DU DRESSAGE DU CHEVAL
manie la cravache et la chambrière, et lui prête un appui intelligent.
Le caveçon devra être ajusté de manière que la muserolle, placée à deux doigts de l'extrémité inférieure des os du nez, ne gène pas la respiration en pressant les cartilages, et soit assez éloignée des yeux pour ne pas les offenser; la boucle ne sera pas trop serrée ainsi que celle de la sousgorge. La longe, fixée à l'anneau de la muserolle, doit avoir de 8 à 9 mètres de longueur. Sous le caveçon est un bridon.
Le cavalier, tenant de la main droite les rênes du bridon passées sur l'encolure du cheval et de la main gauche la longe enroulée, détermine le cheval à se porter en avant (à main gauche). Dès qu'il obéit à ce mouvement, il déploie peu à peu la longe et forme le centre d'un cercle d'environ 8 mètres de diamètre. L'aide se place derrière la corde et suit le cheval à quelques pas sur un cercle parallèle en l'excitant de la voix et de la chambrière, s'il refuse de marcher et veut ou se jeter en dehors du cercle ou rentrer à l'intérieur. Lorsque l'élève a fait quelques pas, on l'arrête en criant : holà! et en accompagnant cette interpellation d'une saccade, en cas de refus d'obéissance. Cette saccade légère s'applique en élevant la main en l'air et en l'abaissant brusque-
ment par une secousse de bas en haut. Le caveçon est un instrument dur et dangereux entre des mains inhabiles; il doit être employé avec tact et légèreté ; sans cela il inspire à l'élève une telle défiance qu'il se débat contre son action, devient rétif et perd le fruit des leçons antérieures si longuement acquises. Le cavalier fait exécuter au cheval plusieurs tours d'abord au pas, ensuite au trot à la même main, et lorsque ce dernier marche avec franchise et se livre avec confiance, il raccourcit la longe, l'attire à lui, le caresse et le met sur l'autre main (à main droite), où il recommence la série des exercices précédents en suivant rigoureusement la même progression.
Le pas, le trot et le galop sont ainsi enseignés au cheval et ces allures sont ainsi réglées au degré voulu. Chaque allure doit être entamée lentement et ne doit parvenir à sa vitesse normale qu'après quelques foulées; elle ne doit pas être diminuée brusquement; elle s'éteint pour ainsi dire d'elle-même par un ralentissement graduel des derniers pas. Ainsi, pour prendre le galop, le cheval se met en mouvement au pas, l'allonge jusqu'à ce qu'il passe au trot, puis soit obligé de partir au galop.
Pour passer du galop au pas, la progression inverse a lieu. Il serait d'un effet déplorable d'ar-