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CHASSE A COURRE

La chasse à courre exige un cheval fortement musclé, ayant les jarrets solides, le rein et le dos courts, et doué d'une indomptable énergie. En Angleterre, ce sont les huniers qui sont spécialement entraînés à ce genre d'exercice qui nécessite un énorme déploiement de forces musculaires et de violents efforts.

Ces chevaux sont entraînés méthodiquement et chaque jour sont promenés pendant trois heures au pas, puis sont exercés à des temps de galop plus ou moins longs, qui provoquent des suées salutaires et les mettent dans d'excellentes conditions poux* suivre une chasse.

Ces principes de dressage doivent être appliqués à nos bons chevaux de selle de race française, destinés à faire le môme service.

A la chasse, le cavalier doit chercher le fond de la selle, assurer son assiette, et pencher le corps en avant, prendre un solide point d'appui sur les étriers modérément courts et maintenir la tête du cheval.

EMPLOI DU CHEVAL AU DEHORS 2Vè

Il ne doit pas lutter de vitesse pour dépasser ses voisins et sauter les obstacles en même temps qu'eux, de peur de se heurter à leurs chevaux et de tomber à terre. Il vaut mieux qu'il attende que ceux placés vis-à-vis de la haie ou du fossé raient franchi ou qu'il cherche un autre passage. La connaissance du pays à parcourir est très importante et évite de nombreux et fatigants détours au cavalier et à sa monture et elle permet de se tenir à proximité des chiens.

C'est une grave faute de forcer son cheval jusqu'à Tépuisement, ou de le conduire en terrain mo?' à moins qu'on ne soit sûr de pouvoir en changet On ne doit pas se lancer dans une terre labourè^ et humide, où le cheval enfonce, fait de péniblet efforts, et arrive à perdre tous ses moyens et son haleine. La terre ferme et les sentiers battus offrent une voie plus facile et plus rapide que le cavalier doit suivre.

En montant les talus escarpés, le sage cavalier saute à terre et conduit son cheval par la bride, et gagne ainsi un ou deux kilomètres sur son concurrent resté en selle. L'observation de ces précautions assure le succès de îa chasse et donne le premier rang pour arriver à l'hallali de la bète qu'on chasse (cerf, sanglier ou renard).

On ne doit jamais présenter un cheval épuisé

devant une barre fixe, car on risque de le faire buter et d'être entraîné dans sa cliute, surtout lorsqu'on est lourd. Lorsque le cheval est frais, on peut franchir sans hésitation une ligne de ])arrières et de clôtures, mesurant 1° 30 de hauteur en ayant soin de tenir le cheval droit devant l'obstacle, de pencher le corps en avant jusqu'au moment où il s'enlève, puis de s'asseoir en arrière en le soutenant des rênes et des jambes lorsqu'il arrive à terre. Il est dangereux d'abandonner son cheval et de laisser les rênes flottantes.

En montant les pentes, il est quelquefois utile de décrire des zigzags ; en les descendant il est préférable d'aller droit, car les chevaux ne risquent pas tomber sur le côté et d'écraser le genou de leurs cavaliers ; ils glissent sur les hanches et n'occasionnent aucune contusion.

Les obstacles, haies, barrières ou fossés ne doivent pas être sautés rapidement, car le terrain n'a pas été préalablement examiné et avant de prendre son élan, le cheval ignore l'importance du saut qu'il doit exécuter, si on le mène trop vite sur les obstacles, il fait des fautes dangereuses pour la sécurité du cavalier. En hauteur il doit arriver lentement ; ainsi il s'enlève plus aisément, surtout si ses foulées sont bien cadencées et ses jambes de derrière sous lui. En

largeur, il doit augmenter la vitesse de son train.

Chaque genre d'obstacles exige pour être franchi, des principes de conduite et de tenue différents.

Les barrières fixes s'abordent, le cheval bien rassemblé et à un galop régulier.

Les palissades sont franchies avec précaution, car le cheval risque de prendre ses pieds entre les montants.

Les ruisseaux qui ne sont pas guéables sont abordés à une grande allure, en dirigeant le cheval perpendiculairement aux rives.

Les charmilles sont traversées à fond de train en se servant des bras et des mains pour protéger le visage.

Les murs en pierre sont franchis à un galop lent et rassemblé.

Dans tous ces sauts, le cheval doit avoir une entière confiance dans son cavalier et se livrer aveuglément à son expérience et à son énergie. Le cavalier ne doit pas être trop impressionnable afin de ne pas communiquer à sa monture des mouvements brusques et saccadés.

La chasse à courre est un exercice fatigant qui réclame de la part de l'homme une sage modération et un judicieux emploi des forces de son cheval.

Il en est de même des rallye-papers que les officiers de notre armée organisent en les hérissant d'obstacles difficiles à franchir et dans lesquels ils déploient une juvénile ardeur, jointe à une profonde connaissance des moyens de leurs montures.

Celui qui parvient à suivre de près les chiens dans une chasse à courre sans mettre son cheval hors d'haleine et en le maintenant prêt encore à fournir une longue étape, par la manière calm, et rationnelle dont il l'a mené, est un parfait cavalier capable de tout obtenir de son cheval avec lequel il s'est pour ainsi dire identifié par une pratique constante.

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