A TRAVERS CHAMPS
Le cavalier, après être sorti hors de la ville au pas, peut, s'il le juge à propos, prendre le trot, en entamant cette allure modérément; il parcourt ainsi un kilomètre environ pour mettre son cheval en confiance, lui déraidir les membres et passe au pas.
Il est difficile de fixer exactement les temps de pas, de trot et de galop que le cheval doit fournir dans une course à l'extérieur.
Le cavalier doit régler la durée et la vitesse des allures, en se basant sur le degré d'énergie du cheval, la nature du pays qu'il traverse (plaine ou montagne) et l'espace qu'il va franchir dans un certain laps de temps.
Une promenade d'agrément dure généralement deux à trois heures, pendant lesquelles le cheval est capable de parcourir 15 à 20 kilomètres sans fatigue.
Lorsque le cavalier marche sur une route macadamisée, comme celles qui servent de voies de communication en France (routes nationales et départementales), il a soin de diriger son cheval sur le bas-côté, entre la chaussée proprement dite et le talus de gazon, car à cet endroit le sol étant moins aplani par les roues des voitures et par les pieds des chevaux, est plus meuble et plus doux, use ainsi moins vite les membres du cheval. Le milieu de la chaussée offre trop de résistance aux foulées du cheval et ne cède pas assez sous son poids ; aussi voit-on un grand nombre de chevaux de voitures et de selle, après quelques années de travail, être couverts de m.olettes indurées et complètement tarés.
Si l'on n'est pas obligé de suivre une route pavée ou empierrée pour aller d'un lieu à un autre, il est préférable de s'engager, à travers champs, dans des chemins de culture recouverts d'une épaisse couche de terre. Le cheval sent le sol s'enfoncer légèrement sous ses pieds et n'éprouve aucune secousse désagréable. Il marche avec légèreté et semble content de fouler un terrain aussi moelleux. Si on le fait partir au trot ou au galop, il se livre avec aisance et s'abandonne en quelque sorte à ces allures sans contraction. Dans les bois où les sentiers sont tapissés d'un
M2 MANUEL PRATIQUE D'EQUITATION
vert gazon, il ressent le même plaisir à développer ses mouvements et franchit de longues distances sans que ses membres en souffrent.
On ne doit pas pousser trop loin cette habitude de faire marcher le cheval sur un sol uni et doux, qui ne se rencontre que dans quelques rares contrées et, que la plupart du temps, il faut aller chercher en dehors des routes ordinaires ouvertes à la circulation publique.
On est obligé le plus souvent, de se servir de voies au sol dur; mais il est toujours possible au cavalier d'y ménager les jambes de son cheval en ne lui demandant que du pas ou un trot peu allongé. Le galop doit être rigoureusement interdit sur les routes empierrées, sous peine d'user prématurément son cheval.