ASPHYXIE PAU SUSPENSION
et pendu après sa mort, pourrait présenter les mêmes caractères.
La présence d'ecchymoses dans l'épaisseur de la peau ou du tissu cellulaire des bords du sillon jointe à ces signes augmente beaucoup les présomptions de suspension pendant la vie.
L'existence d'ecchymoses au cou avec ou sans fracture de l'os hyoïde et d'un ou de plusieurs cartilages du larynx, les caractères de l'asphyxie ou de l'apoplexie , l'absence de blessures à la surface du corps , donnent de la probabilité à la suspension pendant la vie , et il n'est pas impossible qu'elle résulte d'un suicide ; mais on pourrait observer les mômes lésions chez un individu étouffé , meurtri à la région du cou , puis pendu. Les mêmes conclusions s'appliquent au cas où l'on constaterait , en outre , la déchirure de quelques uns des ligaments qui unissent les vertèbres. Cette dernière lésion n'a été constatée qu'une seule fois dans un cas de suicide par M. Ànsiaux.
La fracture des vertèbres cervicales et la déchirure de quelques uns de leurs ligaments, constatées en même temps que les caractères sus-énoncés (1) , feraient penser que la pendaison n'a eu lieu qu'après la mort , ou que, si elle a été faite pendant la vie , elle n'est pas le résultat du suicide.
La luxation de la première vertèbre sur la seconde nécessite de tels efforts pour être produite (lorsque ces os sont sains ) , qu'elle ne peut être que consécutive à la mort» On peut donc affirmer qu'il y a eu homicide.
La suspension est-elle l'effet du suicide ou de l'homicide ?
Si l'état cadavérique et l'examen isolé de chacun des signes qu'il présente ne sont pas suffisants dans certains cas pour reconnaître que la suspension a eu lieu pendant
(1) Ànsiaux.
la vie , nous avons vu que la réunion de plusieurs de ces caractères autorise souvent à conclure pour l'affirmative.
Pour la solution de la question actuelle , on doit s'aider de toutes les considérations matérielles et morales que l'on peut rassembler. On notera l'existence de blessures sur une partie quelconque du corps , qu'elles aient été ou non capables d'occasionner la mort , la longueur et la direction du lien , sa situation autour du cou , le nombre de tours qu'il forme , le nombre et la direction des sillons. L'individu pouvait-il se suspendre au lieu où il a été trouvé? La mort est-elle due à une autre cause que celle de l'asphyxie par suspension? Le désordre des vêtements , des meubles , du lit et de tous les objets qui entourent le cadavre ; l'état des portes et fenêtres restées ouvertes ou fermées en dedans ou en dehors ; la mélancolie ou la démence , les chagrins domestiques... , en un mot, toutes les circonstances matérielles et morales servent à déterminer si la mort est plutôt le résultat d'un suicide que d'un homicide.