PRINCIPES GÉNÉRAUX SUR LA TENUE DU CAVALIER
Autant, dans l'intérieur du manège, le cavalier était obligé de surveiller la position des différentes parties de son corps à cheval, afin de leur donner une attitude élégante, souple et académique, et d'être attentif aux plus légers mouvements de sa monture, autant à l'extérieur, lorsqu'il est seul, au milieu des champs déserts ou des bois solitaires, il peut, sans inconvénient, se donner plus d'aisance, se relâcher de sa tenue sévère et accorder à sa monture plus de liberté en cessant de l'emprisonner continuellement dans les mains et dans les jambes et en lui rendant souvent la main.
Il passe les rênes tantôt dans une main, tantôt dans les deux mains, fait usage ou du mors de bride ou du mors de filet, ou des deux simulta-
nément, suivant le caractère de sa monture et le terrain qu'il parcourt, tient sa cravache la mèche en l'air, ou en bas ou sous le bras, chausse les étriers au moins jusqu'à la moitié, afin que sa jambe tombe naturellement et que Particulation du pied n'éprouve aucune contraction douloureuse, déplace son buste d'après les mouvements du cheval, de manière à répartir son poids également et à l'alléger le plus possible.
3* DÉPART DE l'écurie. — TRAVERSÉE DES RUES d'une VILLE
Lorsque le cheval sellé est amené devant lui, le cavalier, avant de se mettre en selle, examine attentivement si le harnachement est bien placé et solidement ajusté, si les sangles sont suffisamment serrées, si les mors de bride et de filet portent exactement sur les barres et les commissures des lèvres et si la gourmette est sur son plat, laissant un intervalle de deux doigts entre ses mailles et la barbe du cheval. Après avoir pasc-é une inspection minutieuse de ces objets, avoir jeté un coup d'œil sur la ferrure et l'état général de sa morture, il met le pied à l'étrier et se place en selle.
Il doit, parcourir au moins deux ou trois cents mètres au pas, afin de mettre son cheval en haleine, de le baisser et de lui donner le temps 4e s'habituer à son poids et à ses actions.
Généralement, il est obligé de traverser quelques rues de la ville avant de gagner la campagne et de marcher sur un terrain doux et uni.
Souvent, le pavé inégal revêt une forme convexe et une inclinaison sensible vers le trottoir pour permettre l'écoulement des eaux de pluie. Le cavalier doit se maintenir au milieu de la chaussée qui est horizontale, afin que son cheval ne glisse pas sur cette pente et ne tombe pas. Il laisse les voitures qui le croisent à sa gauche et passe au moins à 1 mètre 50 de celles-ci, pour éviter le frottement des roues, quand elles sont lancées à une grande vitesse. Si le cheval a peur de quelque objet, il le caresse et essaie, en le pressant des jambes, de le déterminer en avant, sans se préoccuper de le mener sur l'objet qui a excité son écart et sans le corriger de la cravache ou de l'éperon, car ces moyens de châtiments provoquent des défenses, telles que pointes, ruades ou départ au galop précipités qui, sur îe pavé, sont très dangereuses et occasionnent des chutes du cheval et du cavalier quelquefois mortelles.
Ainsi, dans les rues, surtout celles qui sont
encombrées par le passage des personnes et des voitures, et qui sont étroites, il faut avoir les aides vigilantes et marcher au pas, l'œil fixé sur les oreilles de sa monture et sur le pavé qu'elle foule afin d'éviter tout accident.