‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 21 sur 80 · ALLA ITK.MENT LA H LA MERE · texte numérisé non relu

ALLA ITK.MENT LA H LA MERE

(leiimiuler, siirlont dans les grandes ^'ille&, si la mère peut impunémenl faire les frais d’un allaitement et d’une grossesse simultanés.

Le ])réjugé j)opulaire relatif aux femmes enceintes qui seraient des nourrices dangereuses n’a donc pas de raison d’être.

Influence sur l’allaitement des états pathologiques qui existent chez la mère. — Xous parlerons successivement de quelques affections aiguës et de certaines maladies chroniques.

Affections aiguës. — Une question qui embarrasse fort le médecin est la suivante : Lorsqu’une femme nourrit et que quelques jours ou môme quelques semaines après l’accouchement surviennent des accidents fébriles dus à des causes diverses, faut-il continuer l’allaitement? Doit-on, comme le veulent souvent les familles, quand il s’agit de nourrices mercenaires, l’interrompre temporairement ou définitivement ? D'assez nombreuses observations ont été réunies sur ce sujet, dans les dernières années (Budin, Berret, LL Roger).

Chez une femme atteinte A angine inflammatoire^ nous avons conseillé de laver soigneusement le sein de la mère, de laire téter l’enfant, puis de l’éloigner, de le transporter dans une autre pièce. Toutes les deux ou trois heures il était allaité dans les mômes conditions. La mère guérit et son bébé ne piM'senta aucun trouble.

Quand il s’agit de la grippe., on peut procéder de même. Dans certains cas graves, on a vu la sécrétion lactée se tarir et ne point se rétablir, mais généralement il n’en est pas ainsi, et en prenant des jirécautions afin que l’enfant ne contracte pas la maladie de la mère, on peut continuer rallaitement. H. Roger a laissé de même des femmes atteintes d’érysipèle nourrir leurs enfants.

Dans les cas de lymphangite du sein apparue peu de temps après la délivrance, il importe de ne pas interrompre complètementLallaitement, qui est en train de s’établir, car on pourrait avoir queb[ue peine à faire i-evenir le lait; on devra seulement, s’il est nécessaire, diminuer la fréquence des tétées.

De grandes précaulions sont indispensables lorsqu’il y cv galactophorile., afin que du j)us ne pénètre pas dans le tube digestif de l’enfant. On est obligé souvent de faire cesser momentanément l'allaitement du côté atteitit, mais il faut y revenir aussitôt (|ue possible; en cll'et, si la femme n’ayant plus ([u’un sein qui fonctioune, l’autre devient malade à son tour, l’allaitemont artificiel s’impose [)our l’enfant. Cor-

ALLAITEMENT AU SEIN

laines mères, ayant eu, à la snilc (rnn accouchemenl antérieur, un abcès du sein, se refusent à donner à téter du côté qui fut malade. 11 faut lutter contre cette manière de voir, car si la mamelle restée normale est ])ar hasard atteinte et ne produit plus, c’est encore au lait de vache qu’il faudra recourir. Ces questions sont plus importantes qu’on ne le croit au premier abord; certes, la santé générale et la vie de la mère ne sont pas compromises, mais il n’en est j)as de même pour celles de l’enfant qui se trouve ainsi condamné à l’allaitement artificiel beaucoup plus dangereux pour lui.

Lorsque surviennent des de couches peUho logiques wnqc élévation

notable de température, nous ne cessons point de faire mettre l’enfant au sein ; nous procédons môme au curage digital et à l'écouvillonnage de l’utérus, avec anesthésie chloroformique, sans que l’allaitement en soit le moins du monde troublé. Citons un exemple pris entre beaucoup d’autres.

La nommée M... 111 pare, journalière, accouche spontanément le ;20 février 1901, d’une fille vivante pesant 3.300 grammes. Le troisième jour, la température axillaire s’élève à 38°6 (Voy. lig. 23). En pratiquant le toucher on trouve un utérus rempli de caillots très fétides. La malade est montée au service d’isolement où, dès son arrivée, on lui fait un écouvillonnage. Après l’intervention, la température s’élève à 39"8, puis elle s’abaisse progressivement; le 26 février, elle est et reste constamment au-dessous de 37°. La malade part chez elle parfaitement guérie.

L’enfant, exclusivement nourri par sa mère, a toujours augmenté de 50 grammes en moyenne par jour et, le 1°*' mars, il pèse 3.360 grammes.

Les malades ont même dans ces conditions une résistance qui surprend beaucoup. Nous en avons observé qui, ayant été très soutfrantes pendant longtemps, n’en ont pas moins fait de bonnes nourrices. Chez une femme accouchée pendant les vacances, en octobre 1900, l’état pathologique jiersista pendant quarante jours. L’enfant, qui pesait à sa naissance 2.660 grammes et tomba à 2.500 grammes, fut nourri par sa mère malade ; il se développa si bien que, au moment de sa sortie, le i'5® jour, il pesait3.775 grammes; il avait augmenté de 1 .275 grammes en (|uarante-cinq jours, c’est-à-dire de 29 grammes en moyenne par joui'.

On comprend qu’après avoir vu de semblables cas, nous ayons fait

A IJ.A ITI'niHNT l'A15 LA ,M K IIK

(‘Oiiliiiuor rallailcineiit. avec succès pcmlaiil cerLaiiics el mcTuedans un ào, pleiuite léijère.

Xous nous (Ic?)iandoiis toujours, eu elTet, ce que devieiidroiit les

eiiCaiils des reiiimes du j)eu|)le si ou cesse de les nieltre au sein de leur mère.

Doue, d’uiie ra(;ou U('“ raie, ou peut, ou d<u’t même couseilh'r de lU' pas iutcrrompi-e rallaitcmeiit (die/ une reumie (pii se trouve allidute

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A U. A ITERENT AC SE1\

(|iioi-(lii rcslo (jiie n’csl poiiil grave, sinon on la vcri-ail se larir.

.Mais dans ces cas, on s’en Ion rera de (onles les j)récanLions nécessaires pour évitci' (|iic renlVinl con (racle l’aUécdion de sa mère, on laveni les seins avec une solnlion faible de snbliim' d'abord, puis avec de l’t'an bouillie; on isolei'a 1 cnlanl, en debors des lel.<‘es, snrlonl dans les cas d’aneclions grij)pales, d’angine, (r('rysipèle. .Nous soinines convaincu ([n’cn agissanl ainsi on rendra un réel service, non senleinenl, aux mères, à (pii on évitera les ennuis d’un sevrage |)rémalnré, mais sniloül aux enfants (|ui continueront à recevoir le lait maternel (jue tons nos elloids doivent tendre à leur conserver.

Ilien entendu, il faut toujours tenir grand compte des forces de la femme et ne jamais laisser compromelti'c son existence.

Ajfections chrou'ujues. — La liil)erriilosc csl-ellc une conlrc-indication à l’allaitement? Il semble (|ue la. question ne devrait même pas se poser, cependant elle mérite d'être discuti'e. Certes, si la tuberculose est ouverte, si la femme est a(faiblie,si elle a de la lièvre, il n'y a ]>as de doute: dans son intérêt, dans celui de son enfant, lu mère ne doit pas nourrir; elle confiera son Ix'dx' à une nourrice mercenaire ou prati- (|uera l’allaitenient artiliciel. Mais au début, lorsqu’il n’existe (jiie des soup(}ons de tuberculose ou seulement de très légères lésions, l’allai temenl artiliciel fait courir de tels dangers à l’enfant dans les premières semaines, qu’on peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux recourir d’abord à rallaitement au sein, puis arriver vite à l'allaitement mixte et à l'allailement arliliciel, (jui sont alors lieaiicoup mieux supiiorlés. On éviterait à la mère les grandes fatigues auxquelles elle serait exposée avec un enfant soulfrant et elle ])Ourrait malgré tout guérir. Nous avons vu plusieurs faits de ce gen re. L’auscultation attenlive et fnapiemment répiHi'c, les |>esées hebdomadaires de la mèi*e, son asjiect général, clc., ser\ent à nous guider.

Mais en debors des cas d’alfcctions jmlmonaires chroniques ipii peuvent nécessiler la cessation jilus rapide de rallaitement ou mêim* enij)ê<dier (pi'on ne mette l’enfant au sein, il y a certains ('dais palhologi(pies (pii soni encore des sources de discussions et (pii exigent des recherches nouvelles. Ibir exemjiie, une femme (jui a de Y tdfnuninurie de la grossesse ou des attaques d’éclampsie el clie/ bupielle, ajirès raccoiichemenl , l’examen de l’iirine di'^cèle encore la pn-sence de ralbiimine, doiUdle allaiter son eiifani? C’esI là un sujel d’une grande

A L 1. A l ï E i\r E N T PAUL A M E II E

importance. Léon Dumas et surtout Paul Gassin avaient déduit de leurs observations que toutes les femmes qui demeuraient albuminuriques au delà du troisième jour après raccouchement devaient cesseide nourrir.

La question en était restée là lorsque, en 1896,1e D‘’ Gamulin reprit cette étude. 11 réunit 150 observations recueillies pendant le séjour des femmes à la (dinique Baudelocque et formula ainsi qu’il suit son opinion. «Nous nous croyons autorisé à conclure que les enfants d’albuminuriques, nourris par leurs mères, se développent et augmentent de poids dans les mêmes proportions que les autres enfants;

«Que, d’autre part, les femmes albuminuriques qui allaitent leurs enfants, même en .étant au régime lacté absolu, retirent le bénéfice que procure à toute femme cet acte pliysiologique et n’éprouvent pas de retentissement fâcheux, ni du côté de l’albuminurie, ni du côté de leur étal général. »

Il s’en suit donc que toute femme albuminurique peut et doit allaiter son nouveau-né. Depuis 189!2, nous avons successivement étudié cette question, avec le D'' Cbavane, dans les difïV'rents services par lesquels nous sommes passé. A la Charité, où nous n’avions que des nourrices sèches, nous faisions nourrir toutes les femmes, même les albuminuriques, et il n’en résultait aucun inconvénient, ni pour les mères, ni pour les enfants; aussi avons-nous, depuis, continué cette pratique. Les résultats ont été excellents et l’albumine disparaissait généralement au bout de quelques jours.

Mais quand l’albumine persiste, que deviennent les femmes, et que se passe-t-il pour les enfants? Grâce à nos Consultations de nourrissons, nous avons pu, ce que n’avaient point fait les dilTérents auteurs, suivre plusieurs nourrices albuminuriques pendant un certain nombre de mois après leur sortie de riiôpital. .Jusqu’ici, tous les cas que nous avons vus ont guéri complètement, les uns très ra*pidement, les autres seulement a|)rès deux ou trois mois. Dans deux faits, la mère n’ayant pas de lait en quantité suffisante, on a dû recourir à l’allaitement mixte.

Lue de nos malades, qui avait eu des attaques d’éclampsie et avait accouché prématurément d’un enfant débile pesant I.'kJO grammes qu’elle avait allaité, est devenue de nouveau enceinte; l’albuminurie n'a point reparu et elle a fait encore une excellente nourrice.

Nous conclurons de toutes nos observations (jne, contrairement à

AI.LAITKMENT AU SEIN

ro|)inion roi'imih'c iiuli-cCois, lus femmes ({ui onl de ralbuminiirie de la grossesse, môme (■elles ([ui ont eu des al, Laques dV'clampsie, j)euvenl uouiTir leurs eufauls.

Souvent, la disparition de ralhumine a lieu l'apidement et l’allaitemeuLse poursuit sans rien pr(‘senter de particulier.

Ouand ralhumine persiste, ce qui est exceptionnel, rallaitement peut néanmoins être continué et la guérison déünitive de la mère n’en paraît ])as empêchée.

Ouand la mère n’a pas une quantité suffisante de lait, on peut recourir à l’allaitemenL mixte.

Il est évident que la mère et les enfants devront être surveillés avec soin ; l’allaitement au sein ])ourra être suspendu dans les cas où il surviendra des com{)lications et des contre-indications.

One se passe-t-il dans les maladies du cœur de la femme? L’allaitement est considéré comme devant être absolument interdit, surtout de|)uis les travaux de Peter. Cependant, nous avons vu des femmes (jui, malgré nous, ont, pendant quelque temps, voulu donner le sein et l’on fait avec succès. Il y a donc quelques réserves à faire ; c’est une ([uestion qui mérite d'être étudiée de nouveau.

Peut-on laisser nourrir certaines femmes atteintes àe, troubles cérébraux chroniques^ idiotes^ les épileptiques^ eic.? Il est possible, que, surtout en ce qui concerne ces dernières, cela soit dangereux pour l’enfant qu’elles peuvent laisser tomber ; mais que faii’e quand il s’agit de femmes pauvres, n’ayant pas le moyen de conüer leur bébé à une mercenaire? Du reste, placé chez une nourrice non surveillée ou mal surveillée, que deviendrait cet enfant?

Nous avons laissé nourrir une femme qui avait été soignée

à la Salpêtrière. t^enVlant l’allaitement, ses accès étaient rares; quand elle les sentait venir, elle déposait son enfant sur un lit, sur une table ou sur une chaise, atin qu’il ne lui arrivât rien : en somme, elle a fait une assez bonne nourrice.

Nous avons vu des minus liabens. Chez l’une, nous dûmes recourir assez vite à l’allaitement mixte, parce qu’elle n’avait pas assez de lait, puis à l’allaitemeiit artiliciel, parce (|u’elle n’en produisait plus du tout. Plie était à peu près inconsciente; elle ne savait souvent pas où elle se trouvait, mais elle se l•a])])elait toujours le numéro de la Mater-

AU.AlTlilMENT PAU LA MERE

iiilr, boulevard de ForL-Hoyal, afin d’y prendre cjuolidiennemenl son lail et d'y amener son enfant an jour lixé pour notre consultation. Le bébé était tenu très proprement, sa courl)e générale a été presque normale.

Cliez ces femmes idioles ou atteintes de troubles cérébraux, il est évidemment quelquefois difficile d’obtenir qu’elles obéissent à tous les conseils qu’on leur donne; cependant, avec de la patience, on y parvient, et grâce à leur instinct maternel, on finit par triompher de tous les obstacles. Que deviendraient leurs enfants si on les confiait, à la campagne, à des nourrices étrangères? Et la mère, qui est incapable de travailler, rend au moins service à la société en élevant son enfant.

Difficultés de l’allaitement. — Nous passerons successivement eu revue les difficultés de l’allaitement qui peuvent tenir soit à l’enfant, soit à la mère.

Difficullésdel'allallemenl qui dépendent de d enfant. — Dans le mécanisme de l’allaitement, il y a deux choses: d’abord la succion, qui fait passer le lait du sein de la mère dans la bouche de l’eu faut, puis la déglutition qui, de la bouche du nourrisson, fait descendre ce liquide dans ro^sophage et l’estomac.

La succion est due au mouvement de la langue qui fait le vide, de sorte que le lait jaillit dans la bouclie de l'enfant. {Voy. p. 18 et suivantes et lig. 8.1

l’our le mouvement de déglutition, la langue commence par s’appliquer sur la voûte palatine, puis le voile du palais se relève et, venant se i)lacer sur la face antéi'ieure de la colonne vertél)rale, il ferme Eorilice j)Ostérieur des fosses nasales; en môme temps, le larynx s’élève et l'épiglotte se renverse sur son orifice supérieur qui se trouve ainsi clos. Le lait, cluissé par la langue (]ui se soulève, arrive dans la partie postérieure de la cavité buccale et descend directement dans Lœsopiiage. ‘\oy. J). 19 et suivantes et fig. 0.)

Si (|uelque trouf)le survient dans les phénomènes de succion d’une part, de déglutition d’autre ]>art, il en résulte des difficultés pour rallaiterneiit, et si le nourrisson ne prend pas en quantité suffisante, il dépérit.

l/enfant res[)ire normalement j)ar les fosses nasales; or, quand il a du conjza, il ne peut |dus le faii’e ; à chaque instant, il ouvre la

ALLAITEMENT AU SEIN

bouche pour respirer, (piüLe le sein et cesse de téter. Il se fatigue très vite, prend moins de lait, et si on ne veille pas, diminue de poids au lieu (raugmenter. Il faut alors peser avec soin les tétées et obliger l’enfantà absorber les quantités qui lui sont nécessaires.

Si l’enfant a du mufjiiel, qui détermine une irritation de la muqueuse buccale, il exécute difUcilement des mouvements de succion etsoulfre ; il cesse de téter. La diminution de poids constatée à la pesée quotidienne indiquera qu’il faut, comme dans le cas précédent, surveiller attentivement l’enfant lorsqu’il est mis au sein.

Quand le nouveau-né a un bec-de-liècre compliqué^ il ne peut appli- ([Lier ses lèvres sur le bout du sein, ni bien l’entourer de façon à faire le vide. Il échoue de môme dans les cas particuliers où il y a seulement communication entre la cavité buccale et les fosses nasales. Loi-sque, la bouche de l’enfant étant normale extérieurement, cette communication existe, ce qui échappe souvent à l’observation, on peut croire que l’enfant tète, alors qu’en réalité il n’absorbe pas ; en le mettant sur le plateau delà balance avant et ajirès la tétée, on constate que, malgré les mouvements des lèvres qu’il a faits, il n’a rien avalé.

Dans ces conditions, on est obligé de nourrir l’enfant soit à la cuiller, soit au verre. Nous avons personnellement recours au procédé suivant, qui nous rend de grands services. Nous prenons une grosse tétine fendue à son extrémité ; cette tétine est placée sui- une bouteille remplie de lait qu'on incline et dont on élève le fond. Le lait descend alors dans la tétine. La moindre pression exercée sur elle par le rapprochement des gencives détermine le jet d’une petite quantité de lait dans la bouche de l’enfant, qui n’a plus qu’à faire un mouvement de déglutition.

La brièveté du frein de la langue ou filel est considérée comme gênant la succion et la déglutition, en empêchant l’organe d’avoir une moliilité suffisante et de s’appliquer exactement sur la voûte palatine. Il n’en est rien; du reste ce frein n’est pas en fil de fer, il est constitué par du tissu plus ou moins souple, élastique, qui se laisse tirailler.

Lutin, il peut y avoir des états pathologiques accompagnés de lièvre, gri])pe, bronchite, etc., qui font que l'enfant n’a pas faim, et tète mal. Parfois cependant, malgré l’élévation de température, l’alimentatiou est normale.

JJifficullé-s de l' allaitement qui dépendent de la mère. — L’épiderme, qui recouvre le bout du sein, jjrésente très peu d’épaisseur et il peut

ALLAITKMliNT l'Ail LA M K R L

üo

(i-ôs racilemciiL devenir le siège de lésions. Clie/. ccrlaincs femmes, par -nile de la sortie du eolostrimi dans les derniers temps de la grossesse, il se foLine des croûtes sur le mamelon ; sons ces croûtes, l'épiderme est très fragile. Il est donc nécessaire, avant de mettre l’enfant an sein, d'en laver le bout avec de l’eau bouillie, chaude ou tiède, puis avec une solution alcoolisée au tiers, composée, par conséquent, en mettant une cuillerée d’alcool à 90'^ dans deux cuillerées d’eau bouillie. On y ajoute un peu de glycérine. L’alcool donne plus de fei'meté. plus de consistance à l’épiderme, la glycérine le rend souple.

Si l'enfant est resté trop longtemps au sein, s’il tire trop fort, on voit se produire une véritable ecchymose, sous forme d’une bande noire, d’habitude dirigée transversalement. Il a fait ventouse avec sa langue, du sang s’est épanché sous l’épiderme et quand cet épiderme tombe, il se |)roduit des gerçures, des ulcérations, des ci’evasses.

D'autres fois, le séjour longtemps prolongé au sein détermine une véritable macération du mamelon ; île là encore gerçures, des crerasses qui peuvent être profondes, an point que le sang coule et qu’on constate sa présence sur les lèvres de l’enfant.

L’enfant, ipii a Im du sang, le vomit pai’fois avec le lait; s’il est digéré, il détermine l’apparition de garde-robes noires, dont il importe de savoir reconnaître la nature et l’origine.-

Les gerçures et ces crevasses, danscertainscas, rendent l’allaitement très douloureux, diflicile et même impossible; elles constituent de ])lus des portes ouvertes à l’infection ; si des matières septiques pénètrent, à leur niveau, dans les vaisseaux lymphatiques, il n’est pas rare de constater l’apparition de Igmphangiles snperlicielles ou profondes du sein, lymphangites caractérisées par du gontlement, de la douleur, une i-ougeur cutanée et un engorgement des ganglions axillaires. A ces lymphangites succèdent quelquefois plus ou moins rapidement des abcès du sein.

D’autres fois, les matières se|)tiques venant de la surface des gercui'es et des crevasses ou même apportées directement du dehors, |)énètrent dans l'intérieur des canaux galactopbores dont ils déterminent l’indammation [gularLophoriLe] ; cette inllammation, en suivant les conduits, peut ari'iver jusi|u’aux lobules [galadophoro-mmlïLe] et déterminer ainsi la formation d’abcès du sein.

Pendant les premiers temps surtout, il est donc, indispensable de ne laisser l’enfant que peu de temps au sein. .Vjirès chaque tétée, on lavera

lii hiN. — AllailL'iiiciiL 0

AU.AITICMKNT Al SKIN

le mameJon a(in qu’il ne rcsle sue lui aucun coi‘|)S éteaiiger scplique.

Ceelaiucs dl'^po.üllons anormales; causeul des dilïicuUés de l’allailemcuL PaHois, il existe une brièvadé très marquée du mamelon, qui u'esl

j)oiul aisémcul saisi par la Ijouclie du iiouveau-ué ; d’auli-es fois, le sein esl ombilicpié cl le mamelon u’arrive pas à faire saillie au dehors.

Pom* remédier à ces diflicidlés, ou a recours à des bouls de sein. Le plus ré])audii esl celui (pu |)orle le nom du L)‘‘ Bailly : il esl formé par nue cu])ule de vei‘re cylindro-coniquc, sa base est légèrcmcul évasée et à sou sommet (Voy. lig. ‘2()i esl adaptée une tétine en caoutcliouc. La base de ce petit ai)pareil est appliquée sur l’aréole, sou extrémité est mise dans la bouche de reufanl qui aspire, fait sortir le lait de la mamelle et avale.

Téterelles. — Auvard a imaginé un ap|)areil ingénieux combiné de telle façon que c’est la mère qui fait sortir elle-même par aspiration le lait de sa mamelle; ce lait descend dans la bouclie de l'enfant. La léterellc que nous allons décrire est un perfectionnement decelled’Auvard; elle nous rend journellement les plus grands services, l^lle se compose d’une ampoule sphérique en verre, rappelant un peu l'aspecl d’un verre à ventouse; sur un des côtés, il existe une ouverture qui doit s'a[)pliquer sui‘ le sein, ouverture large, à bords évasés et assez inclinés j)Our que le mamelon ne s’étrangle pas. (Voy. lig. ;2T.) Aux deux extrémités (run des grands diamètres de ram])Oule, sur un axe qui serait perpendiculaire à celui qui jjasserait parle centre de la grande ouverture, sont deux orilices qui communiquent avec rexléricur à travers deux saillies creuses en ven‘e. Sur l'une des deux saillies, qui sera ])lacéc en haut, est mis un tube en caoutcliouc portant à son extrémité un embout ])lat en porcelaine pour lanière; sur l’autre saillie, qui occupera le lieu le plus déclive, est adapté uu autre tube en caoutchouc se tcj’minant j>ar une tétine réservée à renfant. Les tubes eu caonlcbouc doivent cti-e lixés solidemeni avec des lils pour que le vide puisse être fait plus facilement dans l’a])[)ai‘eil.

Bourse sei’vir de cette téterelle, on place rampoulc sur le sein, la t('dine est mise dans la bomdie du nouveau-né et la mère prend dans la sienne l’embout en porcelaine. L’a|)()areil étant bien appliqué, la mère

rig-. 2(). — Boul de sein do Bailly.

Al. LA me ME N T PAR LA MÈRE

ROinprinic Ibi’tcmcnl cnlre deux doi^is le luLe qui se rend à la boiudie de renraiit, puis elle aspire : le lailjaillit dans Fampoule de verre, doni, il remplit la |)ai‘lie iiilVuMeure ; lorseju’il y eu a une quantité sunisaute, la mère, cessant de Taire le vide, écarte légèj'ement les doigts qui compi-imaieut le tube eu caouteliouc et Je lait, entraîné par son poids, des-

<-end dans la tétine perforée de petits trous faits à l’emporte-pièce ou avec la pointe triangulaire d’un trocart et, delà, tombe dans la bouche de l’enfant (jid n’a qu’à exécuter unmouvement de déglutition. Lorsque le lait a ébî avalé, la mère comprime de nouveau le tube en caoulcbouc, aspire, remplit en partie l’ampoule, puis, écartant les doigts, laisse encore couler le lait dans la bouche de l’enfant. Le procédé est, on le \oit, très simple.

Il est inutile d’ajouter que tous ces appareils doivent être tenus extrêmement propres comme tout ce qui sert à l’alimentation du nouveau-né. Il est facile de les démonter, de les mettre dans l’eau bouillante et de les nettoyer avec un |)etit écouvillon lixé sur une tige souple.

08 A LLAITE-MENT AU SEIN

l'^iulelioi's (lu iMomcMil où Ion s en serl, on les laisse consUiininenl plondans l’ean bouillie el, J)ori(|in-e.

Ij()rs(|ue les cnlanls sont faibles, soil parce (|n ils son! ncs avanl leniKu soil parce ({n’ils sont malades, ils rernsenf parfois de Icler : on leur lail alors (onler du lail dans la bonclic, soit direcdenienl en CNor- (‘anl des ])ressions sni* la înanielle, soil à 1 aide d’une pelile cuiller jns- ([ii'à ce (in’ils soieiil devenus assez foiis pour prendre le sein. Mais s’ils

n’avalenl pas, l)avenlel l'cjellenl le lailqn’on leur ])insente, on doil songer à raliinenlalion par la sonde.

Gavage. — Tarnier a cominenci' à ]>raliqner nn'lbodiquemenllegavag'c en mars ISSi, mais c’esl en 1851 que le 1)*' Marcbanl (de Cbarenlon) avaîl conseillé' el dcciâl ce proc(ùl(‘. Legroiix, en 18()0, à l'IIolel-Dien de Paris, Rizzolli en 18ül, Fabri en 1805, Bel- Inzzi en 1870 avaienl eu ('‘galemenl recours à l’emploi de la sonde.

L’inslrnmenl, donl se sei'vail Tarnier, élail un diminnlif de celui que Faucher el Üebove oui em|)loy(‘ ])Our le lavage de l’eslomacelle gavage de l’adulle. IMus lard (1(880) nous avons |)crsonnellemenl fail fabriquer par M. Collin un pelil appareil donl la cap)sule de verre esl gradiun jusqu’à 15 cenlimèlres cubes, ce qui permel de mesurer exaclemenl la quanlib' de lail jugée nécessaire el qu'on venl inlrodnire dans l’estomac (Voy. lig. '28).

Voici commenl Tarnier conseille de procéder : la sonde esl mouillée, puis inlroduile jusqu’à Ja base de la langue, el l’enfanl, |>ar des monvemenls iiislinclifs, lafail pénélrer jus((u’à l’enlrée de ro'sopliage : on pousse alors doucemenirinslrumonl pour lui faire parcourir loulela longueur du conduil. Aju‘ès un Irajel de 15 cenlimclres environ, y compris la bouche, l’exlrémilé do la sonde arrive dans l’eslomac. On sei're enlre deux doigls la j)arlic de l’appareil qui esl voisine de la caj)side el on verse le liquide alimenlaii*e dans celle dernière; quand on cesse de |)incer la sonde, le hul, enlraîné par la ])esanleur, descend

Fig. ^8. — Appareil gradué pour pratiquer le gavage.

A U. AIT KM EN T l'AR LA AlKllK

jusque dans l’eslomac*. IViis on relire la sonde par un inonvoinenl assez rapide, ear si l’on procédaillenlemenl, le liquide alimenlaire snivrail oi sérail rejelé par réi>'nrjj;ilalion.

On penl facileinenl gaver l’eidanlavec dn lail inalernel, gi’àce à. la li'lerelle. l'onr cela, après l’avoir appliquée sur son sein, la mère comprime enlre ses doigls le Inbe de caoutchouc inférieur au(|uel on n’a j)as adapté de tétine; ])uis, elle aspire par l'autre tube et fait jaillir h> lail. Quand l’ampoule de la hHerella en renferme une quantité suflisanle, une antre personne, qui lient l’enfant sur ses genoux, introduil la gaveuse; la nourrice met dans la cupule de cette dernière l’extrémité du tube de caoutchouc, cesse de le comprimer et laisse tomber le lait (|ui j)éiièlre dans l’estomac. On retire immédiatement la gaveuse.

Le pi'ofesseur .Al[)bonse llerrgott (de Nancy) a présenté à la Société obstétricale de France une cuiller de métal qui se termine à son extrémité par un petit tube cylindri(|ue. (’.ette cuiller est remplie de lait, l'enfant est couché sui‘ le dos, elle tube placé dans l’ouverture antérieure d’une des fosses nasales ; on iiudine la cuiller, le lait s’écoule, arrive sui' la paroi postérieure du pbai'ynx et pénètre dans l’œsophage.

A l’aide de ces dilTérents procédés, on triomphe des diflicnltés de l’allaitement. Bientôt les enfants, devenus plus forts, prennent aisément le sein de la mère et s’alimentent bien.

Importance du rôle de la balance. — Les renseignements fournis par les pesées n’ont pas une valeur absolue. — Exceptions. — Nous avons vu le rôle considéi-alde que jouait la balance dans bi direction de rallaitement au sein. Il est pour ainsi dire presejne impossible de se passer d’elle. On dit souvent qu’on peut, avec l’habitude, a[)précier, à la simple inspection si un nouveau-né continue à être bien portant on s’il souIVre : il n’en est rien. Evidemment l’aspect général du bébé, la fermeté de ses tissus, l'état de ses sutures et de ses fontanelles, laquanlité, et les cai'actères de ses garde-robes peuvent fournir (|uelques indications; mais si on doit surveiller plusieurs enfants à la fois, on risque fort de se tromper. A l’hôpital, s’il y a 50, (30, 70 nouveau-nés, comment pourrait-on esliFiier, de visn, si l’un d’eux a augmenté ou difuiniK*? (jue de fois, au début de notre cai’rière dans les hôpitaux, m' nous a-t-on pas aflirrné ((u’un enfani, allait bien, alors qu’il nous semblait sotiIVranl. Nous le faisions |)esei‘ devant nous et nous conslations

TU

A U. A ITEM EN T AU SEIN

(ju'il avail. (liiiiiiiiu* de i-üO ou de oOO graiiiiiies, il ûLait d(‘j;ï bien Lard poiii* porLci- remède à sou d(‘pèrissemeiil. Il en est de môme eu ville, pour les jiareuLs eL les médecins.

Dans la [)raü(|ue on doil toujours avoir recours à la balance; il faut on recommander Tusage, sachant que rien ne saurait la remplacer. Au dchut, les i)esces sont faites tous les jours, |)lus tard deux fois |)ar semaine etenlin toutes les semaines.

Lorsque les enfants se développent normalement, ils s'accroissent d'une façon r(‘gulière et d’une quantité plus ou moins considérable suivantleur âge, telle est la loi générale. Quand la courbe de |)oids d'un enfant est bonne, on en conclut qu’il est en excellent (Hat de santé et ne court aucun risque; s’il est malade, ou pense ({ue sa courbe doit des(;endre.

Letle règle comporte des exceptions. On peut envisager (juatre categories de faits distincts.

ALLA1ÏEA[ENT l'Ail LA ME UE

A. — Nous avons oliservé des enfants, des spécifiques par exemple, que nous étions tenté déconsidérer comme absolument bien portants; leur poids approchant de 3 kilos et leur courbe étant régulièrement ascendante, ils allaient sortir du service des Débiles delà Maternité dans lequel ils avaient été reçus, lorsqu’ils furent rapidement emportés. A l’autopsie, on trouvait des lésions caractéristiques, en particulier des gommes du foie.

IL — Les états pathologiques fébriles déterminent généralement chez les enfants une descente de leur courbe. Cependant, il n’en est pas toujours ainsi. Dans une leçon faite en 1888, nous avons dit : « Lesenfants atteints de lymphangite de l’ombilic diminuent également de poids; (•ependant, chose curieuse, nous en avons vu qui, bien allaités, continuaient à augmenter un peu ; ils n’en succombaient pas moins à la septicémie ». Plus tard, dans un volume paru en octobre 1897, nous avons (‘crit : (( Dans la lymphangite de l'ombilic et même dans la bronchite, on voit quelquefois l’augmentation de poids persister jusqu’à la mort. » Les faits de ce genre ne sont pas extrêmement rares, nous en avons rapporté plusieurs; d’aulres ont été signalés par Durante (1898), Delestre (1901), Audebert (1902) , Coulon (1903).

En voici un exemple. Enfant R..., né le ;28 novembre 1898 à la Clinique Tarnier et pesant 3.400 grammes. Après avoir eu sa descente normale, il avait augmenh'de poids, elle neuvième jour, le 7 décembre, il était revenu à 3.400 grammes, lorsque survint de la lymphangite péri-ombilicale. (Voy. tig. 29.)

11 resta stationnaire du 7 au 8 décembre, diminua de 60 grammes du 8 au 9, mais à partir du 9, malgré l’existence d’une ulcération périombilicale assez accentuée, malgré l’élévation de température qui atteignit 38<^ le 12 décembre, 39° le 15 et 38°7 le 16, son poids, qui était de 3.340 grammes le 9 décembre, s’éleva quotidiennement et parvint à 3. ()55 grammes le 17. L’enfant augmenta donc de 313 grammes en huit jours, c'est-à-dire de 39 grammes en moyenne par jour. 11 sortit de l'hôpital complètement guéri.

Certes, constater que les enfants malades augmentent de poids n'est pas indilféi'eiit, cela montre qu'ils se nourrissent bien et qu'ils assimilent bien, ce qui favorise pour eux la lutte et leur permet de guérir; mais parfois ils succombent malgré cet accroissement, qui a continué jusiju’à la mort.

C. — La troisième catégorie comprend des faits absolument dilfé-

72 ALLAITEMENT AU SEIN

renls. Il s agit d enfants qui ont été souffrants, ont présenté une augmentation brusque et considérable de poids, puis ont succombé rapidement.

Citons deux exemples. El. H., né en xille le 4 novembre 1895, fut apporté à la Maternité pesant 1.900 grammes et n'ayantque 32° de tem-

Fig. 30.

pérature rectale. 11 ne progressa que peu; le 30 novembre il avait atteint 2.110 grammes. (Voy. fig. 30.) Il fut pris de coryza grippal le 2 décembre; son poids allaen s’abaissant légèrement et, le ISdécembre il pesait 1.930 grammes, lorsque subitement il se mit à augmenter. Le 19 décembre son poids était de 2.023; le 20, de 2.100 et le 21, de 2.160 grammes. Cet enfant eut de Fo^dème du pied droit; sa température rectale fut normale; elle ne s’éleva que le jour de sa mort et atteignit alors 40"'6; en trois jours, il avait augmenté de 230 grammes.

Cabriel G..., né le 16 mars 1900, à la Clinique Tarnier, pesait à sa

ALLAITEMENT PAR LA MEIiE

naissance iî.400 grammes, sa courbe seml)lait tout à tait normale, lorsque le 13, il fut pris de lymphangite péri-ombilicale avec ulcération delà paroi abdominale qui nécessitèrent l’emploi du thermo-cautère. Après être resté quelques jours stationnaire, l’enfant avait diminué et ne pesait plus que 3.!2'23 grammes, lorsque son poids s’éleva brusque-

ment, du 3 au A avril, jusqu’à 3.330, puis le 3, à 3.4^20 grammes. Il s’était donc acciai de 193 grammes en deux jours ( Voy. lig. 31.)

On ])eut résumer les faits de la façon suivante.

La coui’be de poids régulièrement ascendante chez le nouveau-né a une grande valeur, en général, pour indiquer (ju'il a une bonne santé, mais cette valeur ii’est ])as ab.solue, elle n’est (jue relative. En elfet ;

chez des enfants (|ui ont une belle courbe, chez des enfants spécilifpies, pai- exemple, on peut voir la mort survenir rapidement et d’une façon tout à fait inattendue.

AI.LAITEMKNT AU SEIN

2° Chez les enfants atteints d’affections fébriles pins on moins graves, au lieu d’une descente, on ol)serve quelquefois une ascension dans la courbe de poids ; ces enfants peuvent guérir, mais ils peuvent aussi succomber.

3° Dans quelques cas, chez les enfants souffrants, on observe une ascension brusque, parfois considérable, de la courbe de poids : cette ascension dure un, deux, trois jours, et lesenfants meurent: nousavons vu des enfants augmenter de 150 et même de 250 grammes en vingt-quatre heures; de 185 grammes en deux jours ; de 230, de 325 grammes en trois jours.

11 n’y avait ]>oint eu d’augmentation dans la quantité de lait ])rise par les enfants pendant les jours qui avaient précédé l’ascension dans la courbe de poids, ou au moment même de cette ascension.

Dans un certain nombre de cas, on notait en même temps que l’ascension brusque du poids, soit de l’oedènie des membres, soit de l’œdème de la face, soit de l’œdème généralisé. Quand on voulait recueillir des urines, on n’en trouvait généralement pas; une fois cependant, nous avons pu faire l’examen du liquide excrété par les reins et nous n'y avons pas constaté d'albumine. Aucune explication concluante n’a, jusqu’ici, été donnée de ces faits.

Cette ascension brusque et considérable de la courbe de poids survenant chez les enfants malades, enfants nés prématurément et enfants nés à terme, n’est nullement favorable; elle semble, au contraire, indiquer un pronostic fatal.

D. — En revanche, on peut observer des enfants qui, dans certaines conditions, diminuent de poids et même beaucoup sans qu’on puisse en tirer la conclusion qu’ils vont mourir. Tels sont certains enfants non alimentés, d’autres atteints de lièvre, d’atfections diverses, etc., en particulier de diarrhée plus ou moins abondante.

Lorsqu’un enfant, qui tète sa mère, prend normalement, il se fait dans son économie un équilibre tel qu’il y a de l’eau en quantité suflisante dans tous ses tissus; il augmente alors chaque jour de ])oids et régulièrement. Mais s’il survient de l’entérite, le liquide qui s’échappe par l’intestin est nécessairement emprunté aux liquides et aux tissus de l’organisme, l’enfant peut diminuer de 500 grammes, de 600 grammes et même de beaucouj) plus en peu de temps.

Faut-il conclure de cette forte diminution de ])oids que l’enfant, s’il n’a pas une infection gmve, se trouve nécessairement en grand dan-

A U,A ITKMKNT l'AR

LA MK RL

(jü‘il Vil rulalemcinl SRccombcr? h^videiiiRienL non, leliciuide |)(M'dii

32. Enfant ail ailé au sein par sa mûre. Il est mis à rallailcmenL arlilicicl. Des accidenls Irés graves surviennenl. Uiminulion de

° poids considérable. Guérison. L’cnfanl sort de la Clinique nourri de nouveau par sa mère.

ALLAIT KM KNT AU SKIN

pourra ôlre très vite remplacé el, l’enfanl i-cLroiivcra son poids primitir. Nous avons, en 1(S9I1, rapj)orlé l'observalioii d’une femme qui élevail, ses deux jumeaux grâce à rallaiLemeiiL mixLe. IJii jour, ohl'igce de quiller Paris, elle les conliaà une garde qui ne voulul pas se contenlei (h; leur faire boire le lait slérilisé (pi ils preuaienl depuis quelcpie Lempsel leur donna d’aulres nlimenls. Le lendemain, quand la mèi-e revint, les deux enfants avaient de la diarrliée et ils diminuèrent l’un de 370 grammes, l'autre de 000 grammes en vingt-quatre heures. Ces enfants se sont rétablis vite, ils ont vite aussi re])ris leur poids et, au bout (le quelques jours, ils l’avaient dépassé. A la descente brusque avait succédé une ascension très ra|>ide. On peut voir un autre exemple de cette récupération raj)ide du poids dans la tigure 23, page 52.

La diminution peut être véritablement extraordinaire ; nous l’avons vu atteindre jusqu’au quart (fig. 82, p. 223) et même jusqu’au tiers du poids total de l’enfant sans qu’il succombât. Voici ce dernier fait particulièrement instructif.

L’enfant Bar... naquit le 9 octobre à la Clinique Tarnie»’, il pesait 3.320 grammes. Api-ès sa diminution de poids normale el quelques oscillations dans sa courbe, il quitta l’iiôpital le 22 octobre, allant bien, pesant 3.240 grammes et nounâ par sa mère qui paraissait suftisante.

Celle femme revint à notre Consultation de nourrissons dn 9 décembre; son enfant était dans un étal lamentable, pour ainsi dire désespéré. Voici ce qu’elle nous raconta. Quoique son bébé allât bien, elle se tigura qu'elle n’avait pas assez de lait et se rendit dans un hôpital pour y demander avis. Elle prétend qu’on lui conseilla de sevrer, mais elle ne peut dire pour quel motif. Le lendemain, 14 novembre, elle fit peser son enfant dans un dispensaire; il avait atteint 3 900 grammes. Aussitôt après, elle acheta du lait de vache et pratiqua l’allaitement artiliciel. Des troubles digestifs survinrent immédiatement, puis des accidents tellement graves que la mère crut son nourrisson perdu. Quand elle nous l’amena, le 9 décembre, il ne pesait plus que 2.700 grammes ; le lendemain il (Mail descendu à 2.(300 grammes. Cela faisait 1 .000 gi-ammes de diminution, le tiers du poids total (\ oy. lig. 32) . L’enfant fut soigné, mis au sein d une nourrice et |)cu aj)ri‘s son intestin guérit ; le 24 décembre, ses garde-robes étant devenues bien lauiies, il se remit à augmenter régulièrement; le 17 janvier, il pesait 3.525 grammes. On avait, en même lem|)s, fait ])rogressivement

Quantités de lait prises par jour

3S. — lùifiuit (lùliilc appoiii! avuc il(! la diarrlice. Il iisl. mis à une diido ^clalivc^ l)i‘S i|uc 1rs "ai’ile-robes dovicnnont jaunes, il s’aceroîl : on lui laissi' i)roiulrü alors la (|uanlilü moyenne normale.

ALLAITEMENT AL SEIN

rovoiiii- le lail dans les seins de la mère; (|iiand elle sorlil de la Clinique elle noiirrissail, |)res(|iie seule son béhé.

Lorsiiu’uiie diaiTliée moins abonda, nie, mais ])lns persislanle existe, pai* snile de gaslro-enlérile, les jiarenls s’inquièlenl d'une diminution ([uolidien ne ; une véritable luLle s établit souvent entre eux el le médecin Ils voudraient voir leur enfant augmenter rapidement de jioids.car ils pensent, a tort, que c est la le seul critérium capable d’indi(|uer réellement qu'il va mieux : le médecin, au contraire, considère qu’il faut d’abord obtenir la guérison du tube digestif. C'est l'intestin qui doit absorber, assimiler le lait; tant qu’il sera malade. renCant ne s’accroîtra pas, ou s’il augmente un jour, redevenant plus soud'rant, il diminuera davantage le lendemain.

C'est surtout par la diète, parla diète simple, c’est-à-dire grâce à l’administration d’une quantité de lait beaucoup moindre qu’on verra les accidents intestinaux disparaître. Voici deux faits de ce genre très démonstratifs.

Le 18 juillet 1896, on amenait à la Maternilé un débile né en ville le *29 juin; sa température rectale était de 85°et il pesait2.930 grammes. Il avait une diarrhée verte, abondante, de l'érytlième du siège et des vomissements. Ainsi qu’on le voit sur la ligure 38, l’enfant fut mis à une diète relative, on lui donna de l’eau et du lait. A la diarrhée verte, qui persista pendant nn certain ntnnbre de jours, succédèrent des garde-robes liquides, mais jeunes, et l’enfant diminua de poids jusqu’au 5 août, c’est-à-dire pendant dix-huit jours ; on peut constalei', sur le tracé, que la quantité de lail prise par lui était pour ainsi dire restée constamment au-dessous de la normale. Les garde-robes étant devenues jaunes et de bonne consistance, l’assimilation selitbien, l’enfant guérit, augmenta et on put alors lui donner les quantités habituelles, celles dépassant un peu la ligne pointillée qui se trouve sur la tigui’e.

Dans le second cas, il s’agissait d’un enfant né le 13 juillet 1897 et apporté le 20 aoid à la Maternité (n° d’inscription 213) ; il pesait alors 2.890 grammes. 11 avait de l’enlérite, ses garde-robes étaient vertes, et pendant nn certain nombre de jours, sa température oscilla entre 39 et 40°. Il fut mis à une diète relative, comme on le voit sur la ligure 3i, et au bout de dix-buil jours, la lièvre ayant cessé, les garderobes étant devenues normales, il augmenta d’une façon régulière et rapide. On constate de môme, sur la courbe, que la quantité de lait prise

ALLAITE. MK. NT AU S K 1 iN

|)ar lui fui ciutore peu eousidérahle |)eii(lauL quel(jues jours a|)rès sa guérison, mais il digérail,, il assimilail Irès l)ien.

Parlois la dimiuuliou de |)oids esl due iioii à uuc eulérilc sim[)le, mais à une véi-ilal)le eulérile iiirecdieuse el. leès grave, à la suite paiexemple de riugestiou d’un lail altéré. Dans ces eircoiislaiiees, ou a recours à la diète hydrique absolue lailc pendant dou/.e, dix-huit ou vingt-([uatre heures, avec de l'eau d’.Met, de l'eau d’I-^vian ou de l'eau bouillie; on i)rescrit quotidiennement des lavages intestinaux avec de l’eau boriquée et on [)mtique une ou deux injections sous-cutanées de b centimètres cubes de sérum. Puis, pendant ({uelques jours, on a recours à la diète relative et, si Penrant a soif, on rem])lace par de l’eau la quantité de lait ([ui fait défaut dans l’alimentation.

Donc, ce qui importe dans ces cas, c’est d'abord et avant tout de guérir les enfants par les moyens appro[)riés, parmi lesquels il faut compter, comme jouant un très grand rôle, la diète j-elative (huis les cas de diarrhée, de gastro-entérite sim[)le, la diète hydrique suivie de diète relative lorsqu’il y a gastro-entérite infectieuse. Ouand le tube digestif est complètement rétabli, quand la lièvre a dis|)aru et que les garde-robes sont devenues jaunes et de bonne consistance, l’enfant se met alors à assimiler, il augmente et il prend sans inconvénient les quantités de lait indiquées comme normales snivant son poids et son

?Sous conclurons. La balance est l’auxiliaire indispensable des parents et des médecins pour diriger l’allaitement; grâce à elle, ou peut apprécier les (|uantités de lait prises aux tétées et l’accroissement quotidien ou hebdomadaire du nourrisson. ?Séannioins, on ne doit pas oublier que les renseignements fournis par elle sur la santé de l’enfant n’ont pas constamment une valeur absolue; il faut savoir tenir compte de certains autres éléments d’appréciation.

Lu principe, l’enfanl doit être nouna j)ar sa mère; mais si, pour une raison (|uelcompie, l’allaitement maternel est impossible, le mieux est de lui donner le lait d’une autie femme. Cette dernière est ap|)elce iiotirr'ircsiir Ueu^ lors(|u’elle babite chez les ])arents du b('d)c, et noKrrice

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