STEEPLE-CHASE
Les steeple-chases sont des courses dans lesquelles les chevaux sautent des murs en pierre sèche, des rivières, des haies, etc.
Elles se font à un train moins rapide que celles de haies et les plates.
Les chevaux y déploient de plus grands efforts et arrivent au poteau en petit nombre, à cause des chutes occasionnées par la hauteur et la largeur des obstacles.
Ils doivent avoir une bonne taille, un excellent caractère, des moyens puissants, du sang et de la franchise à aborder les obstacles.
Le cheval que l'on entraîne à ce genre de courses est exercé pendant deux heures, au pas, le matin, et deux heures le soir, et tous les deux jours on le met à un temps de galop sur un parcours de trois mille mètres, puis on lui administre deux à trois suées suivies d'une purgation.
Au bout de deux mois, on le prépare sur les obstacles à travers champs et on porte le parcours à quatre mille mètres.
Tous les dix jours on donne des suées en faisant parcourir sept à huit mille mètres, et quel-
ques jours avant l'épreuve, cette distance, réduite à trois mille mètres, est faite dans un train modéré.
L'avant-veille de la course, le parcours sera
d8 trois mille mètres, et îa dernière partie sera vwe et soutenue.
Lorsque le starter a abaissé son drapeau, les chevaux partent et se placent en peloton. Lorsqu'ils arrivent sur l'obstacle, les jockeys ou les gpntlemen-riders les dirigent bien droit dessus et allongent un peu les rênes pour ne pas être projetés en avant et se les voir arracher des mains par le mouvement brusque de l'encolure, les reprennent en portant le corps en arrière au moment où ils arrivent à terre et font repartir vite leurs chevaux. Lorsque les chevaux, pour
mieux mesurer leur élan, marquent un ralentissement près de l'obstacle, leurs cavaliers les actionnent des jambes et soutiennent davantage la tête.
Il est nécessaire de bien choisir sa place pour sauter, afin de ne point bousculer ses concurrents, de ne pas se laisser prendre d'écharpe par ceux qui sautent de travers et d'éviter de se heurter à ceux qui sont tombés.
Lorsque quelques chevaux se dérobent, il faut diriger le cheval en sens opposé et l'empêcher de tirer au large et de les suivre.
La première place, pendant toute la durée du parcours, est la plus avantageuse ; elle permet de sauter avec calme, sans être dérangé par les autres chevaux et d'apercevoir nettement l'obstacle. Le seul accident à redouter serait une chute qui ferait passer sur le cavalier gisant à terre le peloton des chevaux venant derrière lui. Le cheval qui arrive au dernier obstacle sans avoir fait une faute est fatigué et réclame un appui plus énergique; s'il est seul, il arrive à un galop modéré; si d'autres adversaires sont à sa hauteur, il finit dans un rush rapide.
Les steeple- chases sont attristés par de nombreux et graves accidents qui proviennent souvent de la faute des cavaliers, qui montent sans
avoir acquis l'expérience nécessaire pour aborder ce périlleux hippodrome hérissé d'obstacles difficiles. On y emploie trop souvent des chevaux usés prématurément, et qui n'ont plus assez d'énergie et les membres assez solides pour sauter des haies, des rivières, des murs et des banquettes ayant d'aussi grandes dimensions. Ils arrivent épuisés contre l'obstacle et sont impuissants à le franchir. Ils butent et entraînent dans leur chute inévitable leur cavalier qui est atteint par les pieds des concurrents et reçoit de graves blessures.
En France, la Société de steeple-chases a réglementé ce genre d'épreuves, qui fit son apparition chez nous en 1832, à la Groix-de-Berny.
Les principaux hippodromes sont : Auteuil , La Marche, le Vésinet , Saint-Ouên, Dieppe , Porchefontaine et Spa, en Belgique.
Tous les obstacles sont artificiels et placés sur des pistes plates, et le parcours est tracé en forme de serpentine afin d'augmenter les difficultés. Il est difficile de faire traverser à des steeplechases des terrains de culture accidentés; le morcellement de la propriété s'y oppose. Celui de Bade, en Allemagne, est un des mieux aménagés par la série et la variété d'obstaclses naturels qu'il présente. En France, les réunions d' Auteuil
sont les plus sérieuses et les plus suivies, celles où les meilleurs sauteurs français et anglais viennent se mesurer et montrer leurs remarquables performances.