‹ Manuel pratique d'orthochromatismeChapitre 14 sur 75 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nous pouvons bien, grâce à un autre écran, supprimer à un moment donné l’action totale des bleus et verts et laisser venir les rouges à leur valeur; rien de plus simple J1).

Cette méthode présente l’avantage de donner à l’opérateur la faculté de peindre en grisaille à sa guise; il n’est plus à la merci d’une couche sensible, qui donnera ce qu'elle donnera ; il a un moyen simple de lui faire rendre ce qu’il en voudra, et, de cette façon, la Photographie permettra de faire mieux encore œuvre d’art, puisque les écrans colorés, habilement employés, constituent entre les mains du photographe comme une sorte de palette.

Il peut, avec leur aide, mettre ici un peu plus de valeur, en enlever par là ; bref, il peut choisir ses tonalités absolument comme le fait un artiste, dessinant ou peignant au lavis, et pouvant chercher et réaliser ses effets de contraste en variant à son gré les tonalités de la matière colorante employée.

La nature de la plaque orthochromatique n’a plus qu’une importance relative, puisqu’elle ne doit, en définitive, qu’être plus sensible soit au jaune, soit au rouge, que les plaques ordinaires. Il suffit qu’elle soit de bonne qualité, c’est-à-dire sans ten-

(’) Ceci nous rappelle l’expérience de M. Lippmann relative à un moyen de correction à l'aide de trois écrans colorés employés successivement et pendant des durées en rapport avec les degrés d’actinisme du bleu, du rouge et du jaune.

EMPLOI DES ÉCRANS COLORÉS. 21

dance au voile, et d’une rapidité suffisante. Pour tout le reste, ce sera l’œuvre de l’artiste ou, si l’on veut, du photographe.

On a quelquefois émis cette idée que l’orthochromatisme pourrait, le plus souvent, être dù à des combinaisons dans la durée de la pose telles, que le redressement de la gamme des tonalités se produirait par la surexposition.

L’action des rayons très actifs, en pareil cas, se traduit sur la plaque sensible par une teinte d’une opacité moindre précisément par suite de la surexposition, et les rayons jaunes et verts moins actifs seraient à peu près à leur vraie valeur.

En théorie, cela semble exact; mais, dans la pratique, on aurait bien des mécomptes en comptant sur un effet orthoscopique complet.

La surexposition entraîne la formation d’un voile général, et, le plus souvent, elle est la cause d’un gris total qui aplatit les effets, loin de ménageries contrastes voulus.

Il si est facile de préparer ou de se procurer actuellement des plaques orthoscopiques de bonne qualité et de les employer avec des écrans, qu’on ne comprendrait pas pourquoi le moins bien serait préféré au mieux, pourquoi l’on s’exposerait à produire le plus souvent des reproductions imparfaites, au lieu de travailler avec des moyens sûrs et donnant des résultats assurés.

Pour compléter la série des écrans dont on peut

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