‹ Manuel pratique de médecine légaleChapitre 2 sur 127 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

La médecine légale a profité du mouvement de progrès qui depuis le commencement de ce siècle a été imprimé à toutes les sciences dont elle fait application. Des questions d'une haute importance ont été étudiées avec grand soin , et leur solution pratique en est devenue moins difficile : aussi les médecins sont-ils consultés aujourd'hui par la justice beaucoup plus souvent qu'ils ne l'étaient il y a vingt ans.

Tous les médecins possèdent-ils les connaissances médicolégales pratiques nécessaires pour assister les magistrats dans les investigations judiciaires ? L'expérience de chaque jour démontre malheureusement qu'il n'en est pas ainsi , et que des études spéciales , théoriques et pratiques sont indispensables aux médecins-experts.

J'ai déjà cherché (1) les causes de ce grave inconvénient, et je crois avoir démontré qu'elles prennent leur source première dans l'insuffisance des études pratiques en médecine légale , et dans l'absence complète d'une organisation des médecins rapporteurs. J'appelle de tous mes vœux une réforme si facile à établir, et dont nos voisins d'outre-Rhin nous ont déjà depuis longtemps donné l'exemple par l'institution des physicats ou emplois médicaux publics. M. le docteur H. Roger (2) , dans son intéressant Rapport au ministre de l'instruction publique , sur l'organisation de la médecine en Allemagne , nous a fait connaître les conditions exigées du médecin physicus et les avantages de cette position.

Les traités de médecine légale qui ont été publiés successivement sont autant de monuments de la science dont ils ont constaté les progrès. Si on compare entre eux ces ouvrages , on reconnaît que le plus récent se compose de tous les travaux antérieurs , auxquels l'auteur a ajouté les recherches qui lui sont propres.

Le Traité de médecine légale de M. Devergie a été réimprimé en 18ZiO ; et comme on doit supposer qu'il est le plus complet, j'en dirai quelques mots.

Ce recueil , laborieusement fait , présente les avantages de

(1) De la nécessité des études pratiques en médecine légale, in-8. J.-B. Baillière. 1840.

(2) Annal.d'Hyg.,t. XXVIII; p. 451. 1832.

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