R E .A[ È DES D’OR D R E N O N M É D I C A I
(les enfants beaux et bien portants. M. le D‘’ Mocqiiot (d'Appoigny) (jui, après cbaque consultation, faisait une petite conférence essentiellement pratique, fut un jour sui-pi-is d’y voir assister non seulement des nourrices, mais encore d’autres femmes. Ces dernières, interrogées par lui, répondirent qu’elles n’avaient pas encore d’enfants, mais ([u'elles espéraient bien en avoir et elles menaient apprendre à les soigner.
Tant il est vrai qu’on enseigne beaucoup de choses aux jeunes filles, mais pas toujours ce qu’elles auraient le plus d’intérêt à connaître !
Dans les villes et dans les campagnes, les instituteurs et les institutrices sont pour le médecin des auxiliaires précieux, qui aident à peser les enfants et à établir leurs courbes.
Quelques-unes de ces maîtresses ont demandé au D’’ Mocquot la permission d’amener à sa Consultation leurs grandes tillettes, celles qui, en l’absence de leurs parents, appelés aux cbamps par leurs travaux, seront les premières chargées de surveiller leurs petits frères ou leurs petites sœurs. Et le lendemain de la réunion, elles durent faire une rédaction sur ce qu’elles avaient vu et entendu. J’ai lu quelques-unes des copies de ces petites tilles; il est curieux de voir comme elles avaient bien compris ce qui leur avait été dit sur la manière de peser les enfants, de stériliser le lait, etc. Voilà de jeunes cerveaux qui ne se laisseront pas intlueucer par les [)r(‘jugés.
l’aris, notre collègue, M. le i)rofesscur IMiiard a faitpendant l’iii-
Fipr. 109.
MORTALITÉ LNl'ANTII.E EN FRANCE
ver de 190:2-1903 un cours de puéricullure dans une école du l)oulevard Péreire ; nous avons, à la ménae époque, donné à la polyclinique 11. de Rolhscliild, un enseignemenl qui fut Irès suivi par des dames, des jeunes lilles el des sages-femmes ; M. lel)’’ Mercier el M. le !)'■ Aussel ont fait des cours dans les Pcoles normales de Tours et de Douai.
En 1904, le Conseil municii)al de Paris a chargé la Ligue conli-e la mortalité infantile de faire faire dans les dilférents quartiers de Paris des Conférences pral'ujueÿ aux mères .
Du reste, le Congrès international d’hygiène, qui s’est réuni en Delgique en septembre 1903, a demandé par un vote, nous Pavons vu, ([lie : « pour les jeunes filles, depuis l’école normale, et spécialemenl dans les écoles ménagères, il soit institué des leçons pratiques d’hygiène infantile, notamment en leur faisant suivre des Consullalions de nourrissons ». Et on a spécialement créé, en novembre 1904, dans la ville de Bruxelles, une Ecole de puéricullure fondée sur ces jirincipes (IT Lust.)
2' De la nécessité d’avoir du bon lait. — 11 ne suflit pas que les Consultations de nourrissons et les Gouttes de lait donnent aux enfants un aliment irréprochable; des mesures devraient être prises par les municipalités alin que toutes les fraudes de lait, tolérées encore àPlieurc actuelle, disparaissent. Grâce à certains procédés, en particulierà l’appareil de Gerber (Voy. p. 130), il est facile de déceler l’écrémage ; grâce à la cryoscopie, on reconnaît en quelques minutes (Voy. ]>. 131)ledegi é du mouillage fWinter) ; il seraitdonc facile de les empêcber. 11 importe, en elfet, que le médecin connaisse la composition du lait qu’il prescrit, alin de pouvoir en indiquer pour chaque enfant la dose quotidienne. La propreté et l’hygiène des étables, l’alimentation des vaches, la récolte du lait devraient être surveillées avec une grande sévérité.
La Commission du lail de la ville de Paris a étudié cette question dans tous ses détails en 1897, et je ne puis mieux faire, à cet égard, (|ue de renvoyer aux procès-verbaux de ses discussions et au Bai)port généi'al qui en a résumé les conclusions.
Les .Maires devraient être autorisés à prendre toutes les mesures nécessaires pour l’inspection des vacheries et la surveillance du lait, alin ([ue l’on ne puisse délivi’er sous ce nom un liquide, qui non seulement n’est ])iis nourrissanl, mais encore est dangereux.
UKMMDES D’ORDRE NON MÉDICAI.
3" Assistance. — Voyons mainlcnanL ce qui a été fait dans le domaine de l'Assistance ])rivée ou publique et dans celui de la Protection pour diminuer la mortalité inlantile.
a) Assisfanre privée. — L’assistance pi-ivée se manifeste presque toujours sous la forme d’assistance maternelle à domicile. 11 existe depuis longtemps, en France, un certain nombre d'institutions de ce genre qui se sont béureusement multipliées dans ces dernières années.
La Société de Charité maternelle a été fondée en 1784 à Paris par de Fourgeret; elle assiste les mères au moment de leur accoucbement et pendant leur grossesse et, de plus, favorise l’allaitementau sein. 11 s’est organisé en province de nombreuses sociétés semblables, celle de la capitale a distribué, en 1904, des secours pendant 10 mois à 1.837 femmes. Elle nous a demandé de l’aider à installer pour elles des Consultations de nourrissons, dans les différents quartiers de la ville. Plusieurs fonctionnent déjà. M. le D*’ Palay, en a organisé une autre pour la Société de Cbarité maternelle de Rennes.
V Association des femmes en couches de Mulhouse a été fondée au mois de juillet 1866 par .Jean Dollfus ; elle donne une indemnité aux ouvrières qui travaillent habituellement dans les fabriques ; la mortalité des enfants nés des femmes secourues est beaucoup moindre que celle de la population ouvrière de la ville.
M. le professeur Alphonse Ilerrgott a fondé à Nancy, en 1890, V Œuvre de la Maternité qui, comme la Société de Cbarité maternelle, a pour but d’encourager l’allaitement au sein. Les femmes, qui ont accouché à la maternité, reviennent un mois après leur sortie. On pèse leur enfant, on compare son poids à celui qu’il avait quatre semaines auparavant et on donne une gratification variable suivant l’augmentation obtenue, la manière dont il est soigné, etc. Grâce à celte œuvre, dit le professeur A. ilerrgott, le nombre des femmes qui allaitent est devenu beaucoup j)lus considérable. Les enfants ne sont plus revus.
D’auti’es organisations se sont créées de toutes parts au nombre desquelles je citerai Les Dames ?nauloises, véritable société de cbarité maternelle. Depuis 1901, sur la pro])osition du D‘' Amodru, le Conseil général de Seine-et-Oise a organisé avec grand succès le service départemental d’assistance |)Our les femmes en couches. Les indigentes reçoivent au moment de la parturition les soins gratuits d’un médecin ou (1 une sage-femme et un « trousseau de mateniilé ».
La Société protectrice de l'enfance dite à Paris Société Marjolin, la
MORTALITE INFANTILE EN FRANCE
Sociélô d'allaitement maternel, le Patronage des Enfants en bas âge de Levallois-Perret , la Société de bienfaisance israélite, etc., eiicoiiragciit par Ions les moyens rallaitemenl malernel.
La Société de Charité maternelle et le l)’’ llandon ont créé dans l’Oise, une Consultation de nourrissons; la Société de bienfaisance Israélite de Caris en a organisé une autre qui fonctionne très eflicacement sous la direction d’un de nos anciens chefs de clinique, le IV' Schwab.
Citons encore des institutions imjiortantes : les Crèches, les Dispensaires, les Mutualités maternelles et les Pouponnières.
Les Crèches ont été fondées par Marbeau en LSM; elles sont destinées à recevoir les enfants pendant l’absence forcée de leur mère qui travaille, et à leur donner les soins nécessaires en attendant que les parents viennent les reprendre, leur journée finie. Les crèches, qui ont cependant été très décriées, peuvent rendre de grands' services, en particulier pour les ouvrières d'usine. Les mères sont autorisées à quitter leur travail jiour aller donner le sein à leur enfant, une fois dans la matinée et une fois dans l’après-midi. Comme elles le font d’abord avant de l’y déposer, puis à midi à l’heure du déjeuner et le soir quand elles rentrent chez elles, l’allaitement au sein n’est nullement interrompu. Dans un certain nombre de crèches, une fois par semaine, à une heure fixée, le médecin pèse l’enfant, lorsque sa mère vient le chercher ; il peut ainsi donner à celle-ci les conseils nécessaires. La Consultation de nourrissons s’adapte de la sorte à la crèche qu’elle complète.
Le Ministre des Finances, en France, a organisé des crèches qui fonctionnent ainsi dans les manufactures de l’Etat. De plus des secours y sont accordés pendant quelques mois aux femmes qui donnent le sein. Cette organisation tend à se répandre dans un certain nombre d’usines privées.
Dans les Dispensaires pour enfants, créés sur le type indiqué par le D'’ Cibert (du Havre), des Consultations de nouri“issons s’organisent partout (le D‘’ Panel à Houen, Bresset à Ihiris, Carel, ete.) et donnent, comme nous l’avons montré, les meilleurs résultats quand on y encourage l’allaitement au sein.
Id Association des femmes en couches de Mulhouse fondée jiar Jean Dollfus (1860) donne une indemnité aux ouvrières qui travaillent <lans les fabri(|ues.
Iles Mutualités maternelles ont été constituées
à Paris et à Dammarie-