CHAPITRE XXI
De l'équitation des dameis.
Considérations générales. — Du iiarnachement. — De la leçon du montoir. — Position de la femme à cheval. — Des moyens de conduite. — Rênes. — Jambe gauche et cravache. — Du pas. — Mouvements divers. — Du trot. — Du galop. — Changement de pied. — Sauta d'obstacles.
l** CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
L'équitation n'est pas une science étudiée e* pratiquée seulement par l'homme ; elle est un aj utile et agréable où la femme excelle et aime k déployer son élégante souplesse.
E Qe se passionne volontiers pour cet exercice salutaire, qui aiguise son intelligence et développe ses forces physiques.
Quelle gymnastique plus fortifiante pour les musjîles et plus vivifiante pour les poumons qu'une promenade à cheval, même au pas, sous des allées ombragées ou à travers les prairies?
La plupart des femmes, s'étiolent et affaiblis
.'24 MANa^EL PRATIQUE D'ÉQUITATION
-eut leur santé dans une stérile oisiveté ; assises oiite la journée, elles perdent tout appétit et sont ^n proie à une sombre mélancolie.
Si, écoutant les conseils de leurs médecins, elles se mettent à monter à cheval, aussitôt leurs joues pâles s'empourprent d'une légère rougeur, leur teint devient frais, leur estomac digère facilement et leur caractère s'épanouit dans une franche gaieté ?
L'équitation opère dans leur manière d'être une modification favorable.
La femm.e ne saurait se livrer à cheval à des courses aussi longues que celles de l'homme.
En France et surtout en Angleterre, il y a des dames assez énergiques pour faire sauter à leurs chevaux tous les obstacles qu'elles rencontrent et rester en selle 7 ou 8 heures de suite. Elles n'arrivent à ce degré de résistance que par une progression lente et méthodique qui nécessite des exercices fréquents et pénibles, une grande hardiesse et une santé robuste.
Nous donnons aux dames qui désirent apprendre à monter à cheval quelques principes élémentaires afin qu'elles puissent, après trente à quarante séances dans un manège, sous les yeux d'un maître habile, se tenir correctement en selle, marcher régulièrement aux trois allures, et faire
une promenade de 2 à 3 heures à cheval, sans éprouver aucune fatigue.
La bride du cheval destiné à être monté par une dame est la bride anglaise ordinaire ; cependant, les rênes sont en cuir moins épais et on les rend plus légères et plus douces à la main en les arrondissant.
Le siège de la selle est plus long et est fixé au
cheval par un surfaix ; deux ou même trois fourches permettent à la femme de placer ses jambes.
L'étrier est muni d'une doublure en cuir ou en velours qui protège le cou-de-pied.
Il y a un étrier d'un usage commode composé
de deux planchettes qui se séparent, lorsque Tétrier bascule complètement.
L'une suit le pied, l'autre reste attachée à l'étrivière. Si la femme, par suite d'une défense de son cheval, fait une chute, elle n 'a plus aucun point de contact avec ce dernier et ne risque pas d'être traînée par le pied sur un parcours de plusieurs mètres et d'être grièvement contusionnée par les aspérités du soi.
Une cravache légère, qui sert surtout à activer l'allure du cheval et à déterminer le rangement des hanches à gauche, est indispensable.
L'éperon est moins utile; cependant, il doit être bouclé sur la bottine et l'on fait une ouverture dans l'amazone, avec un cordon à l'intérieur, enlacé autour de la cheville, pour empêcher l'éperon de toujours dépasser les plis de la robe.
On doit s'assurer avant de mettre en selle la femme, si la bride est bien ajustée, si les sangles et le surfaix sont suffisamment serrés, si la pointe de l'arçon adhère bien à l'épaule et suit la colonne vertébrale sans la toucher.
La position de la femme à cheval tend à faire tourner la selle du côté montoir, il faut donc que celle-ci soit solidement fixée sur le dos du cheval.