‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 15 sur 45 · C. — En haut et en arrière^ au Voisinage du · texte numérisé non relu

C. — En haut et en arrière^ au Voisinage du

flanc, et au niveau des 17® et 18® côtes, au lieu du son mat qu'on trouve normalement à gauche dans le point correspondant, on perçoit une résonnance plus ou moins manifestement tympanique^ jointe à une élasticité plus marquée

que partout ailleurs ; ce qui est dû , ainsi que Delafond l'avait déjà noté, à la présence de Tare du cœcum , plus ou moins distendu par des gaz.

Dans tous les points où existe le son clair, pulmonal, dans toute sa pureté, le doigt qui frappe perçoit en outre une sensation d'élasticité. Toutefois, il est bon de dire que cette élasticité, très-réelle, très-évidente pour celui qui a acquis une certaine habitude de la percussion chez le cheval, est cependant, en définitive, assezlimitée, et n'est pas comparable à celle que Ton constate si aisément chez d'autres animaux, chez le chien par exemple. Le nombre, le rapprochement, la solidité des arcs osseux qui forment les parois de la cage thoracique chez les solipèdes, expliquent bien cette résistance au doigt relativement grande. « Ce n'est qu'une raison de plus, dirons-nous avec M. PiORRY, pour expérimenter » et faire, par un exercice répété, l'éducation de ses sens.

n. - CHEZ LES RUMINANTS

L'épaule du bœuf, déjà plus mobile et moins charnue que celle du cheval, laisse à découvert une plus grande étendue de la poitrine, qui, en avant, est accessible à la percussion jusqu'à la 4« côte (v. fîg. 14).

La région spinale, occupée de chaque côté lar le muscle ilio-spinal, et où la matitê est en

Fig. 11. -

le clie: la

conséquence complète, offre à peu près la

même étendue que chez le cheval.

Da G&té gauche (fig. 14). — La région pré-

cor.'Jiale, qui répond à la partie inférieure des 3°, A" et S» côtes, est plus sonore que chez le cheval, bien que le son n'y soit pas encore tout à fait clair et franchement pulmonal. Cela tient

à la présence du

PEBCUSSION. "T

à ce que, dans cette espèce, une lame de poumon assez forte sépare constamment le cœu r de la paroi pectorale.

A la région sternaie, la matùé s'étend un peu moins haut chez le bœuf que chez le cheval, ce qui est dû, tout à la fois, à la forme aplatie de dessus en dessous du sternum et au moins grand volume des muscles pectoraux.

Dans Vhypochondrè gauche, on trouve de la matité au niveau des 11% 12^ et 13° côtes et de leurs cartilages de prolongement ; ce qui n'a rien d'étonnant, car, ainsi qu'on le sait, ces côtes, chez le bœuf, appartiennent à la cavité abdominale plutôt qu'à la poitrine ; et l'endroit qui leur correspond est occupé par le rumen, qui contient toujours beaucoup d'aliments. — En remontant le long des mêmes côtes, on arrive au voisinage du flanc. Au-dessous d'elles, se trouve encore le rumen ; mais, en ce point,, cet organe contient toujours des gaz en plus ou moins grande quantité. Aussi, la percussion donne-t-elle toujours en cet endroit une forte réronnance, avec ou sans caractère tympanique, suivant l'état plus ou moins griand de distension du viscère sous-jacent.

Vhypochondrè droit (fig. 15) est occupé parle foie, qui se prolonge fort avant vers la poitrine, jusque sous les 13% 12% 11% 10« et 9° côtes, et où la percussion le délimite par une ligne courbe

78 EXPLOltATlON DE Li POITRINE.

iiTégulière, comme on peut le voir par la figure 13.

Dans tous les autres points, le son est clair,

franchement pulmonal, mais avec une intensité un peu variable suivant les régions.

Enfin, dans l'espèce bovine, les parois pectorales sont déjà plus dépressibles et la sensation d'élasticité plus facilement appréciable au doigt que dans le cheval.

in. -ESPÈCE CANINE.

La poitrine du chien est remarquable par sa sonorité et son élasticité. De plus, comme l'é-

Fig. IG. — Risonnance normale de la poiti'ine chez le

paule est très-mobile, on peut facilement, en portant fortement les pattes en avant, découvrir le thorax et le percuter jusque dans le premier espace intercostal, du moins en bas, dans cette partie qui correspond

(■) — A, malilè; — G. aubmilUé ; — C, >oii

à la région sous-claviculaire chez l'homme.

Du eùtè gauche (fig. 16), on trouve, en bas et en arrière, sur une surface peu étendue, limitée, en avant par la neuvième côte, en bas par le cercle cartilagineux, en arrière par la dernière côte et son cartilage, en haut par une ligne droite horizontale, distante du cercle cartilagineux de 3 à 4 centimètres, selon la taille des sujets, un son notablement obscur, que Ton pourrait désigner par le nom de submatité.

Au-dessus de cette surface, on en rencontre une autre, plus étendue, qui s'avance jusqu'au huitième espace intercostal, et occupe, dans la région moyenne et postérieure de la poitrine, une hauteur de 65 à 75 millimètres environ, où le son offre très-manifestement le caractèrjB tympanique. Ce son tympanigue normal, qu'il faut bien se garder de prendre pour un bruit pathologique, dépend de la présence en ce point du sac gauche de l'estomac, contenant presque toujours des gaz, et en contact presque direct avec les parois costales.

Immédiatement au-dessus, et dans un espace très-limité en hauteur, répondant, en longueur, aux treizième, douzième, onzième, et dixième côtes, le son devient presque tout à fait mat ; matité que nous attribuons à la présence de la rate.

PERCUSSION. at

Dans tout le reste de son étendue, même au niveau du cœur, qu'il nous a toujours été impossible de limiter, en raison de son petit volume et de l'épaisse lame du poumon qui l'en-

Fig. n..

veloppe, la paroi thoracique gauche donne un son très-clair, très-pur, très-franchement pulmonal , en môme temps qu'une sensation d'élasticité très-prononcée.

Dn c^U: droit (ftg. 17), la présence du foie s'accuse par une matité complète, qui s'étend, en

hauteur, depuis la gouttière vertébrale jusqu'à une petite distance du cercle cartilagineux des côtes, et, d'arrière en avant, de la treizième à la onzième côte. A partir de ce point, le son est très-obscur jusqu'à l'espace intercostal qui sépare la dixième de la neuvième côte. Il s'éclaircit ensuite graduellement jusqu'au huitième espace intercostal, au delà duquel il devient tout à fait clair (v. la fig. 17).

Au-dessous de la limite inférieure du foie, au niveau des douzième et treizième côtes, et, aM delà de ce point, dans une étendue variable de la cavité abdominale, nous avons trouvé plusieurs fois un bruit très-manifestement hydro-aérique^ que nous avons attribué à la présence des intestins, contenant en plus ou moins grande quantité des liquides et des gaz. Nous ne sommes pas encore en mesure de dire si ce hruit est absolument constant ; en tout cas, il ne faut pas le prendre pour un bruit pathologique. Nous l'avons, en effet, entendu chez des chiens jouissant de la meilleure santé.

Partout ailleurs, le son est clair, pur, exactement comme nous l'avons dit pour le côté gauche.

Remarque générale. — Il est en outre à remarquer que, dans une même espèce animale, la poitrine n'est pas également sonore chez

tous les individus. Il y a, au contraire, sous ce rapport, de nombreuses et parfois de grandes différences d'un animal à l'autre, et il importe d'en être prévenu, afin de ne pas prendre pour un cas pathologique ce qui peut très-bien être tout à fait physiologique chez l'animal qu'on examine. Ces différences tiennent à Tâge, à l'embonpoint et aussi à quelques particularités d'organisation, à une véritable idiosyncrasie^ dont il n'est pas toujours facile de découvrir la cause.

Ainsi, la poitrine est, en général, plus sonore chez les sujets très-jeunes ou vieux que chez les adultes, ce qui paraît tenir, pour le premier cas, à l'activité plus grande de la respiration, pour le second, à l'espèce de raréfaction que le poumon subit avec l'âge, et à la proportion d'air plus grande relativement à la matière organique qu'il contient alors.

De même, chez les sujets maigres la poitrine résonne plus que chez ceux qui sont gras, ce qui est dû évidemment à ce que chez ces derniers les parois pectorales, doublées d'un épais pannicule graisseux, faisant en quelque sorte l'office de matelas, sont moins facilement ébranlées par le choc et transmettent moins bien les vibrations sonores de l'air contenu dans le poumon situé au-dessous d'elles.

Chez les sujets de race fine, dont la poitrine

est ample et loge à Taise un vaste poumon, dont les parois pectorales sont relativement minces, le son est également plus clair et plus pur que dans les conditions opposées, par exemple, que chez ces gros chevaux du Nord, aux formes lourdes et empâtées, aux parois pectorales épaisses et sans élasticité.

Toutefois, — et c'est un fait que nous avons souvent constaté, — on trouve parfois chez des animaux qui semblent être dans des conditions organiques et physiologiques identiques, des différences extrêmement remarquables, et qu'on ne sait comment expliquer. C'est pour ces cas, qui, nous le répétons, ne sont point rares, qu'on est bien obligé d'admettre une idiosyncrasie particulière. Du reste, il n'y a aucune autre conclusion pratique à tirer de ce fait, si ce n'est que, chez cesanimaux dont la poitrine est naturellement peu sonore, la percussion est plus difficile et ne rend pas, à beaucoup près, les mêmes services que chez ceux qui sont mieux partagés sous ce rapport.

RENSEIGNEMENTS FOURNIS PAR LA PERCUS- SION DANS LES MALADIES DE POITRINE

Les données qui précèdent nous mettent à même d'aborder maintenant l'étude pathologique de la percussion. Nous savons, en effet,

que le son fourni par un point quelconque est en rapport avec Tétat physique des organes sous-jacents ; il est donc naturel d'en conclure que toute modification survenue dans cet état physique doit se traduire par une modification correspondante du son, et réciproquement, que toute altération dans la sonorité normale, que nous connaissons, doit accuser une altération corrélative dans la structure ou le fonctionnement des organes par lesquels ce son altéré est produit. — Et, comme c'est le poumon qui remplit presque en entier la cavité pectorale, il est facile de comprendre que ce sont surtout des modifications plus ou moins considérables du son clair j du son pulmonal, que nous aurons à constater dans Tétat pathologique. — Ce son, en effet, peut être augmenté^ diminué, aboli ou remplacé par d* autres bruits sur une étendue plus ou moins grande de la surface où il se fait entendre à l'état physiologique (v. les fig. 12 à 17). — Examinons chacun de ces différents cas.

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