‹ Manuel pratique de l'exploration de la poitrine chez les animaux domestiques; percussionChapitre 25 sur 45 · DIMINUTION DU MURMURE RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

DIMINUTION DU MURMURE RESPIRATOIRE

STitoNYMiB: respiration faible.

L'intensité ou la force du murmure respiratoire peut être plus ou moins diminuée, au point que, dans certains cas, il faut ausculter avec une grande attention pour percevoir le bruit d'expansion du tissu pulmonaire. — La diminution peut, du reste, être tantôt générale y tantôt plus ou moins localisée; — tantôt /jerwanente et fixe, XdMiti passagère et mobile.

La faiblesse générale de la respiration n'est

pas toujours pathologique ; on peut la constater quelquefois chez certains sujets dont les poumons sont parfaitement sains. Elle tient alors, soit à répaisseur des parois thoraciques, soit à une disposition particulière des organes respiratoires dont il est difficile d'indiquer la nature. Elle est permanente et se lie à une sonorité normale ou un peu diminuée de la poitrine à la percussion.

Le murmure respiratoire est également affaibli dans toute l'étendue de la poitrine dans le cas d^ emphysème vésiculaire généralisé du poumon. Dans ce cas, il y a en même temps augmentation de la sonorité normale (v. Percussion, p. 86 et 102) et irrégularité plus ou moins marquée des mouvements respiratoires, doniV expiration surtout est généralement entrecoupée^ soubresautante (v. Pnéographie). Presque toujours on constate en même temps, par l'auscultation, quelques bruits anormaux, notamment des râles sibilants plus ou moins forts.

Bien plus souvent la diminution du murmure respiratoire est partielle, limitée à un espace circonscrit d'un seul ou des deux poumons.

C'est surtout dans les parties inférieures de la poitrine que l'on constate cette modification ; mais on peut la rencontrer aussi dans d'autres régions. Elle s'accompagne presque toujours

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d'une diminution de la sonorité dans les points correspondants, et, par contre, d'une exagération du bruit vésiculaire dans les autres parties du thorax.

Sif^niflcation patholog^ique. — Toutes les circonstances qui mettent obstacle à la libre pénétration de Vair dans les alvéoles pulmonaires entraînent comme conséquence une diminution proportionnelle du murmure respiratoire. C'est ainsi que, dans l'emphygèmefles cellules aériennes, dilatées outre mesure et destituées par ce fait de leur élasticité naturelle, ne peuvent plus suivre qu'imparfaitement les mouvements d'ampliation du thorax, n'admettent plus qu'une faible quantité d'air dans leur intérieur à chaque inspiration, et ne font plus entendre qu'un murmure respiratoire affaibli ; — c'est ainsi que, par une cause contraire, dans la congeuion du poumon, les vésicules, comprimées par la turgescence des vaisseaux capillaires qui les enserrent, ne peuvent plus se dilater que d'une manière incomplète, et le même effet est produit. — De même, dans la phthisle pulmonaire, des granulations tuberculeuses développées en grand nombre dans un point circonscrit peuvent comprimer et mettre hors de service beaucoup de vésicules, et rendre en ce point le bruit vésiculaire moins fort. De même

encore, dans la pleurésie au début, ce bruit sera moins nettement perçu, d'abord à cause du peu d'ampleur de Tinspiration, rendue douloureuse par rinflammation pleurale, ensuite à cause de l'épanchement qui se produit bientôt et éloigne le poumon de la paroi thoracique. De même enfin, dans certains cas de brouchUe, la présence dans une grosse bronche de mucosités abondantes peut rendre momentanément difficile l'accès de l'air dans les parties du poumon où cette bronche se distribue et y obscurcir plus ou moins le bruit respiratoire; etc., etc.

Diag^nostic raisonné. — C'est par l'arïalyse exacte du phénomène, de ses caractères, de son siège, de son étendue, de sa constance ou de sa mobilité, ainsi que par la considération des circonstances accessoires et des symptômes concomitants, qu'on arrivera à donner à celui que nous étudions sa valeur et sa signification véritables. — Il ne faut pas oublier, en eCTet, que le phénomène acoustique n'est qu'un des éléments du problème, à la solution duquel toutes les méthodes d'investigation doivent concourir (Barth et Roger).

Ainsi , par exemple , la faiblesse du bruit respiratoire s'observe- 1- elle chez un cheval dont la santé générale paraît bonne? coïncide- 1- elle avec une sonorité exagérée des

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points correspondants du thorax? Il y a emphysème pulmonaire, — La constate-t-on, chez un animal de Tespèce bovine, dans les parties antérieures des deux poumons? coïncide-t-elle avec un affaiblissement marqué de la sonorité, avec une expiration rude et prolongée ? Il y a phthisie pulmonaire probable, — La diminution du bruit vésiculaire se montret-elle comme symptôme d'une maladie aiguë, avec fièvre prononcée? Occupe-t-elle la partie inférieure et antérieure de la poitrine, avec matité ou submatité évidente en ce point, et respiration supplémentaire dans les régions supérieures ? Il y a pneumonie ou pleurésie commençantes, qu'il faudra différencier par d'autres signes. — Que si l'affaiblissement du bruit respiratoire survient brusquement pendant le cours d'une maladie aiguë ou subaiguë, avec conservation de la résonnance normale ; si en outre cet affaiblissement est passager, et si le bruit vésiculaire se montre de nouveau avec sa force normale après une quinte de toux, on en conclura qu'on a affaire à un catarrhe bronchique , l'oblitération partielle et momentanée d'un rameau bronchique donnant lieu au symptôme observé.

Du reste, les maladies que nous venons de passer en revue ont encore bien d'autres symptômes stéthoscopiques, plessimétriques,

pnéographiques et rationnels ; et nous répéterons que c'est par Tétude et la comparaison de tous ces symptômes, et non d'après un seul, quelle que puisse être d'ailleurs son importance, que le diagnostic différentiel doit être établi.

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