CHAPITRE PREMIER
Suivant la couleur du milieu, on arrivait de la sorte à éteindre, à absorber une partie des rayons, pendant que d’autres, n’étant pas absorbés, produisaient leur effet actinique sur le composé sensible.
Si en F (fig. 1), on met des liquides diverse-
Fig. 1 .
ment colorés, on remarque que le spectre projeté en AH varie suivant la couleur; il peut être plus ou moins étendu, présenter des lacunes ou bandes d’absorption.
C’est ainsi, par exemple, que procédait M. Ducos du Hauron quand, pour obtenir trois négatifs propres à l'impression de ses trois monochromes
EMPLOI DES ÉCRANS COLORÉS
jaune, rouge et bleu, il interposait, entre l’objet coloré et la plaque sensible, des écrans violet, vert, orangé.
Si l’on étudie l’action produite par chacun de ces écrans, on remarque que le verre ou écran translucide violet laisse passer facilement le bleu et le rouge, ce qui isole le jaune.* Gela revient à dire que la plaque est surtout impressionnée par les rayons rouges et violets.
L’écran translucide vert laisse accès, jusqu’à la couche sensible, aux rayons vert et jaune, et retient le rouge.
Enfin l’écran orangé laisse arriver jusqu’à la plaque sensible les rayons jaune et rouge et retient le bleu.
Il résulte de ces faits j1) que, grâce à un milieu coloré convenablement choisi, on peut arriver à retarder l’actinisme de certains rayons trop actifs par rapport à d’autres qui ne le sont pas suffisamment. L’étude des effets obtenus à l’aide d’écrans colorés diversement et plus ou moins riches en couleur, mérite donc une sérieuse attention et, de plus, il y a à tenir compte de l’emploi de ces écrans soit isolé, soit combiné avec celui de plaques orthoscopiques.
Les cas où l’écran seul peut suffire sans qu’il y ait
(’) Au sujet desquels nous aurons à revenir quant à leur application au triage des couleurs.