‹ Manuel pratique d'analyse bactériologique des eauxChapitre 14 sur 19 · ESSAI D'UNE FLORE BACTÉRIENNE · texte numérisé non relu

ESSAI D'UNE FLORE BACTÉRIENNE

Section.

1° Espèces se développant au ) « i . j j r»

•^ , „ ,,...' Seulement au-dessus de 20". . . B

contact de 1 oxygène de lair. / o , .. j j / r-

''^ \ Seulement au-dessus de 4o-- • C

2° Espèces se développant à ( ^ , , , " , „ „

,,,.,,, . r ,, . { Seulement au-dessus de 20°. . . E

labn de loxygenede 1 air.. / o i » j j / „ i.-

''^ \ Seulement au-dessus de 4o°.. • h

Section A.

Espèces se déyeloppant à 20° au contact de V oxygène de l'air.

Tribus.

Pathogènes I

Organismes en coccus j Zymogènes II

Saprogènes ou vulgaires lil

Pathogènes IV

Organismes filamenteux .... j Zymogènes V

Saprogènes ou vulgaires VI

Pathogènes VII

Organismes spirilles \ Zymogènes VIII

Saprogènes ou vulgaires IX

Pathogènes X

Organismes d'autres formes. \ Zymogènes XI

Saprogènes ou vulgaires XII

Section B.

Espèces se développant seulement au-dessus de 20° au contact

de l'oxygène de l'air.

Etc. Etc.

Tribu I.

Organismes pathogènes en coccus se développant à io° au contact

de V oxygène de l'air.

Grouper

, . , , . ( liquéfiantes 1

A. Organismes pou- I colonies blanches ou grises. | ^^^ Hq^éfiantes. 2

vaut se développer \ ... • v. , i- ./• » o

,, . '^^ 1 colonies jaunes, jaunâtres ( liquéfiantes 3

sur la gélatine nu-/ j.^ i- ^/« . «

. . ° ,. . \ ou verdâtres ( non liquéfiantes. 4

tritive ordinaire en i

donnant des f colonies rouges ou rou- i liquéfiantes 5

1 geâtres ) non liquéfiantes. 6

1** dans la gélatine alcalinisée en donnant des

dans la gélatine acidifiée en donnant des

3*» sur le sérum de

B. Organismes ne pouvant pas se développer sur la gélatine ordinaire, mais 14" dans les bouilcroissant. . . . | Ions en formant

5° dans les sucs animaux stérilisés à froid en formant

6" dans les sucs végétaux stérilisés à froid en formant

7<> dans les liquides minéraux

colonies ( liquéfiantes 7

blanchâtres. ( non liquéfiantes. 8

colonies i liquéfiantes 9

jaunâtres... ( non liquéfiantes. 10

colonies i liquéfiantes 11

rougeâtres.. ( non liquéfiantes. 12

colonies i liquéfiantes 13

blanchâtres. ( non liquéfiantes. 14

colonies ( liquéfiantes 15

jaunâtres... ( non liquéfiantes. 16

colonies i liquéfiantes 17

rougeâtres.. { non liquéfiantes. 18

sang 19

des troubles 20

des dépôts 21

des voiles 22

des troubles 23

des dépôts 24

des voiles 25

des troubles 26

des dépôts 27

des voiles 28

des troubles 29

des dépôts 30

des voiles » 31

Tribu II.

Organismes zymogènes en coccus se développant à 20» au contact

de l'oxygène de l'air.

Etc. Etc.

Groupe 1.

Organismes pathogènes en coccus se développant à 20"» au contact de l'oxygène de l'air et se multipliant sur la gélatine nutritive ordinaire en donnant des colonies blanches liquéfiantes.

Le microscope décèle dans les cultures les formes. .

Monococcus .

Diplococcus .

Streptococcus.

Tétracoccus.

grises, irisées.

Sarcines. . .

Colonies blanches.

( Colonies sphériques.

» discoïdes.

» lamelliformes.

Colonies mamelonnées.

» avec prolongements.

» irréguliéres.

Colonies étoilées.

» mobiles.

» amœbiformes.

Colonies très opaques.

» translucides.

» à zones concentriques.

Groupe 2.

Etc.

Etc.

Dans la flore précédente les micro-organismes sont, comme on voit, divisés en aérobies et en anaérobies; les bactéries qui sont à la fois aérobies et anaérobies trouvent une place commune dans ces deux grandes

divisions suivant les modifications que leur impose leur végétation à l'abri ou au contact de Pair.

Le second caractère invoqué pour la classification des microbes est la température à laquelle ils se développent; la plupart d'entre eux croissent facilement à 20<*, mais quelques-uns ne se développent qu'entre 3o° et /Jo*, et, à leur tour, cessent de végéter au moment où d'autres ont à peine assez de chaleur pour se multiplier visiblement, ainsi que cela s'observe chez les espèces thermophiles dont j'ai, avant personne, signalé l'existence.

Ces deux premiers caractères sont naturels, puisqu'ils s'observent immédiatement après les ensemencements. Je tire le troisième de la forme habituelle que les bactéries présentent au premier examen microscopique ; il n'est pas généralement difficile de découvrir à ce moment si l'espèce développée dans la culture appartient aux micrococcus, aux bacilles, aux spirilles, aux streptothrix, aux cladothrix, etc.

Le quatrième caractère basé sur les fonctions pathogènes ou zymogènes des micro-organismes me paraît le plus important; l'espèce qui vient d'être examinée est inoculée aux animaux vivants et introduite en même temps dans des milieux sucrés, chargés d'urée ou d'autres substances fermentescibles. La pathogénèse de l'espèce est déterminée d'après l'action que la bactérie exerce vis-à-vis des animaux choisis habituellement comme réactifs (souris, cobayes et lapins).

Dans le cadre, la flore précédente donnée dans le but unique de servir d'exemple à l'analyste, la pathogénèse se rapporte, on ne l'oubliera pas, aux petits mammifères mis en expérience, car il peut arriver qu'une espèce nocive pour l'homme puisse trouver

sa place dans une autre section, détail qui importe très peu puisqu'il ne s'agit pas ici d'une classification botanique, méthodique et scientifique des bactéries, mais d'une flore à l'usage des micrographes adonnés à l'étude des organismes microscopiques de l'air, du sol et des eaux.

Plus loin, après la classification en tribus, j'ai adopté la subdivision des tribus en groupes en faisant intervenir la fertilité et l'infécondité que présentent les divers terrains à l'égard des bactéries; les caractères macroscopiques tirés de la couleur des colonies, des propriétés liquéfiantes des espèces, de leur faculté de donner dans les milieux liquides des troubles, des voiles répandus à la surface, des dépôts, etc.

Enfin, après ce triage vient la détermination des espèces des divers groupes au moyen de l'étude plus approfondie des coccus, des bacilles qui se présentent en cellules isolées ou associées de diverses manières. A ce moment, on touche de bien près aux individus; cependant, il existe encore, tant au point de vue des cultures qu'au point de vue des actions zymogènes et pathogènes, des particularités nombreuses qui peuvent faire ressortir les différences existant entre les variétés de microbes fort voisins d'aspect et de propriétés.

Quand on est arrivé à trouver un nom déjà connu à la bactérie primitivement rencontrée, il importe de rapprocher la totalité de ses caractères de ceux qu'en ont donnés les auteurs qui en ont fait une étude soignée. Souvent il arrivera qu'on sera maintenu dans le doute sur l'identité de l'espèce trouvée et décrite; cela n'a rien d'incompréhensible, car il n'est pas toujours aisé, même à celui qui découvre un groupe

de bactéries douées d^une même fonction biochimique pathogénique, de les distinguer très nettement les unes des autres. Quoi qu^il en soit, Tanalyste aura fait à ce moment tout son devoir et ce qu'on pourra le moins lui reprocher sera d'avoir négligé dans sa tâche les recherches méticuleuses qu'elle réclame.

J'ai fait de l'analyse qualitative des eaux, surtout des résultats où elle mène, un tableau assez peu encourageant ; je regrette de n'avoir pu dire, en effet, que cette analyse était aussi simple que les essais qui ont pour but la numération des germes répandus dans les divers milieux qui nous entourent, mais je devais à mes lecteurs, je peux presque dire à mes imitateurs, car je crois avoir été un des premiers à vulgariser ces sortes de recherches, je leur devais, dis-je, d'avouer ce qu'une pratique de quinze années m'a enseigné. Elle m'a appris : que les dosages qualitatifs présentent de nombreuses causes d'illusion, que le diagnostic des bactéries offre de très grandes difficultés, qu'on trouve des espèces microscopiques dont l'action nocive sur les animaux n'est en aucune façon négligeable, alors que ces espèces semblent douées d'une parfaite innocuité vis-à-vis des populations qui usent depuis longtemps des eaux qui les renferment ; je suis enfin arrivé à cette conclusion, qu'on ne saurait affirmer d'une façon absolue qu'une eau est inoffensive au point de vue des bactéries, que lorsqu'elle n'en renferme plus une seule, ce qui n'est pas le cas habituel des eau\ stérilisées elles-mêmes, abandonnées quelque temps au contact de l'air.

Néanmoins, je pense que les analyses bactériologiques offrent une utilité incontestable, qu'elles doivent être nombreuses, pratiquées avec constance

et avec les développements qu'elles comportent, jusqu'à ce que, à la faible lueur qui éclaire la science des bactéries, succède une clarté capable de jeter une lumière plus vive sur les côtés de cette science qui restent encore enveloppés d'obscurité.

Page 1