Comparaison avec l'éclairage au gaz. — Il est
assez difficile d'établir une comparaison entre l'éclairag-e par lampes à arc et par le g-az ; la puissance lumineuse des rég-ulateurs, destinés à éclairer une g-rande surface, exige en effet qu'ils soient placés à une assez g-rande hauteur audessus du sol, et par suite aune distance notable des objets à éclairer. Gomme nous l'avons fait remarquer à propos de la comparaison des lampes à arc et à incandescence (n® 162), il est nécessaire de diffuser dans l'espace une très g-rande quantité de lumière lorsqu'on emploie l'arc. Il n'est donc pas absolument équitable de mettre en parallèle le prix de la quantité totale de lumière émise par un régulateur à arc avec celui d'une quantité de lumière équivalente obtenue au moyen de becs de gaz ordinaires.
On se rapproche de la vérité en le comparant avec le prix de revient de la lumière fournie par les becs de gaz intensifs, les becs à récupération, ou mieux encore les becs Auer,
208. Comparaison entre les prix de revient de deux quantités de lumière égales- — Les meilleurs becs à récupération consomment 5o litres de gaz par carcel et par heure. Pour obtenir un éclairage total de 5o carcels, il faut brûler 2 5oo litres de gaz. En supposant le prix du mètre cube de gaz égal à o fr. 3o, la dépense de gaz consommé par les foyers correspondants atteint o fr. 76 par heure, soit o fr. oi5 par carcel-heure, non compris l'amortissement de l'installation, et o fr. 020 en comprenant les frais d'amortissement.
PRIX DE l'Éclairage électrique. 187
209. Comparaison entre les prix de revient de deux éclairages superficiels semblables. — Pour établir une comparaison ayant un réel caractère pratique, il est préférable de mettre en parallèle, dans chaque exemple particulier, le prix de revient de Téclairage d'une salle par des lampes à arc, d'une part, et celui de la môme salle par le g'az, d'autre part, en ne tenant plus compte de la quantité totale de lumière produite par chacun des deux systèmes concurrents, mais en se basant sur les quantités d'électricité ou de g-az à dépenser pour obtenir le même éclairement aux points les plus importants du local intéressé, par exemple au droit des machines-outils ou des établis d'ouvriers s'il s'agit d'un atelier de fabrication (n» 161).
Supposons par exemple le cas d'un atelier d'ajustage. Un foyer électrique de 5o carcels suffit pour 5o mètres carrés environ. Afin d'obtenir aux places des ajusteurs le même éclairement en se servant du gaz, il est utile d'installer, pour une surface égale, 2 becs à récupération de i5 carcels chacun, consommant chacun 760 litres de gaz. La dépense correspondante, à raison de o fr, 3o par mètre cube, s'élèverait à o fr. l\.5 pour la valeur du gaz seul, non compris l'amortissement de la canalisation et de l'appareillage, et à o fr. 5o en tenant compte de cet amortissement.
Nous avions évalué la dépense à o fr. 22 dans le cas de l'éclairage par lampe à arc (n° 206).
210. Résumé. — Les résultats précédents sont résumés dans le tableau ci-dessous.
Modes d-éclairage ^"d\'ca7oThrer
Dynamo. — Régulateurs à arc. o fr. oo45
^ ( Becs à récupération, o 020
Qaz { r» A
3ec^ Avier, q oiq
l88 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
Ces chiffres accusent la supériorité incontestable de Téclairag-e par lampes à arc sur celui que fournissent les brûleurs à gaz les plus perfectionnés.
Cette conclusion n*est pas infirmée, même si Ton fait entrer en ligne de compte les considérations relatives à Téclairement des surfaces, dont il a été question au paragraphe précédent.
SEPTIÈME PARTIE Exemples pratiques d'installations.
211. Exposé* — Nous allons développer, dans ce chapitre, les calculs de trois exemples d'installations de lumière électrique, comprenant à peu près tous les cas qui se présentent le plus habituellement dans de petits agencements. Ces exemples pourront par suite servir de guides pour la grande majorité des problèmes qui se posent dans les éclairages particuliers.
Dans le premier, nous étudierons Téclairage d'un appartement situé dans une ville où il existe une canalisation de lumière électrique. L'installation particulière sera branchée sur les conducteurs généraux de l'usine centrale.
Dans le deuxième, nous admettrons qu'il s'agit d'éclairer un café avec jardin. Les salles de café sont munies de lampes à incandescence, et dans le jardin sont allumées des lampes à arc. Gomme l'établissement n'utilise pas de travail mécanique dans la journée, la force motrice nécessaire pour l'éclairage est engendrée par un moteur à gaz fonctionnant seulement pendant la soirée, et uniquement pour le service des dynamos.
Enfin, dans le troisième cas, nous examinerons un exemple d'éclairage d'usine où il existe une machine à vapeur actionnant des transmissions mécaniques ordinaires,
igo
Une dynamo, embrayée sur l'un des arbres généraux, alimente directement dans la soirée des lampes à arc et à incandescence pour l'éclairag-e des ateliers. Dans la journée, elle charge des accumulateurs destinés à l'allumag-e, à partir de la tombée de la nuit, de lampes à incandescence
Fig. 49-
A Grand Salon. — B Petit Salon. — G Chambre n» 1. — D Cabinet de toilette no 2. — E Cabinet de toilette n» l. — F Chambre n» 2. — G Salle de bains. — H Chambre n» 3. — I Escalier de service. — J Cuisine. — K Wator- Closets. — L Escalier. -- M Orfice. — N Salle à manger. — O Antichambre. — P Couloir.
situées dans les bureaux et les appartements du directeur deTusine.
212. Prix élémentaires. — Gomme prix de revient élémentaires, nous admettrons que le kilowatt d'énerg-ie électrique vendue par l'usine centrale coûte i fr. 5o par heure (prix maximum à Paris), que le cheval-vapeur pris sur les transmissions g-énérales des ateliers de l'usine particulière revient à o fr. 20 par heure, y compris les frais de surveillance et de graissag-e, que le gaz est payé o fr. 3o par mètre cube, aussi bien pour Téclairage que pour le service industriel du moteur, et enfin que celui-ci consomme iqqo litres de gaz à l'heure .
EXEMPLES PRATIQUES O INSTALLATIONS
PREMIER EXEMPLE Éclairage provenant d'une usine centrale.
213. Données. — L'appartement se compose, comme rindique le plan (fig. 49) > d'un grand salon de 3o mètres carrés, d'un petit salon de i5 mètres carrés, d'une salle à manger de 20 mètres carrés, de trois chambres à coucher de 20, 1 7 et 10 mètres carrés, de deux petits cabinets de toilette, deux escaliers, une cuisine, une salle de bains, un office, un cabinet d'aisance, une antichambre et un couloir.L'étage auquel est situé l'appartement a 3,5o mètres de hauteur.
D'après ce que nous avons vu au n» i3o, il faut compter une bougie et demie par mètre carré, chiffre suffisant pour une hauteur d'étage de 3,5o mètres. Supposons que nous disposions de lampes de 20, 16, 10 et 8 bougies. Le nombre total de bougies et leur répartition par pièce sont données par le tableau suivant :