CHANGEMENT DE PIED
Les changements de pied exigent beaucoup de tact et de finesse dans l'action de la main et
d'à-propos dans la pression du talon et remploi de la cravache.
Il y a deux moyens de les exécuter : 1* en deux temps, c'est-à-dire en arrêtant le cheval et en le faisant repartir sur l'autre pied : 2<* du tac au tac ou en l'air.
Le changement de pied en l'air nécessite plus de précision et n'est exécuté facilement que par un cheval rompu au travail de manège.
Lorsque le cheval galope à main droite, il s'agit d'arrêter le bipède diagonal droit qui se meut en avant de l'autre et de reporter sur le côté droit le poids qui était sur le côté gauche.
' Par un demi temps d'arrêt, écrit le comte de Montigny, nous dominerons d'abord l'impulsion, nous assiérons le cheval et le prédisposerons au changement de pied ; puis, après avoir opposé la main de gauche à droite, nous remarquerons, dans cette opposition, un appui de rêne gauche sur l'encolure et le soutien de rêne droite. L'ap pui sur l'encolure à gauche portera le poids des épaules à droite en même temps que la rêne droite arrêtera l'épaule et la hanche de ce côté.
<t Alors, si nous ajoutons au changement de position imprimé par la main, l'action de la cravache qui contient la hanche droite et la pousse sous le centre, bref, si nous réunissons à
ces divers effets celui de l'assiette et du poids du corps de l'amazone se reportant un peu à droite, le côté droit sera tellement chargé et arrêté qu'il ne restera plus de liberté au mouvement que du côté gauche ; c'est aussi celui qui, nécessairement, entamera le galop et le changement de pied sera en résumé, effectué par un demi-arrêt et un changement dans la position du cheval et ses points d'appui. »
Le changement de pied doit être demandé au cheval, non au bout du changement de main, mais sur la ligne droite.
Il faut toujours avoir soin de choisir pour monter une femme, un cheval calme, doux, qui ne soit ni peureux ni rétif, et ayant des formes sveltes et élégantes et une taille moins élevée que le cheval de l'homme qui accompagne l'amazone.
La femme doit toujours être suivie d'un groom et être escortée d'un parent ou ami, excellent cavalier qui marché à sa droite de manière à ne pas paralyser l'action de ses jambes, à être plus à sa portée et à même de la secourir en cas d'accident.
En sortant de Técurie, elle marche au pas pendant un quart d'heure, afin d'abaisser le rein du cheval et de le mettre en haleine, puis elle prend le trot qu'elle entame par un allongement pro-
gressif du pas. Elle entrecoupe sa promenade de temps de galop assez courts pour ménager sa monture. Si elle sent une hésitation dans le mouvement en avant de son cheval, elle se rend compte de l'objet de ses craintes et prend les mesures les plus propres à les apaiser ; s'il a peur et fait un écart de côté, elle s'assied davantage et le ramène par une opposition de rênes.
S'il recule et se cabre, elle le pousse en avant en le surprenant par une énergique pression du talon, un vigcureux coup de cravache et en se servant des rênes de filet.
Si le cheval prend le mors aux dents et s'emballe, elle baisse les poignets et scie du bridon en tirant alternativement sur chacune des rênes de filet et en portant le corps très en-arrière pour surcharger l'arrière-main.
En un mot elle se sert de tous les moyens de conduite que lui suggèrent les résistances du cheval et que lui conseillent son expérience et son tact.
IP SAUTS d'obstacles
Quand la femme sait conduire correctement son cheval aux trois allures, elle peut aborder sans
crainte les sauts d'obstacles tels que la barre et le fossé.
Pour sauter la barre, elle tient les rênes de fllet à deux mains et sans perdre le point d'appui sur le mors, elle mène droit son cheval sur Tobstacle, en le calmant s'il se précipite dessus et en se servant de l'éperon et de la cravache, s'il cherche à se dérober, élève les poignets quand il touche le sol. Elle a soin à ce moment de porter le corps en arrière pour décharger l'avant-main et de passer au trot ou au pas.
Le fossé est franchi à une allure vive, sans marquer de temps d'arrêt, car le cheval ayant à gagner en largeur, s'enlève peu du sol. On a soin de lui montrer la nature de l'obstacle avant de l'aborder, surtout au début de son dressage.
Une femme qui a des dispositions naturelles et du goût pour l'équitation, arrivera vite à moiter à cheval d'une manière correcte et avec a; surance ; elle acquerra bientôt ce doigter délicat qui lui permettra d'agir avec précision sur la bouche du cheval et d'en obtenir des effets favorables à la bonne exécution des mouvements qu'elle lui demande.
Elle trouvera dans cet exercice un passe-temps agréable dont sa santé et son caractère ressentiront la bienfaisante influence.