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qu’ils nienl un poids inlerieur à celui des enfants don! nous venons de parler, leur séjour dans la malrice ayant été prolongé, ils ont une résistance plus grande.
Pour apprécier la vitalité des enfants nés avant terme, il ne faut donc pas seulement tenir compte de leur poids, mais aussi du temps pendant lequel ils sont restés dans la cavité utérine.
SyniptômoH. — L’eiifaiit atteint de faiblesse congénitale présente des caractères extérieurs que je ne ferai que rappeler en quelques mots.
Le corps est petit et grêle ; la peau est molle, mais d’un rouge vif ; le derme est transparent, il laisse voir les vaisseaux remplis de sang, et on distingue nettement, à travers les tissus, le réseau circulatoire.
Ces enfants respirent, ils crient meme, mais leur respiration n’est qu'incomplète ; elle n’est point réellement pulmonaire, mais seulement bronchique, ainsi que le démontre l’autopsie ; l’air pénètre dans les grosses bronches, dans les bi-onches moyennes et même dans les petites bronches, mais il n’arrive pas jusque dans les alvéoles.
On remarque de plus, chez ces débiles, une faiblesse des muscles qui est frappante : au lieu de remuer avec vivacité, ils semblent plutôt inertes ou leurs mouvements sont lents; ils crient, mais sans force et le timbre de leur voix est souvent plus ou moins voilé. Certains enfants ont des mouvements de succion insuffisants ; ils ne tètent pas ; quelquefois même, ils paraissent ne pouvoir avaler les quelques gouttes de lait qu’on fait couler dans leur bouche avec une cuiller ; on est alors obligé de recourir à des moyens divers, pour faire pénétrer le liquide alimentaire dans leur estomac.
En entrant à la Maternité, en janvier 1805, nous nous sommes trouvé placé à la tête d’un pavillon spécial, nouvellement créé, celui des Débiles.
Dans ce pavillon sont admis les enfants qui viennent, quelques-uns du service d’accouchement de la Maternité, d’autres des services d’accoucliernent des hôpitaux ; le plus grand nombre sont nés chez leurs parents ou des sages-femmes. Ils entrent, seuls, sans leur mère. Frappé de l’état lamentable dans lequel se trouvaient la plupart d’enlre eux, surtout ceux qui venaient de la ville, j'ai fait prendre leur température rectale à leur arrivée ; la colonne tbermométrique, au lieu d’arriver à 37'^ centigrades, ne s’élevait qu’à 35, 3i, 33, 3;2, etc. On n’a pas
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idée de rinciirie, pour ne pas dire plus, des parents qui nous apportaient, l’hiver, des nouveau-nés à peine vêtus.
Oue 'deviennent les enfants chez lesquels on constate un semblable abaissement de température ?
Les prématurés ayant une température égale ou inférieure à 32° centigrades sont morts :
Ceux qui pesaient moins de 1.500 grammes, dans la proportion de 98 p. 100 (Voyez lig. 35) ;
Ceux qui pesaient entre 1.500 et 2.000 grammes, dans la proportion de 97,5 p. 100 ;
Ceux qui pesaient plus de 2.000 grammes, dans la proportion de 75 p. 100.
Les nouveau-nés de moins de 2.000 grammes étaient donc presque tous condamnés à succomber.
Si l’abaissement de température oscillait entre 32° et 33°5, les enfants pesant moins de 1.500 grammes mouraient dans la proportion de 97,3 p. 100 ; ceux pesant 1.500 à 2.000, dans la proportion de 85,6 p. 100 ; et ceux pesant plus de 2.000 grammes, dans la proportion de 67 p. 100.
Vous voyez que, même avec cet abaissement moindre, nous avions, pour les deux premières catégories, à peu près 90 p. 100 des enfants qui succombaient.
11 ne faut pas croire qu’il n’y avait que peu d’enfants dans cet état. Sur 1.114 débiles apportés à la Maternité pendant le^ années 1895, 1896 et 1807, il y en a eu 318, c’est-à-dire 28,54 p. 100, ])resque le tiers, qui avaient un semblable refroidissement ne permettant pas facilement leur survie. Et il n’est pas question de tous ceux dont la température rectale oscillait entre 33°5 et 37°.
11 y a donc une première chose à retenir : tout enfant, qui naît débile et qu’on laisse se refroidir, a d’autant plus de chances de mourir qu’il est ])lus petit ; ces mauvaises chances s’élèvent à 98 p. 100, s’il ]>èse moins de 2.000 grammes et si la température est égale ou inférieure à 32° centigrades.
Chez CCS enfants, qui se refroidissent, on voit généralement survenir un état j)articulier auquel on a donné le nom de sdérème ou d'oulurdssemenl du lissu cellulaire. (Voyez p. 298.)
Il n’y a pas que le refroidissement ([ui fasse courir des risques aux enfants ; l’alimentation joue aussi un grand rôle. Ces pelits êtres ont
évidemmciil un lube digeslif et des glandes dont la conslitnüon n’est pas encore tout à fait normale, puisqu’ils ne sont pas arrivés à terme. Si on les alimente trop, ils ont des troubles digestifs, de la diarrhée, et ils meurent ; si on ne leur donne pas assez, ils ont des accès de cyanose et ils succombent ; on tombe facilement de Cbarybde en Scylla.
Ajoutons qu’un certain nombre de ces enfants, surtout ceux venant de la ville, nous étaient apportés ayant déjà des troubles digestifs, parce que, comme ils ne tétaient pas leur mère, on leur avait donné un lait quelconque ou même autre chose.
11 est encore un autre point qui nous a frappé pendant notre séjour à la Maternité, c’est la facilité avec laquelle ces petits êtres contractaient les maladies auxquelles ils se trouvaient exposés. Comme nous avions là-bas des nourrices avec leur propre enfant, si l’un de ces derniers était atteint de grippe, tous les nourrissons la contractaient ; mais tandis que les enfants des nourrices guérissaient, les débiles, au contraire, succombaient en grand nombre.
Enfin, quand on parle de débiles, il ne faut pas oublier qu’il en existe deux variétés : les uns naissent prématurément, mais d’une façon accidentelle, à la suite d’un traumatisme, de fatigues subies par la mère, etc., les autres, au contraire, ont de la faiblesse congénitale due à la mauvaise constitution de leurs parents, qui sont spécifiques, tuberculeux, etc.
Les conditions clans lesquelles se trouvaient les enfants qui nous étaient apportés étaient telles que beaucoup mouraient dans les vingt-quatre ou quarante-huit heures qui suivaient leur entrée ; j’ai donc pu écrire avec raison que trop souvent le service des Débiles de la Maternité n’était qu’un dépôt mortuaire. Plus ce service est connu, plus il a l’air de constituer, pour beaucoup de personnes de la ville, un endroit où on porte son petit enfant, quand il va succomber.
Si nous réunissons les débiles décédés dans les quarante-huit heures et ceux qui avaient un abaissement de température tel qu’on devait les considérer comme non viables, nous avons le chiffre de i28i' décès. Si nous ôtons ces 284 enfants des 1.114 qui sont entrés dans le service, il nous en i-este 830.
Duels résultats avons-nous obtenus pour ces 830 enfants? Malgré tous les soins (|ue nous leur avons donnés, malgré toutes les ])récautions que nous avons prises, (30 p. 100 ont succombé et 40 p. 100
sculemenl onl clé sauvés. Si nous clierclions quelle a été la proporüon, suivant leur poids, des enfants giiéiâs, nous voyons que :
Pour ceux qui pesaient moins de l.!200 grammes, elle a été de O J). 100 ;
Pour ceux qui pesaient de 1.^00 à 1.500 grammes, elle a été de 15 p. 100 ;
Pour ceux qui pesaient de 1.500 à 2.000 grammes, elle a été de 38 p. 100 ;
Pt pour ceux qui pesaient plus de 2.000 grammes, elle a été de 67 p. 100.
Il est évident qu’en général, ])lus l’enfant est gros, plus il a de résistance et plus on a de chances tle le sauver.
.Mais il ne suffisait j)as de constater que l’on pouvait sauver les enfants déhiles, bien que dans une proportion très insuflisante à notre gré ; nous avons voulu savoir ce (|u’ils devenaient par la suite. Nous les conservions jusqu’à ce qu’ils eussent atteint le poids de 2.800 à 3.000 grammes. Les mères n’ayant pas de lait, presque tous ont été mis en nourrice. Malgré nos protestations, nn certain nombre d’entre eux ont été élevés au biberon ; ils sont morts dans la jjroportion de 41 p. 100. Quant à ceux confiés à des nourrices au sein, ils ont succombé dans la proportion de 15 p. 100. Pour les premiers, le chiffre de 41 p. 100 est considérable, mais il faudrait savoir la mortalité réelle des enfants nés à terme et artificiellement élevés à la campagne. Nous ne la connaissons guère.
Pour les prématurés mis ultérieurement au sein, nous avons pu faire une comparaison, grâce à l’obligeance de M. Henri Monod, alors directeur de l’Assistance |)ublique au ministère de l’Intérieur.
Pendant l'année 1896, 86 enfants nés à terme à la Maternité ont été, le jour du départ de leur mère, confiés à des nourrices au sein. L’enquête, sévèrement ])oursuivie en 1897, nous a montré que leur mortalité avait été de 17 p. 100; on peut donc dire que les débiles ont été sauvés au moins dans la même j)roportion que ces enfants nés à terme.
Nous avons pu, du reste, continuer ces recherches. En 1896, un généreux ])hilanthrope a bien voulu consacrer une grosse somme d’argent poui* terminer l’installation d’un pavillon à la Pouponnière, afin d’y recevoii- les débiles sortis de notre service. Pour ces enfants, le résnltat a été le même (|ue [)onr ceu.x qui, nés à terme, avaient été
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envoyés en noniTice an sein en province, ils sont morts dans la proportion de 17 p. 100.
Kt une fois sortis de la Pouponnière, on nous les conservions jnsqn’à ce qu'ils eussent atteint le poids de o kilos, que se passait-il? Trop souvent on ne revoyait pins leurs parents, et ils ont été abandonnés dans une proportion de 30 p. 100. Nous nous étions donné beaucoup de mal, ils étaient physiquement sauvés, mais ils allaient grossir le nombre des enfants confiés à l’Assistance publique de Paris.
C’est après avoir fait ces tristes constatations que nous avons dù quitter la Maternité, nous trouvant appelé à la Clinique d’accouchements de la Faculté. Comme on nous avait vu j)asser de longues heures auprès des berceaux, on nous disait : « Vous allez certainement demander la création d’un nouveau service de débiles afin de le diriger. » Nous faisions la grimace et nous répondions : « Non, il n’y a pas de place à la Clinique Tarnier pour loger douze ou quatorze nouvelles nourrices; de plus, ce serait une bien grosse occupation pour obtenir un maigre résultat ; à aucun prix, nous ne demanderons l’installation d’un service de ce genre. »
Mais il naît, à la Clinique d’accouchements, des prématurés en assez grand nombre : de mars 1898 au 31 décembre 1901, sur 0.151 accouchements, nous avons eu 638 enfants venus en état de faiblesse congénitale, ce qui donne une propoidion de 10 p. 100 ; et alors, nous trouvant en présence de ces petits êtres, nous nous sommes dit qu’il fallait tacher de les sauver et nous nous sommes elï'orcé de profiterde ceque nousavions appris pendant notre séjour àla Maternité. De quoi mouraient ces enfants ?
a) Surtout parce qu’ils se refroidissaient ;
ô) Parce (|iie, si leur alimentation était mal dirigée, ils avaient de graves accidents du tube digestif ;
c) Parce qu’ils contractaient des maladies contagieuses, auxquelles ils n’avaient guère la force de résisler ;
d) Pai’ce (|iie, rendus à leur famille, ils ne jmuvaient pas être allaités pai‘ leur mère, qui n’avait pas de lait dans ses seins.
Traitement. — Ces faits étant connus, voyons comment on peut y })orter remède.
1, Hefroidisftemenl. — Dès (pie l’enfant est né, il faut absolument
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('vilor (|iril se relVoidissc. Pom- cela, on enlourc ses iiieiiihres el son Iroiu* (rime conclie d’onale, jniis on reniniaillote ; on place (*"alenienl line renillc de colon anlonrdesa Lcdc, sons son honnel. Dans le herceaii. on niel, deux on Lcois houles d’ean chaude (itTon i-enouvelle 1‘ivqncniinenl : niais ces houles ne doivcnl pas èlre Irop chaudes; de pins, elles seroiU enveloppées d’nne élolle épaisse jionc (|n’elles ne se Ironvenl pas en conlact direci, avec la pean de l’enfanl : si ces jnrcanlions ne sont pas bien prises, des hrnlnres penvenL se jirodnire.
Des converlnres on nn pelil édredon conIrihnenL encore à eni|)écher le relVoidissenieiiL
Dans (|Lielqnes cas, on a fait vivre renfautdans une chanihre inain- Lenne d’nne faqon conlinne à 25 degrés centigrades, niais il était dil'licile, ])onr la mère, de rester constaniinent dans une pièce ainsi snrclianll'ée.
Dn déceinhre 1857, le professeur Denncé, de Bordeaux, a imaginé* nn herccan en zinc, hercean incnhatenr,à double fond et à donhlesparois. Il y a là comme deux haignoii'es ; rnne pins jietite est jilacée dans l'intérienr de l’antre, et si'parée d’elle ]mr nn es|)ace vide on il est possible
de mettre de l’ean.
Tarnier eut l’idée d’utiliser des ajipareils analogues à ceux qn'on emploie pour obtenir artiüciellement l’éclosion des œnfs de jionle. La première convense a été instalh'e à la Maternité en 1880, à titre d’essai: elle y a fonctionné régnlièrement à jiartirdn 21 novembre 1881, et elle a été décrite par Anvard. Sur celle (pii avait été jilacée dans notre service de la Charité, nous avions fait, en 1885, adapter nn régnlatenr Begnard. La tempi'ratnre jionvait ainsi être maintenne constante ; si elle venait à s’élever nn peu troji, on était immédiatement jirévcnn jiar nue sonnerie électrique.
Mais cet ajipareil était d’nn grand volume et d’nn prix élevé; utile dans les Maternités, car il pouvait contenir plusieurs enfants, il (Mait jien jiratiqne dans la clientèle inlvée. Tarnier imagina une convense pins jietite, d’nn chanifage facile et d’nn transport aisi*. Comme elle pentêire construite rapidement jiar n’importe (jiiel mennisier, nous allons rajijiortei- textuellement la descrijilion qui en a (dé donm*e.
« La (amvense, d’nne caisse en hoi mèires (dimensions
i*epr(“scntée dans les ligniesHO (d 57, se conijiose s, longue de 05 cenlinièti’es et hante de 50 centie\ té rie lires) , ri'paissenr di's jiarois (dani de 25 mil-
TRAITEMENT
limèlres. Mais rien n’empôche de faire une couveuse ayant des dimensions un peu plus grandes. Le couvercle de celle caisse est divisé en deux parties. L’une de ces parties est formée par une bande de bois de 13 centimètres de large et lixe (1^) dans laquelle est pratiquée une ouverture circulaire de 4 centimètres et demi de diamètre.
Celle-ci est ordinairement surmontée par la petite hélice (3) imaginée par Auvard, mais dont l'usage n’est pas indispensable (Yoy. plus loin), tandis que l’ouverture de quatre centimètres et demi est obligatoire pour assurer l’aération de l’appareil. L’autre partie du couvercle, beaucoup plus grande que la précédente, recouvre presque toute la caisse et vient s’ajuster à frottement sur son bord et contre la bande de bois décrite plus liant. Cette partie enchâsse une large vitre (4) qui permet de surveiller ce qui se passe dans la couveuse ; de plus,
elle est mobile et peut à volonté être enlevée ou replacée, chaque fois qu’on veut mettre l’enfant dans la couveuse, ou l’eu sortir ; c’est même pour saisir aisément ce couvercle vitré que les ligures 37 et 38 représentent deux petits boulons saillants (o et (3) dont ou pourrait se dispenser, mais qui rendent la manœuvre plus facile.
« L’intérieur de la caisse est divisé en deux étages par une cloison horizontale (î)) située à environ 17 centimètres de la paroi inférieure. Celle cloison est incom|dèle à l’une de ses extrémités où elle se termine ])ar un rebord saillant (10), de telle sorte que ce rebord est à 3 centimètres et demi de la paroi (14) et qu’en ce point l’air peut facilement jiasser d’un étage à l’autre, en traversant l’espace indiqué par le chiffre 1 1 . L’étage sujiérieur est jiourvu d’un petit matelas qui i-epose sur la cloison horizontale (9). C’est sur ce matelas que sera couché l’cnfanl dont la tête correspondra à la paroi (13) alin de ne pas être