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CHAPITRE DEUXIÈME

rouge agit d’ordinaire par oxydation sur les combinaisons métalliques et la lumière violette par réduction.

ün voit parfois la lumière rouge agir par réduction sur les combinaisons métalliques, notamment dans l’action latente de la lumière sur les sels d’argent; jusqu’ici, on n’a su observer positivement aucune action oxydante de la lumière violette sur les composés métalliques. Dans les combinaisons des métalloïdes entre eux, la lumière violette ou bleue semble intervenir le plus énergiquement, comme, par exemple, pour le chlore tonnant, l’acide nitrique, l’acide sulfureux, l’acide iodhydrique, etc.

( L’hydrogène sulfuré dans l’eau est pourtant décomposé plus rapidement par la lumière rouge.)

L’action de la lumière est en partie oxydante, en partie réductrice, suivant la nature de la substance. Dans la plupart des cas, la lumière violette a une action très énergique et oxydante sur les combinaisons organiques (surtout incolores); les matières colorantes sont fortement oxydées par les rayons lumineux qu’elles absorbent.

Toutefois, dans tous les cas, l’action chimique de la lumière colorée se soumet à cette loi : que les rayons ayant l’action la plus énergique sont aussi ceux qui sont le plus vivement absorbés par les substances sensibles à la lumière.

5° Non seulement l’absorption des rayons lumineux par les corps éclairés eux-mêmes, mais aussi l’absorption de la lumière par les substances mélangées joue un rôle considérable dans l’action chimique de la lumière. La sensibilité à la lumière des premiers se trouve fortement augmentée par les rayons lumineux que les derniers absorbent ( sensibilisateurs optiques).

6° Une substance mélangée au corps sensible à la lumière et qui peut combiner chimiquement la matière constitutive éliminée par la lumière (oxygène, iode, brome, etc.) favorise la décomposition à la lumière par suite « de la prépondérance d’un lien de parenté. » On donne à ces corps-là le nom de sensibilisateurs chimiques.

7° La manière d’être en présence d’une matière colorée

varie considérablement avec la pureté de la combinaison en question et son état moléculaire, éventuellement avec la nature du développement de l’image latente.

8° La décomposition directe d’une combinaison par les rayons lumineux ne marche pas de pair avec l’action lumineuse latente.

9° L’activité du spectre solaire varie considérablement avec l’état de l’atmosphère, de telle sorte que, pour un même état du soleil et un ciel d’apparence pure, l’effet chimique se trouve rarement être le même; aussi est-il difficile de donner des chiffres absolus relativement à l’action chimique des couleurs du spectre.

Une grande partie des changements provoqués par l’action de la lumière se produisent aussi par une élévation de température. C’est ainsi que beaucoup de chlorures et d’oxalates métalliques en dissolution dans l’alcool ou l’éther sont plus ou moins réduits à la température de l’ébullition, et parmi eux, en première ligne, les sels organiques d’argent.

Le sulfate ferreux s’oxyde rapidement aussi bien à la lumière rouge que par la chaleur. Les matières colorantes blanchissent non seulement à l’air et par la lumière, mais aussi par la chaleur; une température de 150° à 200° provoque la combinaison du chlore et de l’hydrogène,

Dans bien des cas, pourtant, une température élevée ne peut nullement remplacer la lumière. Le chlorure d’argent ne se décompose même pas au rouge; il en est de même pour l’iodure et le bromure d’argent, la grande résistance de ce corps, si facilement décomposable par la lumière, montre clairement que la chaleur et la lumière peuvent agir séparément. La lumière agit encore quand on a éloigné les rayons calorifiques par des moyens appropriés (absorbant la chaleur et non la lumière), par exemple une solution d’alun.

Il est à remarquer que ce sont principalement les parties les plus froides du spectre qui donnent lieu à une action chimique, et non les parties chaudes.

Aussi les essais de Rumford, Gay-Lussac et Thénard,

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