‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 22 sur 80 · ALI.AITEMENT PAU UNE NOURRICE MERCENAIRE · texte numérisé non relu

ALI.AITEMENT PAU UNE NOURRICE MERCENAIRE

erterne lorsciu’ellc conliiuie à deineiii’er chez elle. Le choix d’une nourrice clanL chose iinporlanle el d('dicale, nous allons entrer dans <|uelqucs détails.

La nourrice ne doit être ni trop jeune ^ ni trop âgée ; dans le premier cas comme dans le second, on risque de voir la quantité de lait diminuer et devenir insuflisante au bout de quelques mois. C’est surtout quand elle a de vingt à trente ans que la nourrice est préférée ; cependant, il n’est pas rare de voir des femmes qui, ayant dépassé cet âge et ayant déjà élevé d’autres enfants, allaitent avec un grand succès.

La nourrice devra être accouchée depuis deux mois au moins, quand on lui confiera un nouveau-né ; sans cela, elle peut ne pas être complètement rétablie, avoir des pertes blanches ou rouges, des crevasses du sein, etc. Un lait de huit à dix mois ne convient pas toujours au nouveau-né ; cependant on voit des femmes qui, après avoir achevé une nourriture, allaitent avec succès un second enfant.

Avant d’arrêter son choix sur une nourrice, il ïixuiV examiner arec soin. On verra si elle parait bien portante, si sa mine respire la santé ; on s’occupera de ses antécédents et de ceux de son mari au point de vue de la tuberculose, de la syphilis, etc. On cherchera à savoir si elle tousse habituellement et si elle a des éruptions cutanées ; on regardera la surface du cou pour voir s’il existe des cicatrices, des traces de scrofule ; on inspecteiai les dents pour s’assurer qu’elles ne sont pas cari(‘es et qu’elles permettent une bonne mastication, une bonne alimentation par conséquent. Les mamelles seront étudiées : ce ne sont pas toujours les seins les plus gros qui sont les meilleurs, mais ceux dont le tissu glandulaire forme des nodosités faciles à sentir à travers la peau et qui otfrent à leur surface des veines bleuâtres, prouvant que la circulation est active. Le mamelon doit être bien conformé, non ombiliqué ; on s’assurera en pressant entre le pouce et l’index au niveau de l'aréole, d’avant en arrièi’e et de dehors en dedans, ({ue le lait jaillit facilement.

L’étude du fait lui-même faite à l’œil nu ne donne pas beaucoup de renseignements: on peut le l’ecueillir dans une cuiller ou sur l’ongle pour voir s’il est plus ou moins (‘pais, c’est-à-dire plus ou moins riche en éléments nutritifs. Il ne faut j)as oubliei* que, si le sein n’a pas été vidé dej)uis quelque temps, le j»remier liquide <|ui s’écoule est généralement très a(jucux ; c’est celui (pii sort à la (iu de la bdée qui doit

IluoiN. — Allaitcinonl. ü

ALLAITEMENT AU SEIN

siiiToiil, cire regardé. Nous avons indique (Voy. p. T6) comincnl il faul procéder pour recueillir le lail lorsqu’on veut en faii’e faire l’analyse cliiniiquc.

Le meilleur moyen pour apprécier la valeur d’une nourrice consiste à examiner son enfant \ on ne doit jamais manquer de le faii'e. Si, en ellet, il est petit, maigre, souffreteux, au teint bistiv, à la tigui'e ridée, sa mère n’est pas une bonne nourrice ; elle l’est, au contraire, si l’enfant est gros, gai, bien portant, si ses chairs sont fermes et s’il prend exclusivement le sein.

Il arrive assez souvent, lorsqu’une femme quitte sou propre enfant pour se placer, qu’on constate une baisse de lait pendant les jours qui suivent ; l’ennui qu’elle éprouve, le cliangemenl d’habitudes, etc., expliquent sans doute ce phénomène. On ne doit pas s’en inquiéter outre mesure et refuser de conserver la nourrice, car en général la sécrétion lactée se rétablit assez rapidement. La balance servira encore de guide pour apprécier avec exactitude aussi bien la production du lait que l’état stationnaire ou l’accroissement de l’enfant.

Tout ce que nous avons dit relativement à l’hygiène et à ralimenlalion de la femme qui allaite son nouveau-né, s’applique aussi à la nourrice mercenaire; nous n’y reviendrons pas.

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