DES SOINS A DONNER A L’ENFANT NOUVEAU-NÉ
En général, le premier jour, reniant reste sans rien prendre; si cependant il crie beaucoup, on lui fait boire, en attendant que les seins de sa mère sécrètent suffisamment, quelques cuillerées de lait de vache coupé d’eau bouillie légèrement sucrée, ou on lui donne une petite quantité de lait d’ànesse, si on en a facilement à sa disposition. « Pendant les quelques heures qui s’écoulent entre la naissance et la première tétée, disent Tarnier et Chantreuil, on présente généralement à l’enfant de l’eau sucrée tiède; cela est au moins inutile, et si l’enfant en prend plus d’une ou deux cuillerées à café, il ne peut pas la digérer, dort mal et pousse des cris jusqu’à ce qu’il ait vomi à plusieurs reprises, c’est ce qui comble d’aise les matrones qui ne manquent pas de dii’e qu’il a bien rendu ses fhmm. Au contraire, l’enfant qu’on ne gorge pas d’eau sucrée s’endort paisiblement dans son berceau. Nous protestons donc contre l’usage habituel et surtout contre l’abus de l’eau sucrée. 11 faut aussi éviter de lui administrer, comme on le fait troj) souvent, ce liquide parfumé avec de l’eau de lleur d’oranger. Ce mélange a généralement pour résultat de déterminer chez le nouveauné des nausées et des vomissements. »
Dès que la sécrétion lactée s’établit chez la mère, l'enfant est mis au sein régulièrement (Voy.p.25).
Il est absolument nécessaire que l’enfant soit tenu très propre; il faut donc duimjer ses langes et le netloyer toutes les fois qu’il se sera sali. Il est bon de le baigner chaque jour ou mieux de le laver en le plongeant pendant deux ou trois minutes dans de l’eau à d3 degrés centigrades environ. Il est ainsi beaucoup moins exposé à se refroidir, (pie si on nettoie successivement toutes les parties de son corps. Le bain, en général, est donné le matin : quelquefois cependant on l’administre
s DES SOINS A DONNER AEX ENFANTS NOUVEAU-NÉS
le soir, lorsque renlïinLs'eiKloii (liriieilemeiit, par exeni[)le. Il est ensuite essuyé avec soin et poudré.
Oïl renouvelle le pansemenl du cordon, tel qu’il a été fait le jiremier jour, jusqu’à ce qu’il tombe spontanément. Si un léger sninlement ou un peu de suppuration persistait au niveau de l'ombilic, on laverait avec la solution au sublimé à 1 p. 4.000 et on saupoudrerait avec de l’acide borique, du salol finement pulvérisé ou du taie stérilisé.
L’enfant ne doit pas être jilacé dans le lit de sa mère, car cette dernière pourrait, en s’endormant, s’incliner ou se coucher involontairement sur lui et l’élouiïer. 11 faut le mettre dans un berceau assez élevé, surtout à la campagne : il se trouve ainsi hors de l’atteinte des animaux (chiens, porcs) qui pénètrent parfois dans la pièce où il repose. Si c’est l’hiver, on place près de lui une ou deux boules d’eau chaude. Lnlîn, principalement après la tétée, il doit être couché dans son berceau non pas sur le dos, mais sur le côté ; de la sorte, on évitera que les matières régurgitées ou vomies ne pénètrent dans les voies aériennes où elles pourraient déterminer, par leur présence, des inllammations mortelles.
Un certain nombre d’enfants dès qu’ils ont pris le sein
et ne se réveillent qu’au moment d’une nouvelle tétée. D’autres restent les yeux ouverts pendant plusieurs heures et comme ils n’établissent, au début, aucune distinction entre la lumière et l’obscurité, il n’est pas rare qu’ils demeurent éveillés le jour et crient la nuit quand tout le monde désire reposer. Il faut alors les habituer peu à peu à dormir au moment voulu : pour cela, on les tient dans les bras et on les promène jiendant quelques heures, à la lin de l’après-midi.
A quelle époque l’enfant peut-il être sorti"] Cela dépend beaucoup de la saison et du temps. Si on est en été et s’il fait chaud, la première sortie a lieu dix ou quinze jours après la naissance; si on se trouve en hiver, s’il fait froid ou humide, mieux vaut maintenir le nouveauné cinq ou six semaines à la chambre. Les jiromenades au grand air ne lui sont cependant ])as inutiles, elles aelivent l’appétit et rendent le sommeil meilleur. Lors(|u'il fait froid, lorsque la température est peu l'devéc au-dessus de zéro et surtout lorsqu’il gèle, l’enfant, même plus âgé et habitué à sortir, ne doit généralement pas quitter la maison et surtout ne pas être porté dans une petite voiture; en elfet, maintenu immobile, ne faisant aucun exercice, il a facilement un coup de froid <pii |)eut être très dangereux. Pour éviter cet accident, il faut placer
J)KS SOINS A DONNEIl AUX ENFANTS NO ü VE A L'-NES
près (le lui des boules chaudes eL l’envelopper 1res soigneiiseinenL Le nouveau-m' doit être exclusivemenl alimenb'' avec du lail, el, dans l’ordre nalurel des choses, avec le lait de sa incre. Ce lait est sécréli' par les mamelles, c’est dans les seins que l’enfant le puise. Pour bien faire comprendre le mécanisme de production du liquide nourricier et celui de son absorption par l’enfant, nous allons exposer quelques notions élémentaires d’anatomie. Nous décrirons : 1” les mamelles de la mère; 2° les organes de la digestion de l’enfant, surtout ceux qui lui permettent de puiser le Init dans les seins et de le faire ])asser dans son estomac.
CUAPlTPiE 111