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CHAPITRE VI

Du Montoir. — Position du Cavalier à cheval.

Manière d'approcher du cheval et de se placer en selle en se servant des étriers. — Précautions à observer pour mettre pied à terre. — Tenue des rênes. — Position du cavalier à cheval. — Placement régulier des différentes parties du corps. — De l'emploi de l'étrier.

Le dressage du cheval est maintenant assez avancé pourqu'on lui enseigne la leçon du montoir.

Muni d'un caveçon avec la longe, il est bridé, sellé et amené dans le manège ou sur un terrain doux et uni, après avoir été auparavant promené pendant un quart d'heure au pas, afin que ses membres se détendent, que son rein s'abaisse que ses accès de gaieté disparaissent.

Le cavalier qui doit le monter fait préalablement le tour du cheval, voit si la bride est bien ajustée, si le mors porte sur les barres, si la gourmette et la sou«-gorge ne sont pas trop

lâches ou trop serrées, si la selle est bien placée en arrière du garrot et si les sangles sont suffisamment serrées pour que la selle ne tourne pas et ne se déplace pas. Il lève alternativement les pieds du cheval avec douceur, le caresse de la main sur la tête, Tencolure et la croupe, en un

mot, se sert de tous les moyens qui peuvent mettre le cheval en confiance, car il se prépare à réclamer de sa bonne volonté des exigences nouvelles.

L'aide se tient devant le cheval, ayant dans sa main droite la longe du caveçon et tenant égales

MANUEL PRATIQUE D'fiQUITATION

dans chaque main à environ 10 centimètres de la bouche, la rêne droite et la rêne gauche du filet

passées sur l'encolure et s'efforce de maintenir le cheval droit et immobile.

Lorsque ce résultat est obtenu, le cavalier s'approche doucement du cheval du côté gauche ou montoir, se place à hauteur de son épaule, lui faisant face, saisit une poignée de crins avec la main gauche au milieu de l'encolure. Après avoir pris rétrier avec la main gauche, y chausse le pied gauche, place la main droite qui tient les rênes sur le troussequin et reste un instant dans cette position.

Si le cheval bouge et se porte en avant, l'aide le distrait et le calme en lui donnant quelques saccades avec le caveçon ; s'il jette ses hanches à droite, l'aide oppose la tête aux hanches en ouvrant la rêne droite et le remet droit ; s'il repousse le cavalier par un écart à gauche, l'aide procède par des moyens hiverses en faisant sentir fortement l'effet de la rêne gauche.

Le cavalier ayant : 1*» dans la main gauche une poignée de crins qui sort par l'extrémité du petit doigt, 2° le pied gauche dans l'étrier, 3° la main droite sentant l'appui du mors tenant les rênes ajustées et placée sur le troussequin continue ce mouvement par la position suivante :

Il s'élance du pied droit en tirant fortement les crins à soi et en penchant le corps légèrement en avant pour empêcher la selle de tourner, porte la main droite sur le pommeau et passe la jambe par-dessus la croupe en ayant soin de ne pas toucher le cheval et d'arriver légèrement sur la selle.

Aussitôt qu'il est en selle, il passe ses rênes dans la main gauche et caresse son cheval de la main droite.

Il doit éviter de chausser l'étrier droit au commencement de cette leçon , car en cherchant cet étrier, son pied s'agite, se balance et com-

munique au cheval des sensations désagréables.

Dès que le cavalier est parvenu à se mettre en

selle, l'aide fait marcher le cheval quelques pas

pour ne pas le fixer dans une dangereuse immo

bilité et le confirmer dans le mouvement en avant qui doit suivre tout travail nouveau.

Cet exercice est répété chaque jour, jusqu'à ce que le cheval se montre facile au montoir et n'exige plus par sa docilité la présence d'un aide.

Pour mettre pied à terre, le moyen le plus simple

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et le plus rationnel est de passer les rênes dans la main gauche, puis dans la main droite qui se place sur le pommeau, pendant que la main gauche saisit une poignée de crins, de déchausser rétrier droit, de passer la jambe droite par-dessus la croupe en glissant ensuite la main droite le long des rênes jusqu'au troussequin et de descendre légèrement à terre en abandonnant les crins et en continuant de tenir le cheval avec la main droite qui n'a pas quitté les rênes.

Cette descente doit être opérée avec une sage lenteur, afin de ne par surprendre le cheval et de ne pas le remuer pas de violentes secousses.

Pendant l'exécution de ces deux mouvements (monter à cheval et mettre pied à terre), le cavalier tiendra sa cravache dans la main gauche, le pommeau sortant du côté du pouce, la mèche en bas.

Il y a une deuxième manière de monter à cheval qui est également bonne et pratique.

Elle consiste à placer sur le pommeau, la main droite qui tient les rênes bien ajustées entre le pouce et le premier doigt, et à appuyer le pied gauche à Tavant-bras du cheval. Elle ne peut être employée qu'avec un cheval calme dont on connaît parfaitement le caractère.

On peut aussi sauter sur le cheval sans faire usage des étriers.

Pour cela on se place à la pointe de Fépaule gauche, on prend les rênes dans la main droite

qu'on place sur le pommeau ; on saisit les crins avec la main gauche, on s'enlève sur les poignets on soutient le corps sur les bras tendus et on se met en selle sans à coup.

Ce moyen donne au cavalier de la hardiesse et de la légèreté.

Ceux aui montent sur un cheval nu ou muni

seulement d'une couverture sont obligés d'y avoir recours.

Dans nos régiments de cavalerie, les recrues débutent en équitation par cette gymnastique préparatoire qui fortifie les muscles de leurs bras et de leurs jarrets et les assouplit.

La tenue des rênes dans les premières leçons du montoir se borne à tenir une rêne du bridon dans chaque main, l'extrémité supérieure sortant du côté du pouce, les doigts fermés et se faisant face, le pouce allongé sur chaque rêne, en soutenant les poignets, de manière à faire sentir au cheval un léger appui du mors.

Ce n'est que plus tard, lorsque le cheval saura marcher avec aisance, que le cavalier se servira des rênes de bride et de celles du filet et qu'il initiera le cheval à leur maniement.

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