CHAPITRE PREMIER
nécessité de recourir à une préparation orthoscopique sont fréquents. Quand on opère en pleine nature, quand on reproduit des objets colorés où ne se trouvent que les couleurs dominantes dans les paysages, soit le bleu, le jaune, le gris et le vert, on peut arriver, avec l’écran jaune seul, à des effets d’une exactitude satisfaisante, mais à la condition de 'poser beaucoup plus longtemps.
Il n’en est plus de meme quand on se trouve en présence de fleurs, de tableaux, d’étoffes où les couleurs diverses sont très variées et passent par toute la série spectrale, du violet au rouge.
Les préparations orthoscopiques s’imposent alors, et rarement elles donneront l’effet voulu sans l’emploi simultané d’un écran jaune.
Quand on opère en pleine nature, pour des paysages, vues, monuments, sauf dans des cas particuliers, la couleur la plus actinique dominante est le bleu du ciel et des eaux.
Si l’on parvient à modérer l’action du bleu, ce sera au bénéfice du vert ou des tonalités moins actiniques. Un écran jaune suffit pour obtenir ce résultat, mais il le faut d’un degré tel, quant à l’opacité produite par la quantité plus ou moins grande de matière colorante, qu’il produise réellement le tempérament désiré sans conduire à une simple prolongation de la pose et sans autre avantage appréciable.
On conçoit qu’il faille un peu de pratique avant
EMPLOI DES ÉCRANS COLORÉS
de savoir faire choix de l’écran convenable, suivant la nature du sujet à reproduire.
A notre avis, on ne saurait faire mieux, ainsi que l’a indiqué notre regretté confrère, M. Edmond Boissonnas, dans son intéressant travail sur l'Orthochromatisme (voir Moniteur de la Photographie , année 1889, p. 118), que de faire usage d’écrans pelliculaires ou autres de quatre degrés différents, et dont la coloration est basée sur les observations suivantes:
En plaçant la pellicule jaune n° 1 dans l’objectif, dit M. E . Boissonnas, une plaque orthochromatique exige le même temps de pose qu’une plaque ordinaire de sensibilité égale, exposée sans interposition de pellicule jaune.
La pellicule jaune n° 4 a été calculée de façon à obtenir un orthochromatisme parfait; par son emploi, les bleus et les violets sont suffisamment retenus et les couleurs peu réfrangibles prennent leur valeur.
Le temps de pose devient alors quatre fois plus long.
La façon de préparer et de placer les écrans colorés peut varier. On a conseillé des verres minces colorés convenablement, à surfaces bien planes et parallèles. On a donné des formules de collodion coloré servant à recouvrir une des faces des lentilles de l’objectif pour ne pas en altérer les qualités optiques. Les pellicules formées soit de collodion, soit de gélatine colorées ont été aussi recommandées.
M. E. Boissonnas a donné la préférence à la gélatine sur le collodion parce qu’il lui était difficile d’obtenir des pellicules de collodion sans réseau et