‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 24 sur 45 · RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

RESPIRATOIRE

Pendant le cours de certaines maladies, le murmure naturel de la respiration peut être exagéré, diminué ou aboh'; il peut offrir à l'oreille

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un caractère particulier de rudesse; il peut enfin être modifié de manière à ce que le bruit d'expiration^ que l'on n'entend pas ou qu'on entend à peine dans l'état normal, égale ou même surpasse en intensité et en durée le bruit d'inspiration.

EXàGÉRATION DU MURMURE RESPIRATOIRE.

Synontmib : respiration forte; — exagérée ; — juvénile; — supplémentaire; — hypervésiculuire.

On désigne ainsi un murmure respiratoire d'une force, d'une intensité plus grande que dans l'état physiologique.

Tantôt le bruit, bien qu'exagéré, conserve d'ailleurs son caractère doux et moelleux, tantôt il est, en outre, un peu rude. — Dans le premier cas, l'inspiration seule, ordinairement, est un peu plus bruyante, et c'est alors que la respiration mérite vraiment le nom de respiration juvénile ou hypervésiculaire ; dans le second, l'exagération porte à la fois sur les deux temps, ou même sur Yexpiration principalement, et la modification a alors une signification pathologique plus prononcée. — Tantôt l'intensité exagérée du bruit respiratoire est générale^ c'est-à-dire qu'elle occupe toute l'étendue des deux poumons ; tantôt, et plus souvent, elle est partielle^ limitée à un seul

poumon, ou même à une partie plus ou moins considérable d'un de ces organes, le murmure conservant son intensité normale ou pouvant être plus ou moins affaibli dans d'autres points. Dans ce dernier cas, la respiration est dite supplémentaire,

iSlgpiilflcatioii patholoi^lque. — Yi exagération générale du bruit respiratoire portant uniquement sur le premier temps^ avec conservation de la douceur, du moelleux habituel, en d'autres termes, la 7'espiration juvénile ou hypervésiculaire n'est pas un phénomène pathologique. On l'observe normalement, dans toutes les espèces, sur un certain nombre d'animaux chez lesquels elle paraît dépendre de l'organisation particulière du poumon. Elle se produit toujours apj^es V exercice, et, en général, après tous les actes qui ont eu pour conséquence d'imprimer mmnentanément à la respiration une activité plus grande.

La force exagérée et générale du bf*uit respiratoire portant à la fois sur les deux temps de la respiration, mais surtout sur le deuxième, peut être également la conséquence d'une accélération physiologique de la fonction, comme on le remarque, par exemple, à la suite d'une course rapide ; mais c'est souvent aussi un phénomène vraiment pathologique, comme cela a lieu surtout dans cet état morbide si commun pendant l'été chez les chevaux qui

font un service pénible à des allures rapides, et qu'on appelle le coup de chaleur, Vanhématosie. On remarque toutefois que, dans ce cas, ce n'est pas le bruit vésiculaire, mais bien le bruit bronchique^ le retentissement du bruit glottique (Beau), qui est exagéré.

S*il est quelquefois difficile de décider si la respiration forte, quand elle est générale, est, ou non, un phénomène pathologique, il n'en est pas de même de son augmentation partielle : il suffit de comparer entre elles les diverses régions du thorax, notamment les régions correspondantes à droite et à gauche, pour s'assurer s'il y a véritablement exagération du bruit physiologique dans un point donné.

L'intensité accrue du bruit respiratoire dans un point limité du thorax est toujours un phénomène pathologique. A la vérité ce phénomène n'a pas par lui-même une signification précise et nettement déterminée ; il signifie seulement que la partie du poumon où il est perçu fonctionne avec plus d'activité qu'à l'état normal ; mais il indique par cela même que quelque autre partie ne fonctionne plus ou fonctionne très-imparfaitement, et que la première supplée paiV un surcroît d'activité à l'inaction de la seconde. Il résulte de là que la respiration supplémentah^e ne sert au diagnostic que d'une manière indirecte ; elle n'indique ni le siège ni la nature de la maladie

dont Torgane pulmonaire peut être affecté.

Mais elle indique qu'il y a maladie; elle met sur la trace de celle-ci, que d'autres symptômes plus positifs permettront de caractériser. — C'est ainsi que le murmure respiratoire est très-manifestement exagéré, — dans lapleurésie au-dessus du niveau du liquide épanché : — dans la pneumonie, au-dessus des points hépatisés ou congestionnés ; — dans la phthisie tuber* culeuse, au voisinage des parties envahies par les tubercules, etc., etc. Ce phénomène, bien constaté, a donc une réelle importance ; il doit toujours éveiller l'attention du clinicien , et l'engager à explorer avec grand soin la cavité thoracique dans toute son étendue.

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