‹ Manuel pratique d'allaitementChapitre 67 sur 80 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

Fig. 69.

117 p. 1.000 à Migennes, de 103 à Saint-Fargean et de 176 à Iléon. (Voy. fig. 102.)

M. Marois, ins|)ectciir départemental de l’4onne, qui a montré dans cette lutte contre la mortalité infantile une intelligence et un dévouement au-dessus de tout éloge, a établi la comparaison entre 1905 cl les sept années antérieures dans les communes où venaient d’êlre établies

KEMKDES D’OUDRE MÉDICAL

(les Consultaüons (le nourrissons. On voit sur la figure 103 que, dans les douze communes de l’Yonne qu’il a citées, la mortalité infantile a considérablement diminué, sauf dans une seule où elle est restée à peu

Auxerre

Mortalité totale des enfants deoàian

Avant

Consuki

210 enf

Depuis la ConsuKation

2y4enf

332 enf

Mortalité à la Consuk 1904tl905|

3 Communes de larrondt n'ayant pas de Consultation de nourrissons

Fig. 100.

près la lîKmie. 11 faut évidemment tenir compte de ce que, en 1905, les mois d'été n’ont pas été extrêmement chauds ; de plus, si pour quel- ([Lies communes on voit la mortalité réduite à 0, ce chillre ne persistera certainement pas dans les années qui suivront: il faut s’attendre à ({uelqucs décès inévitables.

MORTALITK INFANTILE EN FRANCE

^ï. le D*" Mocquol, (jiii fui, dans ce môme déparlemenl de rVoiine, rinilialciir des ConsnUaüons de iioiirrissoiis, a laiL une remarque parliculièremeuL siiggesLive. Presque Loules les femmes de la commune d’Ajipoiguy, où il se trouve, suivent sa Consultation. Sur 78 enfanls nés de 190'2 à 1905, 09 ont été dirigés par lui ; 5 sont morts, ce qui donne une mortalité de i,34 p. 100 ; 9 seulement n’ont pas été amenés à la Consultation et parmi eux 4 ont succombé, ce qui fournit une proportion de 44,4 p. 100, proportions 10 fois j)lus considérable. (Voy. lig. 104. j Evidemment, ces mères étaient peu soigneuses puisqu’elles n’ont point voulu, comme les autres, se rendre à la Consultation, mais le nombre des décès est la preuve évidente de l’intérêt qu’il y aurait eu pour les enfants à y être conduits.

Les résultats heureux des Consultations de nourrissons son t dus à plusieurs causes et, tout particulièrement, au rétablissement de l’allaitement au sein, qui tendait à disparaître de tous les côtés.

En exigeant à l’hôpital que les femmes donnent à téter à leurs enfants, en les faisant revenir à la Consultation aussitôt que possible après leur sortie, nous avons obtenu que 94 à 95 p. 100 d'entre elles donnent tout ce que leurs mamelles sont capables de fournir; il en a été de même pour quelques-uns de nos collègues, le IV’ Maygrier à la Cliarilé, le IV Poissard assisté du U’’ Devé à Tenon, etc.

A Saint-Pol-sur-Mer, les femmes ne nourrissaient guère; au début, le !)'■ Ausset avait j>. 100 d’enfants allaités par leur mère ; à la (in

(le la première année il en eiiL 35 p. 100, el à la lin de la deuxième année 77 p. 100. (Voy. lig. 105.)

A Varengeville, aucune femme n’allailail son enfanl avant réta-

°/oo

Villeneuve-sur-Yonne (Arrondi

de Joigny)

3 Communes de l'arrondissement n'ayant pas de

Consultation

Mortalité totale des enfants de o à lan

Mortalité à la

Consultation

Avant

la

Consult

Depuis la Consultation

6o enf de O

à 2 ans 4D

g4 enf de O

ans

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en

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blissement de la Consultation de nourrissons; depuis la création de cette dernière, la proportion s’est élevée à 47,5 p. 100 en 1904 et à 75 p. 100 en 1905 (Voy. lig. 100), et Uolle espère que ce cliilfre sera l)ient(5t largement dépassé.

Pour que les mères donnent le sein, il faut les y encourager et leur dire tous les avantages qui en résultent pour leurs enfants.

MORTALITÉ INi-'ANTlI.R EN FRANCE

M. le !)'■ Panel, de Rouen, a montré, dans un intéressant travail, qu’au milieu d’une population très pauvre, qui recourait presque exclusivement à l’allaitement arliliciel, il avait obtenu, au bout de ])eu de

Yonne — Mortalité de o à i an 1898-1904 : Pas de Consultation de nourrissons

1905 : Avec id.

■Fig. 103.

tcin})s et par des procédés très simples, l’allaitement au sein dans la proportion de GO p. 100.

Ici, à Paris, au dispensaire du VIP arrondissement, rue üudinol, le !)'■ Rresset a vju la proportion d’allailemenl au sein s’élever progressive-

HE MK DK s D’OHDHE MÉDICAL

ment de 61 à 81,4, tandis que l’allaitement artificiel rétrogradait de 86 à 18,4 p. 100. (N oy. lig. 107). Il en a été do même dans un antre dispensaire du môme arrondissement, dirigé parle ly Carel ; l’allaitement an sein, qui était de 40 p. 100 au début, est arrivé au chiiïre de 81,3 p. 100, pendant que l’allaitement artificiel tombait de 58 à 18,6 p. 100. (Voy. lig. 108.)

Fig. lOû.

Les chiffres qui viennent d’ôire fournis, il y a quelques mois, par ,M. le IJ’’ Bresset, cbitïres publiés dans la thèse d’un de ses élèves, .M. Ch. Flour, montrent ce qu’on peut espérer. Parmi les femmes qui avaient suivi la Consultation du D*' Bresset, 139 y sont revenues après de nouveaux accouchements. Clles avaient ])ratiqué l’allaitement artificiel dans la propoidion de 40,7 p. 100; bien conseillées, bien dirigées, ces mômes femmes n’ont, pour une deuxième série d’enfants au nombre de 168, donné le biberon que dans la proportion de 6,5 p. 100. Clles ont donc nourri dans la proportion de 93,5 |). 100. Tous ces en-

MOUTALITK IINFANTIU'] K.\ F U AN CF

Dispensaire du- Gros ■ Coülozo (DV Corel J

Sein.

Artificiels

fanls onl élé siii'veillés presque dès leur naissance et c’est là, ainsi que le fait reinai'(|uer justement le D’' llressel, une condition essentielle de succès.

l']u mai 1904, nous avons entretenu l’Académie de médecine de rallaitcment au sein ])ar les ouvjâères des usines, des fabriques, des manufactures, etc. L’iütat a donné l’exemple pour favoriser cet allaitement, il a fondé de nouvelles crèches et il a accordé des encouragements, des primes en ai’geiit l)cndant les premiers mois d’allaitement au sein, sur la proposition du IV Courtois-Suftit ; quelques chefs d’industrie marchent dans cette voie et parmi eux j’ai cité i\lM. Blin et Blin, d’Elbeuf, ([ U i s ’ e (fo r c e n t de f a i r e P 1 U s e n c O r e ; ils accordent un bon de ciiissc d’épargne de 100 francs à toutes leurs ouvrières qui allaitent pendant une année.

Voici les |)remiers résultats (ILiils ont obtenus : du 15 avril 1904 au 1®*' septembre 1905, 01 enfants sont nés vivants. Alors qu'auparavant aucune ouvrière ne nourrissait, ^23 ont donné le sein, ce qui fait une proportion de 37,5 p. 100; 38 ont pratiqué l’allaitement artificiel, ce qui fait

Fig. 106.

une proportion de 02,5 p. 100. (Voy. tig. 109.)

fit si l’on considère le résultat définitif, on trouve :

Pour les 38 enfants élevés au biberon

c’est-à-dire une mortalité de 21 p. 100

Pour les 23 enfants élevés au sein

c’est-à-dire une mortalité de 0 p. 100

8 décès 0 décès

Pomme ces chiffres démontrent qu’il faut favoriser par-dessus tout l’allaitement au sein !

REMÈDES D’OUDUE MÉDICAI.

Ces idées, du reste, se réi)andeiiL de plus en plus, et nous voyons maintenant à Paris des lenimes de notre Consultation, ouvrières blanchisseuses ou autres, qui nous apprennent que leurs patrons les autorisent (ce qui n’avait jamais lieu autrefois) à donner le sein à leur nourrisson, soit qu’on le leur apporte, soit qu’elles se rendent jusque chez elles.

Disperisairc de. IcuBxce- Oxuîûnot ( DTBressct)

^Ofj.

Sein

1$$^^ Ar tifïeiél

Eig. 107.

Cn résumé, les Consultations de nourrissons rendent de très grands services, juiisque dans les villes où elles existent, quoique tous les enfants n’y soient jias conduits, la mortalité de 0 à un an s’ahaisse très notahlement, jmrfois d’un (|uai‘l, d’un tiers et même de la moitié. Ces résultats sont obtenus gi'àce aux conseils éclairés que donnent les médecins, grâce aussi au dévelojiponient de l'allailemenl au sein.

Itnii.N.

.Vllailciiicnl.

MOUTA LITE INFANTILE EN FM ANGE

B. — MEMÈDES D'OUDME NON MÉDICAL

Nous [larlerons successivemenl 1° de la liiLlc coiilrc l’ignorance el les préjugés; '2° de la nécessilé d’avoir du bon lait; des questions

relatives à l’Assistance publique ou privée ; ï° de la |)roteetion.

1“ Lutte contre l’ignorance et les préjugés. — Nous avons vu combien est grande l’ignorance des mères, et par suite, néfaste l’inlluence des préjugés. Il est donc indispensable de répandre partout et par tous les moyens les connaissances nécessaires. C’est l’un des rôles les plus intéressants des Consultations de nourrissons.

En les dirigeant avec soin, les médecins eux-mêmes compléteront leur instruction, car que de choses il nous reste encore à apjirendre !

C’est en les snivant que les étudiants en médecine s’initieront à l’hygiène alimentaire des enfants, et pour cela il n’y aura jamais trop de Consultations annexées aux services d’accouchement, organisées dans les dispensaires, ou isolées.

Les sages-femmes, qui sont si nuisibles quand elles donnent de mauvais conseils et si utiles quand elles engagent les femmes à nourrir, assistaient à tour de rôle à ma Consultation lorsque j’étais professeui' à la Maternité de l’aiâs.

Ce sont les mères suidout dont l’éducation se fait peu à peu : on ne saurait ci'oire avec quelle attention chacune écoute les conseils qui sont donnés à sa voisine ou à elle-même ; on ne se doute pas des résul-

lats ({u’on peut obtenirgrùce à leur amour-propre et à leur désird’avoir

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