W = EI
33. Unité de travail total. — On emploie encore une autre unité, lorsqu'il s'ag-it d'exprimer le travail total ab-
l6 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
sbrbé ou dépensé pendant un temps donné. Elle correspond, à un coefficient numérique prés, à celle qui est souvent désignée dans les applications mécaniques sous le nom de cheval-heure. C'est le watt^heure, c'est-à-dire la quantité totale de travail fourni par un courant capable de développer une puissance de i w^att et passant pendant une heure dans un circuit.
34. Multiples et sous-multiples des unités. — Les unités que nous avons indiquées sont souvent trop grandes ou trop petites dans les applications pratiques. On emploie alors leurs multiples ou sous-multiples décimaux, que Ton désigne, comme dans le système métrique, en faisant précéder le nom des unités fondamentales de l'un des préfixes suivants :
Déca pour exprimer l'unité multipliée par lo
Hecto id. loo ou lo*
Kilo id. I 000 ou lo^
Myria id. lo ooo ou lo*
Méga id. i ooo ooo ou lo^
Déci id.
Centi
id.
Milli
id
Micro
id
ro^^
lO-l
îôô^^
— rrr ou
io-«
Ainsi on dit un milliampère (un millième d'ampère), un hectowatt (cent watts), un kilowatt-heure (mille wattsheure), un microhm (un millionnième d'ohm), un mégohm (un million d'ohms), etc.
35. Piles. — Les piles électriques ne sont pas employées pour l'éclaii^age, sauf dans quelques cas insignifiants ;
aussi ne nous y arrôterons-nous pas ; tous les traités d'électricité et les catalogues des constructeurs donnent d'ailleurs les renseignements utiles sur leur force électromotrice et leur résistance intérieure.
La force électromotrice d'une pile, comme celle qui est due à toute action chimique, prend naissance au point où se produit cette réaction. Ainsi, dans une pile Bunsen, elle se développe à la surface du zinc qui est attaquée par l'acide sulfurique. Elle dépend uniquement de la nature même de la réaction chimique et n'a aucun rapport avec les dimensions ou le poids des matières mises enjeu. Toutes les piles de même composition auront donc la même force électromotrice, quel que soit leur module.
Au contraire, la quantité d'électricité qui est susceptible d'être fournie par un élément dépend seulement des dimensions de cet élément, de sorte qu'une pile volumineuse pourra fournir un courant d'une intensité plus grande qu'une petite pile. Cela tient à ce que la résistance intérieure d'un élément varie généralement en sens inverse des surfaces chimiques actives qui le composent, et à ce que la fatigue d'une électrode, pour un même courant total, est d'autant plus faible que sa surface est plus grande.
Si l'on veut assimiler ces phénomènes à ceux que présente la chaleur, on peut remarquer, par exemple, qu'un corps fond toujours à la même température, quels que soient son poids et les circonstances extérieures. Par contre, il faudra une quantité de chaleur plus grande, ou un nombre de calories plus élevé pour fondre i kilogramme que pour fondre i gramme d'une même matière, bien que le point de fusion soit constant. Dans les deux cas, on constate la constance de la température calorifique ou électrique, et la variation de la quantité avec la masse des matières mises en action.
l8 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
La seule question que nous traiterons au sujet des piles est l'examen de leurs modes d'association, car la manière d'opérer et les résultats obtenus sont identiques à ceux que l'on observe dans la réunion de plusieurs sources d'électricité quelconques.
36. Association de sources d'électricité. — L'association de plusieurs sources d'électricité peut se faire comme celle de réservoirs d'eau.
Supposons deux réservoirs fermés et étanches. Mettons l'un d'eux immédiatement au-dessus de l'autre et réunissons-les par un tuyau. Si l'on place au bas du réservoir inférieur une conduite d'eau, le liquide s'écoulera en vertu de la somme des pressions exercées par l'eau à la partie inférieure de chaque réservoir pris isolément.
Mettons au contraire les réservoirs l'un à côté de l'autre, au même niveau, et réunissons-les parla base. La pression de l'eau dans le tuyau inférieur qui les relie sera la même que celle de chaque réservoir isolé, mais tout se passera comme si, au lieu de deux réservoirs, on en avait un seul d'une surface double, contenant une quantité d'eau double.
Le premier mode de réunion s'appelle association en
pression ou en tension ; le second, association en surface ou en quantité.
Il en est de môme dans le cas de doux sources électriques. Pour réunir ces deux sources, on peut faire communiquer la borne positive de Tune avec la borne nég-ative de l'autre, et relier les bornes extrêmes par un conducteur (fig. 3) : on obtiendra une pression ou force électromotrice résultante double de la force électromotrice obtenue avec une seule source (si les deux sources sont ég-ales). On réalisera ainsi ce qu'on appelle l'association en tension ou en série ; c'est ce qu'exprimait le premier membre de la première équation de l'exemple précédent (n^ 29) par l'application de la loi d'Ohm.
Si, au contraire, on fait communiquer ensemble les bornes positives d'une part et les bornes nég-atives de l'autre, en reliant les deux pôles extrêmes par un fil (fig*. 4)? la force électromotrice résultante ne sera pas plus élevée qu'au cas où elle serait eng-endrée par une seule source ; mais un calcul analog-ue à celui du n» 29 prouverait qu'en conservant les mêmes résistances dans les lig-nes, la quantité d'électricité débitée dans les conducteurs, ou l'intensité du courant, est double de
celle qui passe lorsqu'il n'y a qu'une source. C'est ce qu'on appelle le g-roupement en quantité ou en dérivation.
Fi^. 4.
37. Dérivation, shunt. — On appelle dérivation tout circuit secondaire partant de deux points d'un conducteur
principal, et susceptible de former un circuit fermé sur la source d'électricité, en empruntant une portion du circuit principal. Exemple le fil c rf (fig*. 2) qui peut être considéré comme faisant partie du circuit fermé c ef g h d c est une dérivation. On Tappelle aivssi quelquefois shunt.
38. Description sommaire. — Les appareils producteurs d'électricité sont le plus généralement des machines dyna^ mO'électriques ou dynamos.
Les machines produisent, suivant leur mode de construction, des courants continus ou des courants alternatifs. Nous ne nous occupons que des machines à courants continus^ celles-ci étant presque toujours employées aujourd'hui dans les petites installations.
En principe, une dynamo se compose de deux électroaimants voisins placés de telle sorte qu'ils présentent deux de leurs pôles de noms contraires en face l'un de l'autre. Entre ces deux pôles tourne un anneau formé d'une série de petites bobines d'induction disposées en cercle. Le fil des électro-aimants (g-énéralement appelés électros) se nomme V inducteur. L'ensemble des bobines d'induction constitue V induit ou Varmature,
Par suite de sa rotation entre les pôles E des électros (fig*. 5), les bobines de l'armature A Sont traversées par des courants dont le sens est déterminé par les lois de l'induction. Les extrémités des fils de ces bobines sont reliées a une série de lames de cuivre isolées et disposées les unes à côté des autres de manière à former par leur réunion un
cylindre calé sur l'arbre de rotation delà dynamo. Ce cylindre G, par rintermédiaire duquel on recueille tous les courants qui se développent dans l'armature, se nomme leco/lecteur. Il se produit sur le collecteur deux pôles fixes dans
l'espace aux extrémités d'un même diamètre, et en reliant ces points par un fil, on obtient la force électromotrice maxima que peut produire la dynamo. Pratiquement, on applique sur chaque pôle du collecteur, au lieu d'un fil, un faisceau de fils appelé balai. Les balais B sont reliés par des petits conducteurs souples aux bornes de la dynamo. De ces deux bornes partent le fil positif et le fil nég'atif de la canalisation que Ton veut établir.
On a adopté pour les dynamos beaucoup d'autres dispositions, mais le principe de leur fonctionnement reste le même.
Fig. 5.
A armature ou induit.— BB' balais. — C col.
lect:îur. — EE' électros. — NS bornei.
39. Dynamos à anneau et à tambour. — Dans certaines dynamos, l'induit est formé par un cylindre creUx ou par un tore composé de fils ou de lames de fer doUXj autour duquel est enroulé le fil de cuivre des bobines. Le courant qui se développe dans ces bobines est ensuite transmis par le collecteur et les balais aux bornes de la machine. Les armatures présentant cette disposition sont appelées induits en anneau (fig*. 6).
Fig. 6.
MACHÎNËS DYNAMO-ELECtRtQUËS, 20
Dans d'autres cas, au contraire, l'induit se présente sous la forme d'un cylindre plein composé de lames de fer doux, et le fil de cuivre est enroulé sur toute la surface extérieure du cylindre. Les armatures ainsi construites sont appelées induits en tambour (fi g*. 7).
40. Dynamos multipolaires. — La plupart des petites dynamos à courant continu sont composées, comme nous venons de le dire, de deux électro-aimants et d'une armature qui tourne entre leurs pôles de noms contraires. Dans d'autres machines,
plusieurs électro-aimants (toujours en nombre pair) sont disposés en cercle autour de l'armature, et l'induit tourne au centre de la couronne ainsi formée. Ces dynamos sont dites multipolaires.
On a môme construit des dynamos à un seul pôle ; elles sont appelées unipolaires.
Les dynamos ordinaires sont bipolaires.
Les propriétés des dynamos sont identiques, quel que soit leur mode de construction, que leur induit soit en anneau ou en tambour, qu'elles soient bipolaires ou multipolaires. Aussi, ne nous étendrons-nous pas sur cette question ; les détails de construction des différents systèmes de machines sont décrits minutieusement dans de nombreux traités auquels nous renverrons le lecteur, car cette étude sortirait de notre cadre.
41. Machines magnéto-électriques. — A l'orig-ine, avant l'invention des machines dynamo-électriques, on avait construit des appareils en se servant d'aimants permanents
ECLAIRAGE ELECTUKJCL'*
au lieu d'élcctro-aimauts pour produire l'iuductiou dans le fil de l'armature. Ces machines, appelées magnéto-électriqueSy sont à peu près abandonnées aujourd'hui pourl'éclairag-e.
42. Excitation d'usé dynamo. — Nous avons vu que le courant d'induction prend naissance dans l'armature par
suite de la rotation de cet organe entre les pôles des électros. Pour que ces pôles des électros puissent se produire, il faut que les bobines de fil qui les entourent soient traversées par un courant ; on dit alors que la machine est excitée, eila.
façon dont on produit le courant de l'inducteur s'appelle le mode d'excitation de la dvnamo.
43« Machines à excitatrice séparée. — Dans les installations très importantes, on emploie, pour exciter les électros, une dynamo spéciale appelée excitatrice. On peut de cette façon rég-ler l'excitation et par suite la puissance de la machine, comme nous le verrons plus loin, avec une g-randc précision. On dit, dans ce cas, que la dynamo est une machine à excitatrice séparée.
44. Machines excitées en série. — On peut aussi obte^ nir l'excitation d'une dvnamo en intercalant directement
A armature. —BB balais. — C collecteur.— EE' électros. -- NS bornes.
MACHINES DYNAMO-ELECTlUyUES. 20
les électros dans le circuit général du courant. C'est alors le courant lui-même qui produit les pôles des électros, d'où l'induction de l'armature. La figure 8 indique la disposition schématique des machines ainsi construites, appelées dynamos excitées en série. Le courant part de la borne N, revient à la borne S par le circuit, passe ensuite dans les électros E' et E, puis par le balai B, entre dans le collecteur G, traverse l'armature A, sort du collecteur par le balai B', et le circuit se ferme à la borne N.
45. Machines excitées en dérivation. — Au lieu de faire circuler tout le courant de la dynamo dans les électros, on peut n'en laisser passer qu'une partie. Pour cela, au lieu de former les bobines des électros par le prolongement du fil traversé par le courant de la dynamo, comme dans le cas précédent, on les construit au moyen d'un fil auxiliaire branché en dérivation sur le conducteur principal (n« 87). Cette dérivation s'appelle souvent le shunt de la dynamo. La figure 9 indique le schéma de la disposition d'une dynamo excitée en dérivation. Le courant principal part de la borne N, revient à la borne S, passe par le balai B', traverse le collecteur C et l'armature A, sort par le balai B,etle circuit se ferme à la borne N. — Le circuit secondaire,
A armature.
BB' balais. — Gcollectenr. •
EE' électros. — NS bornes.
formant le shunt ou la dérivation, part de la borne N, traverse les électros E et E', revient à la borne S, et passe par le conducteur g-énéral pour se fermer sur la borne N.
46. Machines Compound. — Les dynamos excitées en série et en dérivation ont des propriétés différentes, que
nous étudierons plus loin ; on a imag-iné de construire des machines excitées à la fois en série et en dérivation ; on les appelle machines compound ; la figure lo en indique la disposition schématique.
Le courant principal part de la borne N, revient à la borne S, passe dans les électros, puis arrive au balai B, traverse Tarmature A, sort du collecteur G par le balai B' et se ferme
sur la borne N. Le deuxième circuit, formant la dérivation
ou le shunt, part de la borne N, passe dans les électros, et
revient à la borne S.
Le fil de l'excitation en série est un gros fil ; le fil de
l'excitation en dérivation est wwjil fin,
47. Autres modes d'excitation. — II existe encore d'autres modes mixtes d'excitation^ mais ils sont peu employés dans les petites installations ; nous ne les exatninerons pas*
Fig. 10.
A armature. -- BB' balais. — C Collecteur. — EE' électros. — NB'CBE'ES içros fil. — NEE'Sfll fin.
48. Fonctionnement des dynamos. — Quel que soit le mode d'excitation, le principe du fonctionnement des dynamos à courant continu est toujours le même ; le. courant de série ou de dérivation passant dans les électros produit à leur extrémité deux pôles magnétiques de noms contraires. Par suite de la rotation de l'armature entre ces deux pôles, il s'y développe par induction le courant qui circule dans le fil induit, et de là dans le circuit général.
On conçoit très facilement la continuité de ces phénomènes pendant le fonctionnement normal de la machine, les conducteurs agissant d'une façon permanente sur l'induit, et celui-ci réagissant sur les électros grâce au courant de dérivation ou au courant principal lui-même (dans les dynamos excitées en série). Mais il n'en est pas de même au moment de la mise en marche, lorsqu'il n'existe encore dans le circuit aucun courant susceptible d'aimanter les électros.
Voici alors ce qui se produit : les noyaux des électros sont généralement en acier, quelquefois en fonte ou en fer. Dans les conditions habituelles, il reste toujours dans leur masse, en vertu de lai/orce coercitioe, un peu d'aimantation. On dit alors que la machine est amorcée. Cette aimantation rémanente suffit à produire dans l'induit un faible courant d'induction ; le courant, recueilli dans le circuit, agit à son tour sur les électros qu'il aimante davantage ; ceux-ci réagissent plus vigoureusement sur l'induit, et ainsi de suite jusqu'au moment où l'équilibre est établi et où la force électromotrice atteint sa valeur habituelle. En pratique, il suffit, pour arriver à ce résultat, de quelques instants, au bout desquels la dynamo fonctionne à son allure normale.
49. Influence de la vitesse de rotation de la dynamo et de l'intensité du courant des électros sur la force élec-
tromotrice. — Lorsque le nombre de tours d'une dynamo augmente, toutes choses égales d'ailleurs, la force électromotrice développée augmente aussi.
Lorsque l'intensité du courant qui traverse les électros augmente, la force électromotrice de la dynamo augmente également.
Ces deux augmentations sont à peu près proportionnelles aux causes qui les ont fait naître, au moins pour des limites peu étendues en deçà et au delà des constantes ordinaires de la machine.
50. Propriétés des différentes machines. — Une dynamo est susceptible de développer entre ses bornes des différences de potentiel très variables, d'où résultent des courants d'intensités diverses pour une vitesse donnée. La force électromotrice et l'intensité maxima pour lesquelles une dynamo est construite sont appelées les constantes de la dynamo. Ainsi un constructeur indiquera sur ses tarifs qu'une certaine dynamo, à la vitesse de i 800 tours, est capable de fournir un courant de i4 ampères, sous une différence de potentiel de 70 volts. Ce sont les limites maxima pour lesquelles la machine est établie.
Pour une vitesse déterminée d'une dynamo, la force électromotrice (mesurée aux bornes de la machine) et l'intensité varient d'après la résistance du circuit extérieur. Si l'on trace une courbe dans laquelle les abscisses représentent l'intensité et les ordonnées la force électromotrice, on peut se rendre compte du régime de marche de la machine. Cette courbe s'appelle la caractéristique de la dynamo.
La force électromotrice, l'intensité, et la résistance totale (c'est-à-dire la résistance du circuit plus une constante qui représente la résistance intérieure apparente de la machine) sont d'ailleurs liées entre elles par la loi d'Ohm (n« 22) E = IR
MACftINES DYNAMO-ELECTRIQUES.
Il en résulte que la résistance R = - est représentée
sur la caractéristique par la tangente trig-onométrique de l'ang-le formé par Taxe des x et la droite qui joint l'orig-ine au point de la courbe considéré (fig*. 11).
51, Machines excitées en série. — Les machines excitées en série ont une caractéristique analogue à celle de la figure II.
Lorsque la résistance extérieure est très grande, l'intensité est très faible, ainsi que la force électromotrice. Lorsque la résistance extérieure diminue, l'intensité augmente et la force électromotrice aussi ; la force électromotrice augmente d'abord plus vite que l'intensité, puis c'est l'inverse au bout d'un certain temps.
D'après cela on voit qu'il est impossible d'alimenter au moyen d'une dynamo excitée en série un éclairage établi suivant la disposition presque unanimement adoptée pour les petites installations, c'est-à-dire comportant un certain nombre de lampes en dérivation (fig. 12) ; si, en effet, le
régime étant une fois établi pour un certain nombre de lampes, on en allume une nouvelle, la résistance extérieure diminue (puisqu'on offre un débouché plus grand au courant) ; par suite, Fintensité et la force électromotrice augmentent, d'après ce que nous venons de voir ; ces conditions sont inadmissibles, car il est nécessaire de maintenir une différence de potentiel constante aux bornes des lampes, comme nous le verrons plus loin (no 128). Si Ton tient à cette disposition, on peut absorber l'augmentation de force électromotrice par une résistance complémentaire intercalée dans le circuit ; mais cette résistance détruit en pure perte une partie du travail produit par la machine, laquelle est par suite mal utilisée.
Si, au contraire, on dispose les lampes en série comme l'indique la figure i3, l'intensité du courant qui circule dans la canalisation doit être constante (n^ 6).
La dynamo doit être construite de telle sorte qu'à cette intensité corresponde la force électromotrice maxima nécessaire à l'alimentation de toutes les lampes réunies.
Si l'on éteint une lampe, il faut alors la remplacer par une résistance correspondante, absorbant une force électromotrice égale à celle du foyer supprimé. Il en résulte encore une perte de travail, comme dans le cas que nous avons examiné précédemment.
Les machines excitées en série ne conviennent donc généralement que pour une installation comprenant un nombre fixe de lampes, toutes allumées à la fois. C'est une condition qui se présente assez rarement dans la pratique, surtout pour Téclairage à incandescence.
Fig.
MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES.
Elles ont encore un autre inconvénient, celui de se désamorcer facilement dans certaines circonstances, comme nous le verrons en étudiant les machines compound (n® 54). Elles sont en général peu employées en France dans les installations ordinaires.
52. Machines excitées en dérivation. — Les machines excitées en dérivation ont une caractéristique analogue à celle de la figure i4.
Lorsque la résistance extérieure diminue, l'intensité du courant augmente et la force électromotrice diminue.
Si une pareille dynamo alimente un éclairage comprenant un certain nombre de lampes disposées en dérivation, lorsqu'on allume une nouvelle lampe, la résistance extérieure diminue, l'intensité augmente, mais la force électromotrice s'abaisse. Il semble donc au premier abord que ce genre de machines ne convient pas à l'éclairage direct. Cependant, on voit par la forme de la courbe que la force électromotrice diminue très peu à partir d'une certaine résistance. On s'arrange en général pour que cette partie de la courbe presque horizontale soit seule utilisée dans les limites de l'installation.
De plus, il existe un procédé qui permet de régler exactement à la valeur voulue la force électromotrice des machines excitées en dérivation, quelles que soient la résistance extérieure et l'intensité du courant ; on intercale dans le shunt de la dynamo un rhéostat, appelé rhéostat d'excitatiop,, permettant d'augmenter ou de diminuer la
Fig. i3.
résistance de ce shunt. Supposons que la dynamo produise une force électromotrice de 70 volts, et que la résistance du shunt soit de 100 ohms. L'intensité du courant qui passe dans la dérivation, d'après la loi d'Ohm (n« 22), sera
— = 0,70 ampère.
Intercalons dans le shunt une résistance de 20 ohms. L'intensité du courant de dérivation ne sera plus que de
— z=2 0,08 ampère.
Il en résulte que la force électromotrice de la dynamo di-
Fig. 14.
minuera sensiblement dans les mêmes proportions, comme nous l'avons vu au n» 49-
On peut, de cette façon, grâce au rhéostat d'excitation, en augmentant la résistance de la dérivation lorsque la résistance extérieure s'élève, rendre constante la force électromotrice de la machine, puisque l'augmentation de résistance extérieure tend à élever la force électromotrice et que l'augmentation de résistance de la dérivation tend à l'abaisser,
MACHINES DYNAMO-ELECTIUOUES.
Cette manœuvre permet d'obtenir un éclairage bien rég'ulier, môme au cas où l'on éteint presque toutes les lampes de la canalisation, et où la force électromotrice atteindrait, sans cet artifice, une valeur très élevée, comme l'indique la figure i4.
53. Machine3 compound. — Les machines compound ont pour caractéristique une ligne sensiblement droite et à peu près horizontale ; l'enroulement en dérivation tend en efTet à augmenter la force électromotrice avec la résistance extérieure ; l'enroulement en série tend au contraire à la diminuer. Le constructeur calcule l'importance de ces deux enroulements de manière que la force électromotrice développée par la dynamo soit la même lorsque l'intensité du courant du circuit général atteint sa plus grande et sa plus petite valeur. Entre ces deux limites, la force électromotrice reste à peu près constante lorsque l'intensité varie.
Fig. i5.
Les machines compound paraissent donc les plus avantageuses pour l'éclairage. Elles sont en effet très commodes pour l'éclairage direct, surtout lorsquelles sont bien
réglées ; mais cela n'arrive pas toujours, parce que le compoundage est établi par le constructeur pour une vitesse déterminée, et il n'existe plus pour une vitesse plus g-rande ou plus petite.
54. Désamorçage, cliangement de polarité. — Lorsqu'il s'ag-it de charger des accumulateurs, les machines Gompound ont le désavantage d'être susceptibles de se désamorcer, comme les machines excitées en série, pour les raisons suivantes :
Lorsqu'on arrête une dynamo, nous avons vu (n» 48) que le magnétisme rémanent des électros permet à la machine de s'amorcer au moment de la mise en marche. Mais lorsque, pour une cause accidentelle quelconque, il se produit dans les électros des machines excitées en série un courant de sens inverse à celui que fournit normalement la dynamo, ce courant développe dans les électros des pôles de noms contraires aux pôles habituels, et lorsqu'on remet la dynamo en marche, le sens du courant développé dans le circuit est inverse de celui qui est obtenu en temps ordinaire. On dit alors que la polarité de la dynamo est renversée. Ce renversement peut avoir de graves inconvénients, lorsqu'on charge des accumulateurs ou lorsqu'on fait des décompositions électrolytiques. Il est indispensable de l'éviter : nous en verrons plus loin le moyen (n» 71).
Bien que ce renversement de polarité se produise presque instantanément, il peut arriver que le courant qui tend à passer en sens inverse dans les électros arrête son action au moment précis du changement de signe des pôles ; l'aimantation des électros est alors complètement détruite et la dynamo ne produit plus aucun courant lorsqu'on la fait tourner. On dit alors que la machine est désamorcée.
Ç5. IÇedressement des pôles, réamorçaçe. — Il faut
MACHINÉS DYNAMO -ÉLECTRÎQUËS. 35
s*efforcer d'empêcher que ces accidents n'arrivent ; mais lorsqu'ils se produisent malgré toutes les précautions que l'on a pu prendre, il est assez facile d'y remédier.
Dès qu'on s'aperçoit que la polarité des électrosest renversée, il faut commencer par arrêter la dynamo. On procède ensuite à l'opération inverse de celle qui a produit le renversement des pôles, en attachant à la borne positive du tableau de distribution (n» i -yS) l'extrémité du fil négatif du courant de retour, et réciproquement. On fait ainsi passer dans les électros, pendant quelques instants, à l'aide d'un commutateur, un courant circulant en sens inverse de celui qui les a dépolarisés, et la dynamo se désamorce.
Lorsque la machine est désamorcée, on la remet en marche, et l'on fait de nouveau passer, à différentes reprises et pendant quelques moments, le même courant inverse dans les électros, jusqu'au moment où un courant commence à se manifester dans le circuit. On voit alors le voltage augmenter graduellement dans le sens voulu, et la machine reprend son état normal. Ce résultat obtenu, il faut naturellement se hâter de rattacher les fils à leurs bornes respectives, avant de rétablir la communication avec le circuit général.
Toutes ces indications de sens du courant sont fournies par la lecture du voltmètre et de l'ampèremètre qui doivent faire partie de toute bonne installation (n» 68).