‹ Manuel pratique d'équitationChapitre 104 sur 113 · VOITURES ET HARNAIS · texte numérisé non relu

VOITURES ET HARNAIS

Le cheval est plus souvent destiné à être attelé seul ou à deux qu'à porter un cavalier.

De nos jours, où les voies de communication sont macadamisées et praticables, on fait usage de voitures de tous genres. Les principales voitures de luxe à deux roues sont le dog-cart, le cabriolet; celles à quatre roues sont le landau, la Victoria, le coupé, le phaéton, le vis-à-vis et quelques autres. Les premières s'attellent à un seul cheval, les secondes reçoivent généralement deux chevaux.

Les harnais se construisent de diverses façons, suivant le but que l'on se propose.

Nous donnerons ici la description du harnais de phaéton, le plus simple et le plus usité.

Le cheval tire la voiture au moyen d'un collier de forme ovale, rembourré pour porter sur les épaules ou au moyen d'une bricole, courroie large qui passe sur le poitrail. Le collier est entouré de deux cercles de fer appelés attelles, qui se bouclent au-dessus et au-dessous par des courroies. Chaque attelle possède à son sommet un anneau où passent les rênes de bride, et un peu plus bas un autre où le trait est fixé.

Le trait se compose d'une courroie large, attachée d'une part à Fattelîe, de l'autre à la volée. Sur le c] levai repose la sellette ou mantelet, garnie de deux anneaux pour le passage des rênes et d'un crochet d'enrênage placé en haut et au milieu. Cette sellette est maintenue sur le cheval parla croupière et la sous-ventrlère, et reçoit une courroie appelée dossière, fixée de chaque côté à une boucle et à un anneau appelé le grand boucleteau, soutenant le brancard. Ce harnachement est complété par l'avaloire qui passe sur la croupe et se fixe aux brancards.

La bride comprend les deux montants et les œillères, un frontal, une muserolle, une têtière, une sous-gorge. Le mors est bouclé aux montants. Les guides sont deux bandes de cuir longues et étroites, attachées aux anneaux porterênes du mors. On se sert de doubles rênes

lorsque le cheval est nerveux et difficile à manier; une paire de rênes est fixée à hauteur du canon, l'autre plus bas sur la branche.

Le harnais pour atteler à deux diffère de celui que nous venons de décrire par les accessoires suivants. Les cuirs sont plus légers ; la sellette n'ayant pas à supporter de brancard est plus légère.

Les parties inférieures des attelles sont réunies par un anneau métallique ovale qui reçoit un autre anneau auquel on boucle le timon et qui sert à faire reculer la voiture. La courroie portetrait soutient les boucles des traits. Au bout des traits se trouve un anneau qui entoure le boulon de volée. Le plus souvent l'avaloire est remplacé par la barre de fesse qui supporte les traits.

Une rêne s'attache à la partie extérieure du mors, une autre (entre-deux) est fixée par une boucle à la rêne du dedans de façon à pouvoir être allongée ou raccourcie à volonté. Ces entredeux se bouclent au côté intérieur du mors du cheval voisin ; de cette façon la rêne de dehors et son entre-deux agissent sur les dehors du mors de chaque cheval et les rênes de dedans agissent sur le dedans des mors. Les rênes se croisent après leur passage dans les crochets de sellette et d'attelle.

Les manches de fouet sont plus ou moins légers et longs, suivant la nature de l'attelage.

2* MANIÈRE DE GARNIR ET d'atteler.

On détache le cheval et on le fait retourner dans sa stalle, la croupe dirigée du côté de la mangeoire. On passe le collier tourné sens dessus dessous, afin de ne pas blesser les yeux et les ganaches avec la partie étroite et dès qu'il est à hauteur de la nuque, on le replace dans sa position normale et on le fait glisser sur l'encolure pour l'appliquer contre les épaules. On place les attelles et on les boucle. On approche doucement du cheval et on met sur son dos la sellette sans brusquerie ; on lève la queue et on passe la croupière dessous en ayant soin de ne laisser aucun crin entre le culeron et la peau ; puis on attire la sellette vers le garrot en tendant légèrement la croupière et on boucle la sous-ventrière sans à coup. La bride est mise à la tête du cheval.

Pour atteler le cheval au brancard, on les soulève et on fait reculer le cheval; lorsqu'il est bien placé on abaisse les brancards et on les glisse par-dessus ou par dessous les boucleteaux; on

fixe les traits à la volée, Tavaloire aux brancards et on serre la fausse sous-ventrière.

Lorsqu'on attelle à deux, on place le cheval parallèlement et à hauteur du timon, on fixe la chaînette à l'anneau placé en bas de l'attelle, et on attache les traits à la volée ; on boucle chaque croisière au mors du cheval voisin et on fixe les guides aux entre-deux.

Pour dételer on commence par où on a fini en attelant.

Page 1