A. —CAUSES PATIIOLOCIQUES, D’ORDRE MÉDICAL
MM. Balestre et Gilletta de Saint-Joseph, dans le mémoire dont j’ai déjà parlé, ont étudié les causes de la mortalité infantile et voici les chiffres auxquels ils sont arrivés (Voy. tig. 84).
Sur 1.000 enfants qui succombent :
Sont emportés par la gastro-entérite, la diarrhée inlantile. . . 384,70
— des affections des voies respiratoires. . . . 147,29
— la débilité congénitale 170,76
— la tuberculose 24,70
— les maladies contagieuses 49,61
Toutes les causes non dénommées ci-dessus donnent le chiffre de. 222,92
Les statistiques du service de la Protection du premier âge et celles des Enfants Assistés sont analogues et conduisent à la même conclusion : c’est la gastro-entérite, c’est la diarrhée qui détermine le plus de décès. Et non seulement elle est la cause des morts indiquées par les chiffres, mais encore la cause indirecte de beaucoup d’autres, car les enfants affaiblis par des troubles digestifs offrent moins de résistanc-e aux diverses maladies qui peuvent les atteindre et ils sont beaucoup plus facilement emportés par elles.
Donc, la cause la plus importante est la diarrhée ; après elle vieil-
r.AüSIîS PATHOLOGIQUES ü’ O R DUE MÉDICAL
lient les aiïecüons [lulmonaires et la débilité congénitale; enfin, bien loin en arrière, toutes les autres.
Passons successivement en revue, et dans cet ordre, les causes de la mortalité infantile.
1° Diarrhée. — La diarrhée, la gastro-entérite, l’athrepsie, amènent la mort de 38o enfants sur 1.000 qui succombent. La figure 84 indique la mortalité infantile par diarrhée dans les différentes villes :
l^\ris 380 p. 1.000 enfants morts.
Rouen 510 —
Lille 514 —
Nantes 555 —
Reims 564 —
Rennes 574 —
Dijon 584 —
Et nous arrivons jusqu’à Troyes, où l’on trouve le chiffre de 68;2 décès par diarrhée infantile pour 1 .000 et même, en 189:2, celui de 757 ! plus des trois quarts des enfants morts ont donc été emportés par la diarrhée.
La gastro-entérite est donc la cause la plus importante parmi celles qui déterminent la mort des nourrissons et encore le chiffre moyen de 385 pour les villes de France ne représente-t-il pas toute la réalité. Ainsi que l’a fait remarquer le D*’ Ausset, de Lille, un certain nombre d’enfants sont inscrits comme ayant succombé à des maladies diverses qui, en réalité, ne sont em|)ortés que parce qu’ils ont été affaiblis déjà par des troubles digestifs. C'est ce qui a fait dire (jue ces troubles amenaient, directement ou indirectement, le décès de la moitié des enfants.
Quelles sont les causes principales qui peuvenl être invoquées pour expliquer la gastro-entérite ?
Fig. 84. — Principales causes de la morlalilé chez, les enfants de zéro à un an. (Balestre et Gillclta de Saint- Joseph.)
MO HT A LITE INFANTILE EN FRANCE
Il en csl une connue depuis longtemps, indiquée par lousles médecins, c’est l’élévation de la température qui amène toujours une augmentation des cas de diarrhée.
l)’ai)rèsMM. Balestre et Gilletta de Saint-Joseph, pour la popula-
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Fig. 8o. — ChiiTres de la mortalité par diarrhée dans certaines villes de France.
lion urhaiue de France, la mortalité par diarrhée en janvier, février, mars, avril est de 200 à 250 p. 1.000 décès; cette proportion augmente en été ; en juillet et en août (Voy. lig. 8G), elle atteint et même dépasse GOO p. 1.000; enlin on la volt s’abaisseï’ en octobre, novembre et décembre en môme temjis que la température.
Fn voici une auti'e preuve : à Paris, en 1808 (Voy. lig. GO, p. 151),
CAUSES l'ATHOLOCIQUES D’ORDUE MEDICAL
sur l.OOO décès de zéro à un an, la diarrhée a causé de 20 à oO décès par semaine on janvier, el jusqu’à 205 el 285 par semaine en août. .Mais le lableau de la morlalilé infanlile par diarrhée, à Paris,
l’ig, 8(j. — Morlalilé par diarrliéo chez les enfants de zéro à un an, suivant les dilTérents mois de l'année. (Balestre et Gillclla do Saint-Joseph.)
montre (juebiuc chose do plus; on y voit deux colonnes : lapins élevée reitréscnle la morlalilé par diarrhée des enfanls élevés au biberon ; la moins haule, celle des enfanls élevés au sein. La dillérence esl nellemeiil Iranchéc suivanl le mode d’allailemenl : bi diarrhée emporle beaucoup moins d’cnfanls élevés au sein; pourlanl, meme parmi ces
MOUTALITE INFANTILE EN F II ANGE
(Icriiicrs, la morlalUé s’accroîl aussi, on le voit, peiulanl les chaleurs.
On sait, d’aulre part, (pie, dans les contrées de la France où l’on a recours à l’alimentation solide prématurée, il y a de nombreux décès. Ces laits sont en rapport avec l’observation journalière des médecins ipii notent les bons résultats de l’allaitement au sein, les diriicultésde l’allaitement artificiel, surtout dans les premières semaines et les premiers mois de l’existence, et les accidents graves qui sont la conséquence de l’emploi trop bàtif d’aliments solides chez les nourrissons. C’est ce qui explique la mortalité qui, en certains pays, se trouve si considérable encore pendant la seconde année.
Pourquoi les enfants, qui se trouvent dans ces diverses conditions meurent-ils? Certes, on peut tout d’abord être surpris de voir succomber tant d’enfants élevés au sein ; cela n’a rien d’étonnant cependant pour qui connaît l’ignorance des mères et des nourrices, les préjugés qui régnent chez elles, les conseils bizarres qu’elles reçoivent et qu’elles suivent. C’est à des fautes répétées qu’est due la mortalité des enfants élevés au sein ; on les nourrit irrégulièrement et trop.
Le chiffre des décès d’enfants élevés au biberon s’explique par diverses causes. En premier lieu, le lait s’altère facilement pendant l’été, et les microbes y pullulent avec rapidité ; en outre, on en donne des quantités extraordinaires ; les parents, habitués à envisager la question à leur point de vue personnel, ne se rendent pas compte de la différence qui existe entre le poids d’un enfant et le leur.
Enfin le lait peut être de mauvaise qualité ; il peut en outre être écrémé et mouillé dans des proportions considérables. 11 en est, paraîtil, ainsi dans tout le département du Nord. L’écrémage formidable qu’on y pratique explique en grande partie la quantité des décès d’enfants de zéro à un an dans cette région.
Quant à l’alimentation solide prématurée, elle amène, plus encore que l’allaitement artificiel, des troubles digestifs suivis de mort.
2" Affections pulmonaires. — J’arrive à la mortalité due aux affections pulmonaires.
■M.M. ilalestre etCilletta de Saint-Joseph, mais le graphique (Voy. lig. 87j montre une courbe en sens inverse de celle de la diarrhée. La mortalité déterminée parles affections pulmonaires est faible pendant
CAUSKS PAÏHOLOGIOUES D’ORDRE MEDICAL
les mois où il lait chaud ; au conlcairc, le nombre des décès augmente au fur et à mesure que la lempéralure s’abaisse.
C’est pendant les mois froids que les enfants sont le plus exposés à ces maladies et y sucombent en plus grand nombre, soit, en janvier par exemple, dans une proportion de ‘263 p. 1.000 enfants morts.
Le D*' Balestre llls a moiïtré que, à Nice, dans un climat en apparence cependant très favorable, les alfections pulmonaires sont nombreuses. Parmi les enfants qui y meurent dezéro àun an, 166p. 1 .000
Fig. 87. — Morlalité par all’eclions pulmonaires de zéro à un an, suivant les dilférenls mois de l'année. (Baleslro et Gillella de Saint-Joseph.)
en moyenne sont emportés par ces maladies, et de un à deux ans, 203 p. 1.000. C’est non seulement pendant l’biver, mais encore aux époques de refroidissement brusque, que ces affections sévissent gravement et, chose qu’il importe de noter, la mortalité par alfections pulmonaires est plus considérable en avril qu’en décembre, et même en mai et juin qu’en novembre.
3"' Débilité congénitale. — La troisième cause de mort, d’une importance à peu près égale à la précédente, est la faiblesse congénitale : elle a déterminé 171 décès sur 1.000.
.Nous avons longuement insisté (Voy. p. 65 à 108) sur les conditions qui agissent si défavorablement chez les enfants nés prématurément.
M ( » U'I' AM T l<: I .N l’ A N T I I. E IC N I’ U A N G IC
4° Tuberculose. — La cause (|iii, dans noire énumération, suit la (lél)ililé eongénilale, est la tnberenlose. Nous avons vn qu'elle aj^il peu sur les enranls dans la })reinlère année : la i-aison en est que l’Iiérédilé ne survient (pie dans des cas très rares. Si les enfants ont latnbeicnlose, ils la contractent j)ar contagion en vivant avec leurs parents malades, on, dans le cas d'allaitemo-nt arliticiel, quand ils ])reniicnt du lait de vache tuberculeuse.
5” Maladies contagieuses. — Les maladies contagieuses contribuent dans la j)ro|)ortion de bO p. i.OOO à la mortalité. iNous avons ])eu de choses à en dire; cette faiblemortalité montre que, en réalité, on |)rend beaucoup de précautions hygiéni(jues. Mous appellerons seulement l’attention sur la variole contre laquelle on doit, de bonne heure, vacciner les enfants.
Ouant auv aulres causes de moid, souvent inconnues, nous ne pouvons les étudier parce qu’elles ne sont pas nettement déterminées.
Ln somme, la principale cause de mort des enfants pendant la première année est la diarrhée, la gastro-entérite. Le nourrisson, a-t-oii dit, est surtout un tube digestif; si ce tube digestif fonctionne mal, ou l’enfant succombe, ou bien, se trouvant beaucou]) moins résistant, il contracte ]dus facilement d’autres maladies qui l’emportent.
li. — CAUSES NON PATHOLOGIQUES. — CONDITIONS PAUTICULIÈRES DANS LESQUELLES SE TROUVE LENEANT
Abordons maintenant un autre ordre d’idées, les causes qui tiennent aux conditions particulières dans lesquelles se trouve l’enfant.
1“ Ignorance dea mères. — Il faut citer, eu première ligne, l’ignorance absolue des mères, qui ne savent rien de la manière dont elles doivent élever leurs enfants ; aussi obéissent-elles à tous les préjugés ainsi qu’à tous les mauvais conseils qui leur sont donnés.
Allailenienl artificiel. Mauvaise qualité du lait. — L’allaitement au sein est abandonné de plus en plus et malheureusement remplacé par l’allaitement artiliciel et par l’alimentation solide prémalui’éc.
CAUSES NON l'ATIlOLOCIOUES
El pour cet nllaileinenl ai liliciel, dans hcaucoup do villes et môme dans un certain nombre de cam[)agnes, les mères n’ont trop souvent à leur disposition que du lait de mauvaise qualité, écrémé, mouillé et même altéré.
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l'ig. 88. — Mortalité dus enfants cio zéro à im an, aux difrércnles périodes de la première année.
3" Aye. — En premier lieu, l’age de renfant est un élément dont il faut tenir compte. Ilertillon père, dans son àv'CxAo, à\x Dicûonna'ire encydopédirjiie jiaru en 1879, a donné des chilTres et des courbes très instructifs. Il a démontré que la mortalité est surtout considérable jtendant le premier mois, les premières semaines, les premiers jours.
Depuis 1879, les cboses n’ont pas changé ; des chilfres plus récents, tirés des documeiils publiés par Maurel (Voy. tig. 88),
MORTALITE INFANTILE EN FRANCE
indiquent la mortalité des enfants de zéro à un an pendant l’année 1895 et |>ar jour.
De 0 à 4 jours il meurl en France 4.341 enfants par joui'.
De 0 à 9 — 1.738
De 10 à 14 — 1.249
De Id à 30 — 1.210
Dans le 2“ mois — 638
le 3“ mois — 490
les 4®, 3® et 6“ mois — 311
6 mois à 1 an — 188
En résumé, il est mort dans le premier mois, 5^2.45'2 enfants, et dans la première année 148. 94^.
Ce qui est surtout remarquable, dans la courbe ci-dessus (\ oy. tig. 88), c’est qu’elle montre combien est grande la mortalité dans les premiers mois et surtout dans les dix premiers jours.
Ces cliilfres sont encore confirmés par une statistique concernant la ville de Lille, et portant sur les trois années 1898, 1899 et 1900. Pendant les quatre premiers jours, la mortalité est de 118 par jour; elle oscille entre 41 et 43, du quatrième au quinzième jour, puis tombe à !24 dans la seconde quinzaine du premier mois. En réalité, tous ces chiffres confirment l’opinion exprimée par M. Bertillon père.
4“ Saiso)is\ — Des saisons, je ne dirai presque rien. Les courbes (Voy. fig. 86 et 89) montrent que, pendant les chaleurs, c’est la diarrhée qui sévit le plus; pendant les froids et pendant les époques où la température change brusquement, ce sont les atfections pulmo-. n aires.
On connaît le grand nombre de décès relevés parmi les enfants qui sontexpédiés en nourrice au loin, soit pendant les rigueurs de l’hiver, soit pendant les trop fortes chaleurs de l’été; nous n’y insistons que pour montrer quelles précautions il faut prendre à leur égard. Ils mouraient autrefois aussi parce que, pour faire constater leur sexe, on était obligé de les présenter à l'officier de l’état civil, môme pendant les froids les plus rigoureux; on n’exige plus, en France, pour la déclaration de naissance, le transport de l’enfant à la mairie; sauf dans des cas absolument exceptionnels, un certificat suffit du médecin ou de la sagefemme qui les a mis au monde.
5“ Action combinée de tcige et des saisons. — Il y a aussi ce qu’on l)Ourrait apj)oler une combinaison des saisons et de l’àge.
Le froid agit d’autant plus que l’enfant est plus j)etit, plus chétif;
CA U SK s NON PATirOKOG IQUES
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niais il est encore une autre cause qui a aussi (raillant plus (l’iniluencc que reniant est ])lus débile, c’esi ralimentation.
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MOllTALlTli INFANTILE EN FKANCE
Ti’oLé, les noiivcnu-nés suecomLenl bien plus que les enfaiiLs âgés déjà (le quelques mois. M. SUiës-Brame, que jTai déjàcilé, a publié sur ce côté de la question une courbe très intéressante.
A Lille, la mortalité par diarrhée est plus grande en été qu’en hiver, mais, en outre, elle est d’autant plus considérable que l’enfant est plus jeune. On voit sur la figure 89 que les enfants meurent plus de gastroentérite pendantle premier trimestre de leur première année que pendant le second, pendant le second que pendantle troisième, etc.; mais on voit toujours cette mortalité s’accroître d’autant plus que la température du mois s’élève davantage.
6® lllégllimilé. — Il est encore une autre cause jouant un très grand rôle dans la mortalité des enfants, c’est l’illégitimité et M. Bertillon père, qui a si bien étudié ces questions, insiste vivement sur elle. 11 montre qu’en France, de 1850 à 1865, la dîme mortuaire a été:
Pour les enfants légitimes, de 167,5 p. 1.000
— illégitimes, de 320,5 —
et dans une série de conclusions que je ne rapporterai pas en détail, il dit que cette mortalité est plus grande dans les campagnes que dans les villes. Les enfants illégitimes succombent donc dans une proportion deux fois plus forte que les enfants légitimes.
7° Etal social de la mère. Conditions d'élecage. — 11 faut tenir compte aussi de l’état social de la mère et des conditions particulières dons lesquelles se trouvent les enfants.
Four ceux qui sont élevés chez leur mère, par elle-même ou par une nourrice au sein, la mortalité est presque nulle; il en est de même s’ils sont soumis à un allaitement mixte bien dirigé.
Mais les conditions peuvent ne pas être toujours aussi favorables. Si les parents étaient syphilitiques, si la mère qui nourrit son enfant au sein est alcoolique, L’enfant s’élève bien plus diflicilement.
En effet, les recherches expérimentales, faites dans le laboratoire de la Clinique Tarnier par le D‘’ Nicloux, montrent que l’alcool jiasse dans le lait avec une très grande rapidité; il s’y trouve à peu près en ■même proportion que dans le sang de la nourrice. Pendant la grossesse, l’alcool pénètre aussi dans l’économie du fœtus; M. Nicloux a donc pu conclure, avec raison, à l’existence d’un alcoolisme congénital, alcoolisme qui continue pendant l’allaitement et joue un rôle déplorable sur la santé du nourrisson.
CAüSKS NON l'ATlIOLOO IQUES
Si la mère, qui veut nourrir, est une ouvrière pauvre, très mal logée, et ne gaguanl ([ue péniblement de quoi manger, elle ne fournit qu’un lait très médiocre: l’enfant pâtit alors, souffre et crie la nuit. La malheureuse femme ne dort pas, son lait devient plus mauvais encore et son bébé crie davantage ; il lui est impossible de sortir de ce cercle vicieux et l’enfant succombe.
De plus, nous avons cité les cas d’^Z/cw/me;?./ arlificiel ou (ïaUmentation solide préinalurée et de sevrage précoce ou mal dirigé, qui peuvent occasionner une mortalité considérable des enfants pendant la première et aussi pendant la seconde année.
Viennent, d’autre part, les enfants confiés à des personnes étrangères, à des parents ou à des gardeuses ; ils succombent aussi dans une proportion effroyable. Nous indiquons en particulier le cas des ouvrières de l’industrie. J’ai voulu étudier sur place, dans le département du Nord, les causes de l’énorme mortalité que l’on y rencontre : les femmes jeunes n’allaitent pas leurs enfants; de très bonne heure, elles retournent à l’atelier, abandonnent leur bébé à des mercenaires.
Kt ce n’est pas tout. Il faut encore citer les mères qui refusent de prendre les précautions indispensables qu’on leur conseille. Due de fois n’avons-nous pas vu les femmes quitter l’bôpital malgré nos protestations les plus vives! Nous avions beau leur assurer que leur enfant débile, exposé au froid et mal nourri, succomberait infailliblement, elles emportaient le petit être qu’aucune loi ne protège. N’y a-t-il pas là un véritable infanticide, infanticide par omission peut-être, mais infanticide tout de même ?
8" Assura7ices sur décès d'enfauts. — Nous terminons l’exposé des causes par une constatation faite alors que nous nous trouvions dans le (léj)artement dn Nord et qui nous a profondément surpris : nous voulons l)arler d’assurances en cas de décès: elles étaient contractées pendant la grossesse et donnaient une prime aux parents, lorsque leur enfant succombait. Des compagnies belges, d’ütreclit, d’Anvers, etc., avaient oi'ganisé cette s|)éculation.
Cette pratique n’est ]>as nouvelle et Bertillon père raj)porle qu’au Congrès des sciences sociales tenu à Glasgow, en 187A, le président a signalé l’existence, en Angleterre, de mutualités dites d’enterrement: les statisli(pies, d’ailleurs, prouvaient que la mortalité infantile était j)lus considérable dans ces mutualités (pie chez les enfants de parents de même classe sociale, mais non mutualistes.
MORTALITE L\FAx\TlLE EN FRANCE
Il y a donc là encore une cause sinon directe, du moins indirecle de mort ))Our lesenl'anls.