CHAPITRE PREMIER
matives sans faire usage d’un instrument cid hoc.
Ce meme tableau, reproduit sur plaque orthoscopique à travers un écran jaune, a donné un résultat également incomplet, mais avec cette différence que le bleu et le rouge sont à peu près d’égale valeur, le jaune seul étant venu avec une intensité plus grande que dans la première épreuve.
Pour être dans le vrai, il faudrait que le rouge fût rendu par une valeur moins intense que le jaune et plus intense que le bleu.
Il y a donc à faire venir le rouge davantage.
C’est alors qu’intervient l’écran continuateur.
Grâce à lui. le bleu n’agit plus et le rouge, continuant son action, forme une image de plus en plus marquée et, suivant la durée de la surexposition, donne soit l’effet correct, soit au delà de cet effet.
A l’aide du spectroscope, en examinant diverses solutions de matières colorantes dérivées du goudron de houille, on arrive à trouver des combinaisons binaires formant des enduits suffisamment translucides et permettant de bien isoler les rouge et jaune, ainsi que les bleu et vert.
Nous avons employé notamment le jaune aurantia et le rouge de rhodamine.
Dans le cas actuel, la pose a eu lieu pendant six secondes avec l’écran jaune n° 4, et sur une plaque orthoscopique à l’érythrosine préparée par nous, au bain, avec la liqueur de M. Mathet.
EMPLOI DES ÉCRANS COLORÉS
Après cette pose, un écran continuateur a été appliqué contre le parasoleil de l’objectif pendant une minute trente secondes, et la plaque développée a donné le résultat voulu.
La même expérience, faite par contact à travers un sujet de vitrail polychrome, adonné un résultat analogue ( 1 ) .
Cette question, dans son essence, n’est vraiment pas nouvelle. Nous n’avons pas oublié les milieux colorés sélecteurs de M. Gros et de M. Ducos du Hauron et d’autres études et recherches analogues; mais nous croyons que l’application que nous faisons de cette méthode à la Photographie orthoscopique constitue une façon d’opérer qui n’est pas usitée. Jusqu’ici, tous les chercheurs se sont efforcés d’atteindre à la correction désirée par l’effet d’un sensibilisateur optique et chimique déterminé; or, il nous paraît utile, en attendant que ce sensibilisateur pour le rouge soit facile à trouver et à appliquer, de procéder ainsi qu’il vient d’être indiqué. Nous possédons un moyen simple, à la portée de tous, d’avoir des plaques d’une sensibilité exaltée pour le jaune; nous pouvons, à l’aide d’écrans jaunes, modérer à volonté l’action des bleus, et
(’) Cette méthode n’est pas utile quand on dispose de plaques sensibles au rouge, telles que les plaques orthochromatiques (pour le rouge et le jaune) de la maison Lumière, à moins cependant qu’on ne veuille, pour un triage de couleurs, exagérer l’effet du rouge sur la couche sensible.