‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 14 sur 45 · I. — CHEZ LES SOLIPÉDES · texte numérisé non relu

I. — CHEZ LES SOLIPÉDES

Toute la partie du thorax recouverte par les épaules, c'est-à-dire celle qui répond aux i'% 2*, 3* et 4® côtes dans toute leur étendue, et à la portion supérieure de la 5® et même de la 6%

ne peut être percutée, ou du moins ne donne j amais qu'un son tout à fait mat, semblable à celui que donne la percussion de la cuisse (son fémoral de Piorry), en raison de la masse des muscles sus-scapulaires et olécràniens qui revêtent cette région. Dans le reste de son étendue, la cage thoracique fournit un son qui varie suivant les points, ainsi qu'il suit :

1** Du c6té gauche. — Tout à fait en haut,

dans la région comprise entre la ligne formée par le sommet des apophyses épineuses des vertèbres dorsales et une autre ligne parallèle à la première et répondant à l'insertion costale du muscle grand ilio-spinal (fig. 42), on. n'obtient qu'un son obscur, qui même devient tout à fait mat chez certains gros chevaux, fortement musclés, surtout si, en môme temps; ils ont beaucoup d'embonpoint. La raison en est facile à comprendre : cette première région, qui correspond à ce qu'on appelle la gouttière vertébrale et s'étend, comme on voit, dans toute la longueur de la poitrine, est occupée en entier par le muscle ilio-spinal, muscle énorme, dont la présence doit nécessairement amortir le son du poumon sous-jacent. Cependant, chez les chevaux de race distinguée, un peu maigres, et par une percussion assez forte, on obtient encore une certaine résonnance ; mais la résistance au doigt est toute spéciale ; c'est

celle des masses musculaires en général, et non

Fig-U.— Figure conventionnelle représentant la résomiance nitrmale de lapoilrine du cheval (cùtiS gauche) {').

la résistance élastique des parois pectorales, ■ liiiJSfflfM ImmëdiateiDent au-desiou*, et dans un espace très-limité en largeur, le son devient déjà plus perceptible, sans être encore tout à fait clair.

Il s'éclaircit graduellement, et prend les caractères du son clair

lé absolue; — B, résoDnanee faible uu sub-niitllé; ; — D, sub-maliW spéciale de la région précordiaie.

PEUCUSSION. 7t

normal {son pulmonal de M. Piorry) à partir d'une ligne figurée approximativement par l'insertion du muscle intercostal commun. Il conserve ce caractère, sauf les particularités que nous indiquerons bientôt, dans toute la partte de la poitrine complaise entre cette ligne en haut, le bo7'd supérieur des muscles pectoraux en bas, le bord postérieur de V épaule en avant, et la 45® côte en arrière.

Toutefois, le son esttm peu moins clair, en avant et en haut^ au niveau des 7®, 8f et 9« côtes, à cause de la présence, en ce point, du muscle grand dorsal, assez épais, chez beaucoup de chevaux, pour amoindrir la résonnance normale due au poumon.

Cette résonnance s'amoindrit également d'une manière très-sensible en arrière, à partir de la J5'' côteQi fait place graduellement à une matité prononcée, que l'on trouve complète, chez la plupart des animaux, au niveau des 16% 17« et 18° côtes, et dans toute la hauteur de la poitrine.

En arrière du coude, et dans un espace compris entre la veine sous-cutanée thoracique (veine de l'éperon) et le bord supérieur de la portion postérieure du pectoral profond (Chau- VEAu) [sterno-trochinien (Girard), grand pectoral (Bourgelat)], dans un point répondant aux 5®, 6« et 7* côtes, on trouve très-généralement un son

plus obscur, dû à la présence du cœur en cet endroit. L'obscurité du son dans ce point varie d'ailleurs beaucoup d'un sujet à l'autre : — presque tout à fait clair .chez celui-ci ; — plus sourd, avec un léger caractère tympanique chez celui-là ; — presque tout à fait mat chez tel autre. — Gela dépend de ce que l'espèce d'échancrure que le poumon gauche présente en cet endroit est plus ou moins profonde, — parfois presque nulle, d'autres fois très-prononcée, — et que le cœur se trouve ainsi en contact plus ou moins direct avec les parois thoraciques, selon les individus. Il faut être prévenu de cette particularité, afin de ne pas prendre pour une matité pathologique celle qu'on peut rencontrer en ce point.

Enfin, le son devient tout à fait mat à la partie inférieure, qu'on peut appeler la région sternale, en raison de la forme particulière, en carène, de l'os sternum chez le cheval et des grosses masses musculaires qui s'y insèrent (muscles pectoraux).

2* Du côté droit. — D'une manière générale, la résonnance de la cavité pectorale est la même, à droite qu'à gauche; aussi, recommande-t^on, avec raison, de percuter alternativement à droite et à gauche, dans les points exactement correspondants, afin de mettre en évidence, par cet examen comparatif, une lé-

gère altération de sonorité qui, sans cela, pourrait passer inaperçue. Toutefois, il existe, sous

Fig. 13. — Représenlant cnventionnellement la résonnance de tapoih'ine du cheval (cûté droit) (').

ce rapport, quelques différences qu'on doit bien connaître, afin de ne pas faire une fausse application du précepte précédent.

a. — En arrière du conde, au niveau des 5°, 6' et 7° côtes (v.

lig. 13), il y a trÈs-géncralemenl

plus de résonnance à droite qu'à gauche, ce qui tient évidemment à ce que le cœur est, du côté droit, moins rapproché des côtes.

Toutefois, il est bon de savoir qu'en ce point, le son est presque toujours moins clair, moins franchement pulmonal, qu'au centre de la poitrine.

b. — Oanslarég^ion deFhypocliondre^ le SOn

mat se fait entendre sur une surface plus grande adroite qu'à gauche, jusqu'au niveau de la 14* côte, et même quelquefois de la 13% et cette matité devient d'autant plus évidente qu'on percute avec plus de force. En même temps, le doigt perçoit la sensation d'une élasticité moindre, d'une fermeté plus grande. Gela est dû à la présence du foie en ce point; d'où il résulte que le son peut être plus ou moins mat, la résistance au doigt plus ou moins grande, et la surface où ces signes sont perçus plus ou moins considérable, suivant les maladies dont l'organe de la sécrétion biliaire peut être le siège et les altérations de texture qu'elles impriment à son tissu. Gela est important à noter.

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