barbiche au menton, ils ont des barbes assez longues et incultes. Le Gaulois du Capitule et celui de la villa Ludovisi portent seulement la moustache. Le Gaulois de 'V^enise est barbu. Les monnaies portent, de même, tantôt des têtes à longue barbe et à longs cheveux, comme le chef gaulois du denier de L. Hostilius Saserna, tantôt des têtes ayant seulement la moustache, comme sur des monnaies frappées par les Senonesk Rimini (2). Le jeune Gaulois mort de Venise est imberbe. On trouve à l'époque de Hallstatt des lames de bronze en forme de demi-lune et tranchantes à l'extérieur, munies ou non de pédoncules, lesquelles semblent avoir été des rasoirs (3). Ces lames sont en fer à l'époque de la Tène (4). C'est à cette époque aussi que l'on trouve des ci-
(1) DioDORE, V, 28. Cf. Pline, xxviii, 51, 191.
(2) Reinach, Les Gaulois dans l'art antique, Revue archéologique, t. XII (1888), p. 273, 284 ; t. xiii (1889), p. 11, 323 note, o33.
(3) A. Bertrand, Archéologie celtique et gauloise, 2" éd., p. 292-300, 440-447 ; Déchelette, Manuel, t. ii, p. 878 (fig.).
(i) Déchelette, Manuel, t. ii, p. 1278-1280 (fig.).
G. DoTTiN. - Manuel de l'antiquité c4tique. 12