CHAPITRE XVÎII Des défenses du cheval
Écarts. — Pointe. — Ruade. — Reculer. — Demi-tours brusques. — Bonds. — - Immobilité. — Chevaux qui s'emportent. — Chevaux qui cherchent à mordre la jambe du cavalier et le serrent contre le mur du manège.
Les défenses du cheval sont provoquées par différentes causes qui sont la gaieté, la peur, une conformation défectueuse, la faiblesse ou la maladresse de l'homme. Elles sont de plusieurs sortes et réclament une prompte et énergique répression: un moment d'hésitation du cavalier peut rendre la défense dangereuse et compromettre le succès du dressage.
L'intelligence du cheval est assez développée pour qu'il sente l'effet produit par ses défenses sur l'assiette du cavalier et sur ses moyens de conduite; aussi, il s'y livre fréquemment, dès qu'il s'aperçoit qu'il peut le faire impunément et qu'il en tire quelque avantage.
Les principales défenses du cheval sont : l'écart,
la pointe, la ruade, le reculer, le demi-tour brus- ({ue, les bonds, l'immobilité. Il y a des chevaux ( {ui s'emportent et d'autres qui cherchent à mordre le pied ou la jambe du cavalier et qui le serrent contre le mur du manège.
i** DE l'écart
L'écart est le mouvement d'un cheval qui quitte la ligne droite où il marche pour se jeter brusquement à droite où à gauche. C'est souvent par gaieté que les jeunes chevaux se livrent à des écarts et c'est toujours par peur que les chevaux faits y sont sujets. Le cavalier doit être attentif, lorsqu'il monte ces animaux ombrageux et se tenir sur ses gardes afin d'éviter les surprises.
Si le cheval effrayé par un objet se jette à droite, le cavalier doit le ramener sur le chemin qu'il suivait en attirant la tête à gauche avec la rêne '^SLUche du filet et en appuyant fortement la rêne droite sur l'encolure, fermer la jambe droite très en arrière des sangles et l'amener par ces moyens sur l'objet de sa crainte.
Dans le cas où il résiste à ces aides, il agit par saccades sur la rêne gauche de filet et continue la pression de la jambe droite en le pinçant del'épe-
ron; il se sert aussi de la cravache dont il frappe l'épaule droite du cheval.
Si le cheval se jette à gauche, on emploie les moyens inverses.
Il faut avoir soin de ne pas irriter sa monture par un châtiment trop sévère, surtout si l'écart provient d'un accès de gaieté ou d'un défaut de vue. C'est avec de la douceur et de la patience que le cavalier paralysera cette défense. Quelquefois certains cavaliers inexpérimentés laissent leur monture se livrer en toute liberté aux écarts les plus brusques sans leur infliger la plus légère correction et ce n'est que lorsqu'ils ont dépassé l'objet qui terrifie le cheval et lorsque celui-ci à repris la bonnevoie qu'ils le corrigent brutalement. Cette méthode est déplorable, car le cheval habitué à être cravaché et éperonné, sa faute terminée, chaque fois qu'il apercevra un objet susceptible de l'effrayer, s'en éloignera par des écarts violents et pourra même s'emporter.