DES MOYENS DE CHATIMENT
de Tallure. Elle réveille l'ardeur du cheval et augmente ses actions. Elle est indispensable dans tout le travail entre les piliers (piaffer, croupade, ballotade), et pour obtenir des élévations et du tride dans les airs relevés, tels que le pas espagnol et le passage.
Elle est utile aux dames pour mettre leurs chevaux au galop, leur faire appuyer les hanches et remplacer la jambe droite placée sur la fourche.
Il est difficile de se servir de la cravache avec tact. Lorsqu'un cheval se cabre ou rue avec énergie, la main droite employée à tenir la cravache ne peut aider la main de bride, et le cavalier déplace son assiette et dérange son équilibre en appliquant de vigoureux coups de cravache, par l'élévation et l'abaissement alternatif de son bras.
La cravache, toutefois, sans pouvoir avantageusement rendre les mêmes services que l'éperon, est un aide et un moyen de châtiment que le cavalier ne saurait négliger. Le cheval obéit mieux à ses attouchements qu'aux piqûres de l'éperon qui le chatouillent et provoquent ses défenses.
176 MANUEL PRATIQUE D'ÉQUITAllON
4* DE l'Éperon.
L'éperon est un des moyens de châtiment les plus puissants et les plus efficaces pour combattre et vaincre les plus opiniâtres résistances du cheval.
La douleur qu'il lui fait éprouver est si cuisante, qu'il est obligé de se soumettre aux exigences de son cavalier et renonce à prolonger une lutte inégale, où il doit infailliblement succomber.
On ne peut appliquer l'éperon avec assurance et avec fermeté que si l'on possède une assiette solide et que si l'on marche sur un terrain où le cheval, ainsi surexcité, ne risque pas de glisser et de s'abattre. L'éperon ne saurait être employé mal à propos et d'une manière brutale et irréfléchie.
Pour attaquer de l'éperon, il faut bien s'asseoir en fixant les genoux, éloigner les jambes du corps du cheval, pour frapper avec plus de force, et appliquer de violents coups d'éperon en arrière et près des sangles, par pressions saccadées. La main doit être suffisamment soutenue pour empêcher le cheval de se porter en avant, à une
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allure désordonnée, et le diriger dans le sens du mouvement demandé.
Le cavalier évite de laisser l'éperon constamment en contact avec le poil, afin de ne pas agacer inutilement sa monture et de ne pas la faire bondir, ruer, ou s'arrêter. Il cesse immédiatement tout emploi de l'éperon, lorsqu'il a suffisamment corrigé le cheval de sa faute, ou qu'il r* été convenablement compris et obéi.
L'application des éperons contre le' ventre du cheval se fait plus ou moins en arrière des sangles, selon le degré d'opposition de l'animal qui s'arrête et souvent recule à la sensation du fer.
Certains chevaux nerveux et irritables deviendraient rétifs et dangereux à monter, si on les frappait maladroitement de l'éperon.
Les chevaux de race commune, lymphatiques, ont besoin d'être excités par l'éperon. Dans ce cas, le cavalier ferme progressivement les jambes en arrière des sangles, jusqu'à ce que l'éperon arrive au poil, en ayant soin d'assurer le corps, de se lier des cuisses, des jarrets et des gras des jambes au cheval et de baisser les poignets.
Le pincer des éperons a pour but de déterminer le cheval à se porter en avant, s'il est de pied ferme, et à augmenter la vitesse de son allure, s'il est au pas, au trot ou au galop. C'est une aide
qui complète l'action des jambes et Taccentue davantage.
Les mollettes ne doivent pas être trop pointues, car elles couperaient la peau du cheval et amèneraient des plaies difficiles à guérir et douloureuses, qui provoqueraient d'énergiques défenses capables de jeter le cavalier à terre.
On doit éviter de le chatouiller sans cesse avec cet instrument sévère et de le tracasser par des attouchements répétés, qui distraient son attention et l'empêchent d'exécuter avec calme et régularité les mouvements qu'on lui demande.
L'éperon s'emploie surtout lorsqu'on exige du cheval un travail violent, tel que sauts de haie ou de fossé, ou qu'on lui fait parcourir à une allure vive, une longue course nécessitant de pénibles efforts