CUIRASSES
ovales en osier recouvert de peau, souvent de la taille d'un homme (1).
Diodore nous dit que chez les Gaulois, les uns portent des cottes de mailles de fer et que d'autres, contents de leurs avantages naturels, combattent nus (2). D'après Varron, la cotte de mailles en fer, sorte de tunique formée d'anneaux, est d'origine gauloise (3). A la Tiefenau, en Suisse, on a trouvé des restes d'une cotte de mailles de ce genre (4).
Le chef gaulois de Vachères (Basses-Alpes) porte une sorte de haubert en mailles de fer (o). Sur les trophées de Pergame est figurée une cotte de mailles ainsi qu'une cuirasse ornée de croix gammées et de signes en S (6). Le guerrier de Grézan, qui peut être un Celto-grec, porte une cuirasse ornée de dessins géométriques (7). Les Celtes qui combattirent Antlochus Sôter portaient des cuirasses de bronze (8).
On trouve, h l'époque de Hallstatt, quelques cuirasses en bronze de type grec archaïque (9).
Le roi des Gaesaii tué par Marcellus avait une armure (TiavoTrÀîa) ornée d'or, d'argent, de broderies et de vives
(1) Joyce, A social hislory of ancient Ireland, t. i, p. 125.
(2) Bibliothèque, v, 30, 3 ; cf. 29, 2 ; Tite Live, xxxviii, 21, 9 (Gaulois d'Attale).
(3) Delà langue latine, v, 24, 116. Cf. au contraire Polybe, vr, 23, 15. Mais chez les Aedui, il y avait des gladiateurs couverts d'armures en fer {cruppcllarii). Tacite, Annales, ni, 43.
(4) Gross, La Tène, p. 26.
5) Revue archéologique, t. xsiu (1893), p. 270, pi. xix ; S. Rei- NACH, Répertoire de la statuaire ii, p. 196.
(G) S. Reinach, Revue archéologique, t. xiii (1889), p. 199.
(;) EspÉRANDiEC", RecucH clcs bas-rcUefs de la Gaule romaine, t. I, p. 295.
(8) Lucien, Antiochos, 8. Cf. Appien, Syriaques, 32,
(9) Déchelette, Manuel, t. 11, p. 719.
L ETAT
couleurs (1). Le chef boïen Crixus, lue en 218, portait, d'après Silius Italicus, une cuirasse de cuir recouvert de liu plissé (2). Mais les Celtes qui envahirent la Grèce et ceux qui prirent Rome n'avaient pas d'autre arme défensive que le bouclier (3). Les Gaulois d'Annibal étaient nus jusqu'au nombril (4).
Les casques sont en airain, garnis de grandes saillies, et donnent à ceux qui les portent un aspect tout fantastique. A quelques-uns de ces casques sont fixés des cornes ; à d'autres, des figures d'oiseaux ou de quadrupèdes en relief (S). Ceux des Celtibères portaient une aigrette de pourpre (6). On voit des casques à cornes, quelquefois munis de joues (7), sur l'arc de triomphe d'Orange, sur le monument de Biot, sur le monument des Jules à Saint-Remy, sur le vase d'argent de Gundestrup, sur des monnaies romaines représentant des Gaulois (8) ; mais, sur des monnaies gauloises, le casque est une simple calotte sphé-
(1) Plutarque, Marcellus, 7 ; 8 ; cf. César, 27.
(2) Puniques, iv, 290.
(3) Pausanias, X, 21, 2 ;'Denys (I'Halicarnasse, xiv, 9, 13 (Discours de Camille)
(4) TiTE LivE, XXII, 46.
(5) DioDORE, V, 30. Cf. Revue archéologique, t. xxix, (1875), r. 244, pi. IX ; t. ii, (1883), p. 273, (fig.) ; t, xiii (1889), p. 199. Les cîsques des Cisalpins sont mentionnés par Silius Italicus, I, 624 iv 213 ; mais les casques coniques sont attribués aux LigureSj i, 627. Le texte de Diodore a été rapproché par Bertrand (Rei^ue archéologique, t. xxiv (1894), p. 167), d'un texte de Plutarque (Marius, 26) sur les casques des Cimbres, qui se terminaient par des mufles de bêtes sauvages.
(6) Diodore, v, 33.
(7) Rei^nie des études ancienues, t. iK,-pl.v. Espérandieu, iîecueiZ général, n°^ 24, 114.
(8) Revue archéologique, t. xxiv (1894), p. 162.
G, DoTTiN. — Manuel de l'antiquité celtique. 19