DE LA SELLE
La selle anglaise est la plus commode pour le cavalier dont elle ne gêne pas les mouvements, et la plus légère pour le cheval qu'elle ne surcharge pas et qu'elle n'emprisonne pas entre un poitrail et une croupière, comme l'ancienne selle à la française. Elle est d'un usage général.
Elle se divise en corps de selle et accessoires.
Le corps de selle renferme les arçons, les Itandes, le siège, les panneaux, les quartiers, les faux-quartiers et les contre-sanglons.
Les accessoires sont les sangles, les ètrivières et les ètriers,
Varçon est la charpente en bois qui donne à la selle sa rigidité et sa forme; il est fait en bois de hêtre et comprend Varcade, le troussequin et les l)andes*
V arcade sert de base par sa partie supérieure au pommeau et forme par sa partie inférieure une voûte nommée liberté dé gary^ot.
Le troussequin domine l'arçon postérieur et présente inférieurement une voûte nommée Hberté de rognon.
Les dandes sont deux pièces de bois plates et larges d'environ trois doigts, reliant l'arcade au troussequin et portant également le long du dos
du cheval de manière à laisser entre elles un espace libre où se loge l'épine dorsale.
Le siège est la partie sur laquelle est assis le cavalier ; il est en peau de cochon.
hes panneaux sont deux coussinets de toile ou de flanelle rembourrés, fixés au-dessous de la selle et mis en contact avec le dos du cheval pour préserver son garrot, son rein et ses côtes du frottement des arçons.
Les quartiers sont deux larges pièces en cuir de vache souple s'interposant entre le cavalier et le cheval ; au-dessous d'eux sont les faux-quartiers qui protègent le cheval contre les boucles des sangles.
Les contre-sanglons, fixés au-dessous des fauxquartiers, servent à attacher la boucle des sangles.
Les sangles sont de larges bandes en tissu de fil ou en corde, portant à chaque extrémité un boucleteau en cuir et servant à maintenir la selle en place.
Les ètrivières supportent les étriers et sont fixées à la selle par des porte-étrivières à ressort.
Les ètriers sont en fer poli ou en acier ; on y distingue l'œil, les branches et la semelle.
Quelquefois, entre la selle et le dos du cheval, on interpose un tapis de feutre ou de cuir souple de la même dimension que les panneaux, destiné à adoucir le contact de la selle et à protéger plus efficacement le dos du cheval.
La selle a une influence considérable sur la santé du cheval, car bien ou mal ajustée, elle contribue à son prompt dressage ou le met hors de service par les blessures dont elle le couvre.
Pour être bien ajustée, la selle doit avoir une liberté de garrot et de rognon assez large et assez haute pour ne pas contusionner ces parties ; les
bandes doivent porter dans toute leur étendue à deux travers de doigts de l'épine dorsale ; elle doit avoir une position horizontale et les sangles doivent être assez longues pour être bouclées audessus des faux-quartiers et être modérément serrées.
Elle ne doit être placée ni trop en avant ni trop en arrière.
Dans le premier cas elle surchargerait r avantmain du cheval, le ferait tuter et tomber, et le blesserait au garrot; dans le second cas, elle alourdirait l'arrière-main et occasionnerait le mal de rognon.
La forme et l'emplacement de la selle dépendent de la conformation du cheval qui peut être ensellé ou avoir le dos de carpe.
Lorsque le cavalier selle son cheval, il doit observer les prescriptions suivantes : il approche du cheval par le côté montoir , place le tapis de feutre (s'il y en a) en lissant le poil d'avant en arrière, prend la selle de la m.ain gauche à l'arcade de devant et de la main droite sous le troussequin et la place doucement sur le dos du cheval. Puis il serre les sangles sans brusquerie et place les étrivières munies des étriers dans les i porte-étrivières.
Le cheval est dessellé en débouclant d'abord les
sangles et en retirant la selle de son dos avec précaution.
Lorsque le cheval a été ainsi harnaché avec soin, il faut le faire de nouveau travailler à la longe, afin qu'il s'habitue à supporter le poids de la selle et de la bride avec aisance et facilité. Dans les premiers exercices, on peut enlever les étriers et les croiser sur l'encolure, afin que leurs battements contre les côtes du cheval n'excitent pas son irritabilité et ne le poussent pas à des bonds et à des écarts produits par un déplorable affolement.
Après quelques séances, il est assez accoutumé aux frottemen 5 du harnachement et n*oppose plus aucune résistance. Il est utile, alors, de continuer le travail, en mettant en selle un cavalier d'un poids très léger, qui, ne chaussant pas les étriers, se laisse aller aux mouvements du cheval, sans lui faire sentir la traction des rênes ni la pression des jambes.
On le fait marcher longtemps au pas, afin qu'il se familiarise avec son nouveau fardeau ; on l'arrête, puis on le caresse.
Du pas, on passe progressivement au trot et au galop. Alors, le cavalier peut prendre dans cha que main une rêne de filet et opérer sur sa bouche d'imperceptibles tractions qui initieront le
cheval aux effets du mors et lui en apprendront Tusage.
Il faut veiller à ce que l'animal ne contracte pas la mâchoire et ne tente pas d'échapper à cette action du mors par des mouvements désordonnés de la tête. De légères saccades du caveçon réprimeront ces velléités de résistance, inévitables au début.
A la fin de ces leçons, un homme d'écurie, dévoué et intelligent, prend le cheval par le caveçon et les rênes de filet et le promène pendant une demi-heure, à une certaine distance du manège ou du terrain clos, sur une route, afin que la vue des objets extérieurs et le bruit des voitures lui deviennent familiers dans la suite et ne le rendent pas peureux et ombrageux, lorsqu'il sera appelé à être monté au dehors.
Chaque fois que son attention est surprise par quelque objet nouveau et inattendu, qu'il manifeste de l'appréhension par un arrêt, un reculer ou un écart brusques, son conducteur le caresse et l'attire lentement sur l'objet en l'interpellant doucement de la voix, afin de lui faire comprendre combien sa crainte est peu fondée.
Chaque exercice est fait progressivement, et le cavalier ne passe à un autre que lorsque le précédent est bien compris et exécuté avec calme.
Afin d'obtenir la mise en main de pied ferme, le cavalier se place devant le cheval, saisit des rênes de la bride avec la main droite à vingt-cinq centimètres du mors et fait agir doucement le mors de bride sur les barres.
Aussitôt que le cheval sent cette tension du mors de bride, il résiste, tient la bouche fermée et contracte sa mâchoire et son encolure. Après quelques leçons, toute raideur disparaît peu à peu, et alors la bouche s'ouvre, les mâchoires se décontractent, la tête se ramène, l'encolure se roue et la mise en main est obtenue, car le cheval cède à la main de bride et mâche son mors.
Il est nécessaire d'assouplir complètement le jeune cheval, avant de le monter, et de le ramenei de pied ferme.
A cet effet on frappe le cheval sur le poitrail pour le faire marcher et on lui donne de petits coups de cravache sur la croupe pour l'obliger à engager Tarrière-main sous l'avant-main et à se rassembler.
L'arrière-main ayant une force musculaire plus grande que l'avant-main reçoit une part du poids de celle-ci qu'elle dégage et rend plus légère.
Le cheval se trouve ainsi sur les hanches et s'équilibre naturellement par une exacte réparti-
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tion de son poids sur ses membres antérieurs et postérieurs.
L'encolure du cheval est assouplie par des flexions à droite et à gauche.
A cet effet, le cavalier saisit la rêne droite de la bride, au-dessus de Tencolure avec la main droite et la tend pendant que la main gauche tient la rêne gauche près du mors. Il attire la tête et l'encolure à droite en tirant sur la rêne droite et aide cette action avec la main gauche qui pousse la tête de ce côté.
Pour plier l'encolure à gauche, on emploie les mêmes principes et les moyens inverses.
Lorsque le cheval sent les effets du mors de ûride, s'y soumet et a l'encolure mobile et souple, 1 a déjà réalisé de sérieux progrès et est suffisamment préparé à être monté.